Amadou "Koroba" Bokoum rejoint mon frère et ma sœur de lait, El Hajj Tibou, son père, et Hajja Fatoumata, inhumés le même joure en 2012, à Dinguiraye sous une pluie battante hors-saison, « signe de grande Miséricorde », avait commenté le Khalife d'alors, Feu El Hajj Mountaga Tall (RA).

Kullu shay’in fa’nin, illa wajhihi, Toute chose s’efface, sauf Sa face

Ceux qui son morts ne sont pas morts

Voilà, je pleure aussi, des larmes de miséricorde.

Paix pour nous tous

Shalom Was-Salam.

Saidou Nour BOKOUM

www.nrgui.com

Actualités de Guinée Conakry. Nouvelle République de Guinée, www.nrgui.com Enterrement des victimes du 14 octobre: le Gouvernement guinéen annonce que les dépouilles ne sont pas disponibles

C'est le département de la santé et de l’hygiène publique qui a annoncé cette incroyable décision des autorités guinéennes.

Poursuivant, le ministère de la santé annonce que les autopsies sont en cours pour la manifestation de la vérité dans le meurtre de plus de 12 jeunes.

Voici l'annonce

Le Ministère de la Santé et de l’Hygiène Publique porte à la connaissance des familles et des proches des victimes des événements des 14 octobre 2019 et suivants, ainsi que de l’opinion publique nationale, que les autopsies recommandées à cet effet et engagées depuis, sont en cours et qu’eu égard à leur complexité, celles-ci ne sont pas encore arrivées à leur terme.

Le Ministère précise qu’en raison de la poursuite de ce processus, les dépouilles mortelles des victimes ne sont pas disponibles en vue de la mise en œuvre de la suite à donner aux pratiques en usage en pareilles circonstances.

Respectueux de la personne humaine et déterminé à élucider les causes exactes de leur décès, le Ministère informe que les rapports des autopsies réalisées contribueront à la manifestation de la vérité sur les causes réelles et les circonstances véritables de la survenance des décès et d’aider ainsi à l’identification des différentes responsabilités impliquées dans ces événements.

Le Ministère de la Santé et de l’Hygiène Publique rassure les familles des victimes que toutes les dispositions sont prises en vue d’assurer à ce processus, la meilleure diligence possible.

Le Ministère invite les familles des victimes à rester à l’écoute et les rassure, qu’elles seront immédiatement informées dès que les autopsies seront terminées et les rapports dûment rédigés à cet effet.

Le Ministère de la Santé et de l’Hygiène renouvelle aux familles et aux proches des victimes, ses condoléances émues.

www.guinee 360

Relu par SNB pour www.nrgui.com

 "Le Nègre ignore que ses ancêtres, qui se sont adaptés aux conditions matérielles de la vallée du Nil, sont les plus anciens guides de l'humanité dans la voie de la civilisation" Cheikh Anta Diop

Jusqu’au 8e siècle au moins, le Maghreb était aussi noir que l’Afrique subsaharienne. Des hommes parmi cette population autochtone ont fait briller la région, le Maroc en particulier. Cette page occultée de l’histoire noire est un élément majeur à verser au patrimoine historique

africain.

Rappels

Afin de comprendre ce qui sera dit ici, il est absolument indispensable de se documenter sur l’apparition des peuples blancs sur Terre et

sur les étapes du peuplement de l’Afrique du nord. Pour synthétiser, les Noirs ont vécu de tout temps au Maghreb et représentaient

l’essentiel de la population au temps des dominations romaine et arabe. Ce sont ces Noirs qui ont été au début désignés par le terme

Berbère.

C’est véritablement la traite des Blancs d’Europe par les arabo-musulmans et la présence turque qui auraient changé le visage du Maghreb

au point que nous connaissons aujourd’hui. Cela a été expliqué en détail ici. D’après la BBC, dans une traite qui a duré près de 12

siècles, 1 250 000 blancs européens auraient été mis en esclavage au Maghreb et en Lybie entre 1530 et 1780 seulement [1].

La dynastie noire et arabe des Idrissides (789 – vers l’an 1000)

C’est dans le cadre de l’invasion musulmane de l’Afrique que les Arabes entrèrent sur le continent noir en 639 et soumirent le Maghreb

quelques décennies plus tard. C’est un arabe, du nom d’Idriss, qui fonda la première dynastie marocaine, celle des Idrissides. Il mourut en

laissant son épouse berbère – donc noire – enceinte. Celle-ci mit au monde Idriss II, qui étendit le pouvoir de son père sur la région. Le fils de ce dernier, le roi Mohammed aurait également été de mère africaine. La dynastie idrisside, d’essence africaine et arabe donc, s’est distinguée par une œuvre architecturale dans la ville de Fès et l’expansion de l’Islam. Elle déclina jusqu’à disparaître vers l’an mille. C’est véritablement la dynastie suivante des Almoravides, qui fit briller le Maroc.

La dynastie noire des Almoravides (1060-1147)

Les Berbères, encore appelés Maures ou Sarrasins, tels que les Européens les ont vus en Espagne et au Portugal A gauche: Illustration, auteur inconnu
En haut à droite : court royale maure en Espagne au 13e siècle (Source : Jean Philippe Omotunde pour Africamaat)
En bas, à droite : Dignitaires maures jouant aux échecs en Espagne (Source : The Golden Age of The Moor, édité par Ivan Van Sertima, page 29)

Le roi chrétien d’Espagne Pierre d’Aragon, recevant les têtes décapitées de 4 princes maures de la dynastie des Almoravides au 11e siècle. On peut voir que les têtes sont excessivement noires. Ce sont ces 4 têtes qui figurent encore aujourd’hui sur le drapeau de la Sardaigne.

Dans le sahara occidental, le roi Yahya Ibn Ibrahim essayant d’islamiser ses sujets, ramena un leader religieux du nom d’Ibn Yacine qui

échoua à les convertir. Yacine fut chassé par le peuple, et s’enfui vers le fleuve Sénégal où il rencontra plus de succès. Ayant finalement

assez d’adeptes, il mena un djihad dans la région et baptisa ses suivants Almoravide, c’est-à-dire les combattants de la foi. Abu Bakar, autre leader des Almoravides, constitua par la guerre un empire allant du Maroc au fleuve Sénégal.

Abu Bakar (illustration datant de 1413, Mecia Viladestes)

Source: histoiredumaghreb.com

Il nomma son cousin Yusuf Ibn Tachfin régent du nord-ouest. Celui-ci conquit l’ancienne capitale Fès et une partie de l’Algérie. Après avoir

mené un djihad qui ébranla sérieusement le puissant empire vitaliste (animiste) de Ghana en 1075, Abu Bakar retourna au Maroc. Là, il ne

putque s’incliner devant le pouvoir affirmé de son cousin Yusuf Ibn Tachfin, qui fonda la ville de Marrakech.

documents de l’époque comme un homme à la peau marron et aux cheveux crépus [2].

L’empire almoravide 

Ce dernier répondit à l’appel au secours des Noirs et des Arabes menacés par les chrétiens d’Europe. Le régent du nord-ouest africain

conquit l’Espagne. Il se tailla ainsi un empire gigantesque qui regroupait l’Espagne, le Portugal, le Maroc, l’Algérie, le Sahara occidental, la

Mauritanie, avec Marrakech comme capital. Cet homme noir est de ce point de vue, un des plus grands conquérants de l’histoire.

L’historiographie marocaine considère que c’est avec la dynastie almoravide que commence véritablement l’époque impériale du Maroc, voir la naissance du Maroc tout court. Ce sont donc deux hommes noirs, Abu Bakar et surtout Yusuf Ibn Tachfin, qui ont fondé le Maroc impérial. La dynastie almoravide se distingua par une œuvre architecturale monumentale au Maroc. Elle fut balayée par la 3e dynastie des Almohades.

Les joyaux architecturaux des rois almoravides au Maroc et en Algérie

La dynastie noire des Almohades (1147-1269)

L’histoire de cette dynastie commença avec un berbère Masmuda, du nom de Ibn Tumart, éduqué en Espagne sous domination africaine.

L’historien britannique Bernard Lewis rapporte les mots du commentateur arabe Abu Shama, qui décrivait les Masmuda comme des noirs [3].

Ibn Tumart finit par contredire la doctrine musulmane et créa le mouvement des Almohades, c’est-à-dire les unificateurs, qui rejetaient les

personnages de l’Islam autres qu’Allah. Il alla jusqu’à défier lors de débats publics le roi Ali Ibn Yusuf à Marrakech, agressant la sœur de

celui-ci parce que non voilée. Considéré comme radical, il fut banni de la ville.

Il se réfugia au sein de son peuple et vécu dans une grotte, n’en sortant que pour prêcher l’unicité de Dieu telle qu’il la concevait. Ayant

suffisamment d’adeptes, il mena une guerre contre les Almoravides. A sa mort, c’est son lieutenant Abd-al Mu’min qui mit finalement un terme à la dynastie de Tachfin. Le nouveau roi – berbère d’Algérie – conquit le nord de l’Algérie, de la Lybie, jusqu’aux frontières de l’Egypte. Son petit fils Yakub Al Mansur conquit l’Espagne, assouplit le rigorisme religieux de ses prédécesseurs et retrouva la grandeur intellectuelle et architecturale des Almoravides.

L’empire Almohad (Source : Wikipedia)

Un des fils d’Abd-al Mu’min est décrit par un poète arabe qui l’a vu comme un homme à « peau noire » [4]. La mère d’Al Mansur est décrite comme une négresse [2] et Yakub Al Mansur lui-même était décrit comme un homme à peau marron [2]. Ce sont donc, exclusivement des Noirs qui sont à l’origine de la dynastie almohade.

Joyaux architecturaux des rois almohades

Les fondateurs noirs de la dynastie Alaouite (1664 à nos jours)

Avant la dynastie Alaouite qui dirige actuellement le Maroc, ont régné les Mérinides et les Saadiens qui étaient également des dynasties

berbères. Ces dynasties ont apporté beaucoup sur le plan intellectuel et architectural au Maroc. Elles ont en outre apparemment vécu le

blanchiment du Maroc, car la distinction Noir-Blanc était déjà présente à la naissance de la dynastie Alaouite.

Portrait authentique de Moulay Rachid, fondateur de la dynastie Alaouite qui règne sur le Maroc jusqu’à nos jours.

Source: Collection royale britannique royalcollection.org.uk

Concernant la dynastie Alaouite donc, elle fut fondée par Moulay Rachid, homme venu d’une tribu arabisée du Maroc. On a une image

authentique de lui qui montre un homme parfaitement négroïde. C’est donc un noir qui a fondé l’actuelle dynastie royale marocaine à laquelle appartient le roi Mohammed VI. Le demi-frère de Moulay Rachid, né d’une esclave noire, fut Moulay Ismail. Ce dernier est considéré comme un des plus grands, sinon le plus grand roi de l’histoire du Maroc. Il est l’ancêtre direct de l’actuel roi du Maroc. Avec 55 années, le règne de Moulay Ismail fut le plus long de l’histoire.

Il fut un guerrier redoutable et un conquérant, soutenu par ses 150 000 esclaves noirs – dit Abid al-Bukhari – qu’il acheta ou fit kidnapper, et qu’il rendit puissants. Il avait toute confiance en eux. Il fut aussi un bâtisseur, grâce à ses 25 000 esclaves européens. On parle même de solidarité raciale entre le roi et ses guerriers noirs, ce qui laisse encore à penser que le Maroc avait déjà beaucoup blanchi à cette époque.

Le roi était en outre sous la grande influence de sa première épouse, Laila Richa, surnommée l’impératrice du Maroc, qu’un religieux français de l’époque décrit comme « noire, laide » et cruelle, autoritaire, méchante[5]. Après la mort du roi, ses fils vont se disputer le trône au milieu de guerres de succession, le tout arbitré par les esclaves noirs qui furent finalement écrasés. Dès la fin du 18e siècle, ce sont des métis et avec l’afflux de blancs esclaves, des Blancs, qui vont régner sur le pays jusqu’à nos jours.

Mausolée de Moulay Isamel à Meknes, bâti de son vivant

Que faut-il retenir de tout ceci ?

Portrait authentique du général Bassa, qui a beaucoup fait pour les victoires de Moulay Ismael

Source : The Golden Age of The Moor, édité par Ivan Van Sertima, page 369

On voit donc que ce sont les Noirs qui ont inauguré l’ère impériale marocaine, qui ont fondé au moins 3 des 6 dynasties royales marocaines qui ont porté le Maroc à son apogée politique à travers les dynasties almoravide et almohade ; ils ont en outre été sans doute présents dans les 3 autres dynasties. Cheikh Anta Diop faisait du Sahara une ligne de démarcation entre l’Afrique dite « noire » et le Maghreb supposément

blanc.

On sait aujourd’hui qu’il faut faire sauter cette barrière. Il y avait donc une continuité raciale des deux côtés du Sahara, mais une discontinuité culturelle entre les subsahariens restés – en grande partie – authentiquement africains sur le plan culturel, et les premiers Berbères qui eux étaient fortement arabisés.

Tout n’est pas propre chez ces ancêtres glorieux, qui ont activement collaboré à la traite négrière arabo-musulmane et ont mis avec les

Arabes, des Blancs en esclavage pour la production de richesses. Attitudes incompatibles avec la culture noire, en tout point

condamnables et qui sont dues à une contamination arabe.

Tout ceci montre l’apport prédominant des Noirs dans les civilisations d’Afrique du Nord. Nous sommes donc à l’origine des civilisations

vitalistes (animistes) de l’Egypte antique et de Carthage, qui furent exclusivement noires. La civilisation maure en Espagne et le Maroc

impérial – bien qu’ayant bénéficié d’apports arabes – sont aussi des civilisations noires. C’est la stricte vérité.

Illustration falsifiée de Moulay Ismael. Comment un homme dont le frère du côté paternel et la mère étaient tous deux noirs peut-il ressembler à cela? Il fut décrit par un prêtre français comme un homme « presque noir avec une tâche blanche sur le visage » [6]

Quoiqu’il en soit, puisque les Blancs du Maghreb ne veulent pas de leurs ancêtres noirs, les Noirs d’Afrique eux, doivent les accepter comme faisant partie de leur patrimoine.

PS : Depuis la rédaction de cet article, nous avons pu mettre à jour le caractère noir de la dynastie Saadienne (1554-1660) qui prit le pouvoir en contexte d’occupation du Maroc par l’Espagne et le Portugal. Le fondateur fut Mohamed as Cheikh. Son fils et quatrième roi Abd Al Malik fut décrit par le portugais Luis de Oxeda comme un homme « avec un nez plat et court... les lèvres épaisses... de couleur gris (qui est en fait une variante de la couleur noire foncée) » [7].

Un autre des fils du fondateur fut le père du roi Moulay Mohammed. Ce dernier fut décrit par les portugais qui l’ont vu comme “un Maure

barbare”, “un Maure maudit”, “un Maure infidèle”, “noir dans son apparence et sanguinaire dans ses actes” [8]. Comme nous l’avons expliqué,

le terme « Maure » en ces temps signifiait Noir.

Le fils de Moulay Mohamed est né d’une mère Peule comme l’a rapporté le chroniqueur malien Abderahmane Sa’adi [9]. Du nom d’Ahmad Al- Mansur, il fut décrit comme noir par le portugais Fray Luis Nieto [10] et est considéré comme le père du Maroc moderne pour avoir expulse les Européens de son territoire. C’est lui qui détruisit l’empire Songhaï en 1591, mettant fin à 1200 ans d’histoire glorieuse des empires de la boucle du Niger. Il eu avec son épouse noire Lalla Djuhar [11] deux fils Zidan Abu Maali et Mulay Abdullah Abu Faris, tout deux rois noirs

donc.

Les fils de Zidan, au moins métis, vont se succéder sur le trône avant le dernier roi Ahmad el Abbas dont nous ne disposons pas

d’informations. La dynastie saadienne fut donc presque entièrement noire.

La Medersa Ben Youssef, nommée en honneur du roi noir Yusuf Ibn Tachfin. Elle a été bâtie par le roi Abdallah, dont le frère Abd Al Malik et le fils Moulay Mohamed, furent tous deux décrits comme noirs.

Hotep !

Par : Lisapo ya Kama © (Tous droits réservés. Toute reproduction de cet article est interdite sans l’autorisation de Lisapo ya Kama)

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Notes :

The Golden Age of the Moor, édité par Ivan Van Sertima

Histoiredumaghreb.com

Wikipedia.com

Black Morocco : a history of slavery, race and islam, Chouki El Hamel

www.lisapoyakama.org/les-rois-noirs-du-maroc/?fbclid=IwAR3i6Ox9rggL4HypLplo0tFER-_te-kEg5BSVglJFXdEWGKIvelHHAh4PqU 8/9

08/10/2019 Les Rois noirs du Maroc

Heredote.net

Histoire de l’Afrique noire, Joseph Ki-Zerbo, pages 113 à 116

Noir et Fier

[1] BBC

[2]The Golden Age of the Moor (l’Age d’or du Maure), édité par Ivan Van Sertima, page 374

[3] Idem, page 57

[4] Idem, page 55

[5] Voyage de Constantinople pour le rachapt des captifs, Guillaume Jehannot, page 70, 71

[6] The Golden Age of the Moor (l’Age d’or du Maure), édité par Ivan Van Sertima, page 371

[7] La bataille de l’Oued el-Makhâzen, Pierre Berthier, page 55

[8] Document of Universidade Nova de Lisboa, page 31

[9] Timbuktu and the Songhay Empire, John Hunwick, page 258

[10] Ahmad al-Mansur, Islamic visionnary; Richard Lee Smith, page 19

[11] Program of African studies, Northwestern University, page 9

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Je suis allongé sur le lit. Mes enfants, frères et sœurs sont tous assis à mon chevet. Certains amis proches sont aussi debout et surplombant mon visage. Soudain, je commence à respirer fortement . Quelqu'un parmi les gens assis dans la pièce récite du Coran .Tout le monde autour répète avec lui . Mon souffle commence à diminuer. J'ouvre les yeux et regarde quelque chose. L'ange de la mort est arrivé. Je me prépare pour le voyage éternel. Ma bouche s'est ouverte. Mon frère laisse tomber de l'eau dans ma bouche, c'est peut-être l'eau "Zam Zam" que j'avais conservée pour le moment même.
Alors tout le monde commence à réciter, "Laa'ilaaha illallaaha Muhammadur Rasoolullaah". J'ai perdu ma vision. J'ai perdu ma langue, j'ai même perdu ma sensation mais je peux encore entendre. Je peux entendre mes proches pleurer de douleur. Je ne suis pas encore mort mais je suis presque sans vie. L'ange de la mort fait l'acte final et prend mon âme avec un geste intensif. J'ai maintenant quitté ce monde.
Toutes mes richesses, voitures, propriétés, soldes bancaires, contacts et connexions ne servent plus à rien. Mon identité est ma tombe et je suis appelé «cadavre». Mes proches préparent ma tombe et certains d'entre eux pensent qu'il est peu propice de garder le cadavre à l'intérieur de la maison trop longtemps. La maison que j'ai moi-même construite et habitée se rétrécit dans l'espace pour moi. Mon bain est en train d'être préparé. Je suis sorti de l'enceinte pour le dernier bain. Ma salle de bain équipée de raccords de bain coûteux n'est pas pour moi maintenant.
Je suis enveloppé dans le linceul de coton blanc. Je suis enfermé dans une boîte en bois pour voyager jusqu'à ma tombe. Ma voiture chère n'est pas pour moi maintenant.
Pour quoi alors ai-je amassé tant de choses sans valeur? Pourquoi ai-je menti pour gagner la richesse inutile? Cela ne me sert à rien. Malheur à moi car j'ai gaspillé ma vie en vain. J'ai oublié que mon dernier voyage est proche et certain. Pourquoi ai-je tant péché? Oh! J'ai perdu mon jeu.
Maintenant arrête d'imaginer Cela va arriver un jour avec toi et moi. Alors soyez prêt. Les bonnes actions rendront votre voyage et la vie de l'Hereafteru agréables. Rappelle-toi la mort Il est certain. C'est si proche. Ce monde est juste un rêve court ..... Réveillez-vous avant qu’il soit TROP TARD!
Un beau hadith
Rasulullah (صل الله عليه وسلم) a dit:
«Quand un homme meurt et que ses proches sont occupés à des funérailles, un homme extrêmement beau se tient à côté de lui. Quand le cadavre est enveloppé, cet homme entre le linceul et la poitrine du défunt. Quand après l'enterrement, les gens reviennent à la maison, 2 anges, Munkar et Nakeer (noms de deux anges spéciaux), viennent dans la tombe et essayent de séparer ce bel homme afin qu'ils puissent être en mesure d'interroger le mort en privé sur sa Foi. Mais le bel homme dit: «Il est mon compagnon, il est mon ami. Je ne le laisserai pas tranquille de toute façon. Si vous êtes nommé pour un interrogatoire, faites votre travail ... Je ne peux pas le quitter tant que je ne l'aurai pas admis au Paradis. Par la suite, il se tourne vers son compagnon mort et dit: «Je suis le Coran, que vous avez l'habitude de lire, parfois à voix haute et parfois à voix basse. Ne t'inquiète pas. Après l'interrogatoire de Munkar et de Naker, tu n'auras pas de chagrin ... »Quand l'interrogatoire est terminé, le bel homme arrange pour lui des al-Mala'ul A'laa (les anges dans le ciel) literie en soie remplie de musc.
Rasulullah (صل الله عليه وسلم) a dit: "Au Jour du Jugement, devant Allah, aucun autre Intercesseur n'aura un plus grand statut que le Coran, ni un Prophète ni un ange". S'il vous plaît continuez à transmettre ce 'Hadith' à tous .... parce que Rasulullah (صل الله عليه وسلم)
dit: "Passe la connaissance même si ce n'est qu'un seul verset". Qu'Allah accorde cette faveur à chacun d'entre nous.
امين يارب العالمين

Avertissement : ci-dessous la réponse de Thierno Bashir, Khalife de Louga, au message ECRIT de Nugènar, Yirla et Toro, struture socio-spirituelle mise en place par El Oumar Al Futiyu, représentatant  l'ensemble de la communauté de la ville sainte. Je dois préciser et cela est capital, que la lettre adressée au Khalife de Louga, date du 8 juin 2019, et qu'avec les progrès des Nouvelles Technologies de L'information, il était censé se faire lire ce messae à la seconde près par Cheick Oumar Bah, son neveu et "Chef de cabinet". Ayant été bénévolement le scribe de Nugènar, Yrla et Toro, informé de la rumeur qu'il existerait une autre version de la position de Lamine Bashir, qui serait rapportée par le même Cheick Oumar Bah, je demande respectueusement à ce dernier,, de prendre ses responsailités, un mois et demi après et de répondre par ECRIT, sinon d'envoyer une délégation à Dinguryaye, pour que les honrables représentants de Ngènar, Yrla et Toro, sans oublier l'ensemble de la communauté tidjnane, de Dinguiraye soit enfin fixés. Ceci n'engage que moi, mais c'est aussi un témoignae scripturaire.

Was-Salam.

El Hajj Saïdou Nour Bokoum 

Actualités de Guinée Conakry. Nouvelle Rpublique de Guinée, www.nrui.comUne mosquée dans le Connecticut, aux États-Unis, a été incendiée dimanche 12 mai, en plein ramadan. Les enquêteurs privilégient une piste criminelle informe The New York Times. Les événements se sont déroulés en plein ramadan. Le bâtiment étant quasi-vide, l’incendie n’a pas fait de victimes. Selon le chef des pompiers, John Alston, des preuves privilégiant la piste criminelle ont été découvertes le lendemain sur les lieux. Des agents fédéraux, de concert avec la police locale, ont ouvert une enquête.

Cet incendie a choqué la communauté musulmane de New Haven. Le président de la mosquée, Haydar Elevli, a affirmé que des églises situées à proximité avaient proposé aux fidèles de les accueillir. Selon les informations relayées par Medya Turk, quiconque fournira des informations en lien avec l’affaire sera récompensé par 2.500 dollars (2.200 euros). Dans le même temps, une somme de 10.000 dollars (8.000 euros) sera destinée à la personne en possession d’informations capables de mener à une arrestation.

Actualités de Guinée Conakry. Nouvelle République de Guinée, www.nrgui.com Selon des médias palestiniens et l’agence officielle de l’Autorité palestinienne « Wafa », l’incendie a ravagé la salle de prière Al Marwani. Les photos montrant les fumées ont été massivement partagées sur les réseaux sociaux.
Selon la même source citant un garde de la mosquée, l’incendie s’est déclaré dans la chambre extérieure des gardes, située à proximité de la salle de prière Al Marwani. Les pompiers du Waqf islamique ont intervenu au bon moment et ont su maîtriser le feu avant qu’il ne se propage.
Le feu qui s’est déclenché à la mosquée Al-Aqsa, troisième site le plus sacré de l’islam et au cœur du conflit arabo-israélien, a été largement éclipsée médiatiquement par celui de la cathédrale de Notre-Dame de Paris, sachant que les deux incendies se sont déclarés quasi simultanément.
Une coïncidence étrange!

Actualités de Guinée Conakry. Nouvelle République de Guinée, www.nrgui.com CC BY-SA 4.0 / Andrew Shiva / Al-Aqsa Mosque on the Temple Mount (Hebrew: הַר הַבַּיִת‎, Arabic: الحرم القدسي الشريف‎), in the Old City of Jerusalem
13:47 16.04.2019(mis à jour 15:50 16.04.2019)
Alors que les flammes consumaient lundi 15 avril au soir l’un des principaux sanctuaires chrétiens, Notre-Dame de Paris, un incendie, beaucoup moins important, s’est déclaré dans la mosquée al-Aqsa à Jérusalem, l’un des principaux lieux de culte des musulmans.

Un incendie s'est déclaré dans la mosquée al-Aqsa à Jérusalem, relate l'agence de presse palestinienne WAFA. L'incident s'est produit à peu près au même moment que lorsqu'à Paris les pompiers se battaient pour sauver Notre-Dame des flammes.

Selon les autorités, le feu est parti de la cour de la mosquée, mais a été rapidement éteint et le site est resté ouvert.

Le Kremlin de Moscou
© SPUTNIK. VLADIMIR ASTAPKOVITCH
«Douleur dans le cœur des Russes»: Poutine exprime ses condoléances suite à l’incendie à Notre-Dame de Paris
L'organisation religieuse Waqf qui supervise le site a affirmé que l'incendie avait été provoqué par des enfants qui jouaient avec du feu, sans fournir plus de détails.
La mosquée al-Aqsa est considérée comme le troisième site sacré de l'islam.

Ravagée lundi par un incendie, Notre-Dame de Paris a été défigurée mais ne s'est pas totalement effondrée grâce à l'intervention des pompiers qui sont parvenus à maîtriser les flammes et sauver la structure de l'édifice. Quelque 400 pompiers ont lutté une bonne partie de la nuit contre les flammes, l'un d'entre eux ainsi que deux policiers ont été légèrement blessés.

Respecté par ses pairs pour son humilité, le religieux de 88 ans est devenu le huitième dignitaire de la confrérie soufie.

Vue de la Grande Mosquée de Touba au Sénégal, lors du pèlerinage de la fête religieuse du Magal, en novembre 2017.

C’est une présence discrète mais toujours reconnaissable dans les grandes cérémonies de la confrérie soufie des mourides. Un collier de barbe blanche surmonté parfois de lunettes qui cachent deux épais sourcils d’un blanc éclatant eux aussi. Serigne Mountakha Bassirou Mbacké a été nommé officiellement, mercredi 10 janvier, huitième calife général des mourides, prenant la place de Serigne Sidy Mokhtar Mbacké, mort mardi dans la ville sainte de Touba, au Sénégal.

Lire aussi :   Au Sénégal, mort du septième calife général de la confrérie mouride

A 88 ans, celui que l’on surnomme déjà « le calife de la continuité » est une personnalité consensuelle habituée des prêches d’union et des prières mortuaires solennelles. Un religieux « détaché des mondanités et doté d’un franc-parler exceptionnel », selon le journal Enquête. L’« intendant des mystères de Serigne Touba » est surtout le plus âgé des petits-fils du fondateur de la confrérie, Cheikh Ahmadou Bamba, dit Serigne Touba, mort en 1927.

Durant sa carrière, Serigne Mountakha a occupé les rôles de bras droit, d’homme de confiance et d’émissaire sous les magistères de plusieurs califes généraux. Il hérite ainsi à son tour de la plus haute fonction religieuse de cette confrérie islamique considérée comme la plus importante du Sénégal avec 3 millions de fidèles estimés et une influence certaine sur la vie publique comme les affaires politiques du pays.

Mercredi, au lendemain de la mort du septième calife général dont le règne a duré sept ans et sept mois, le président Macky Sall s’est rendu à Touba, ville-Etat de la confrérie, présenter les condoléances de la nation à la communauté mouride. Puis, vêtu d’un boubou immaculé, il s’est dépêché à Darou Miname pour faire les éloges du huitième calife, où l’émotion de certains fidèles a créé des bousculades jusqu’à la résidence de Serigne Mountakha.

Grand propriétaire terrien

« Nous avons la foi que le nouveau calife pourra, avec l’aide de Dieu, bâtir de grandes choses pour l’islam et le mouridisme », a clamé le chef de l’Etat, assurant son engagement « à poursuivre les efforts de l’Etat auprès de la communauté mouride dont l’œuvre sera préservée et entretenue. »

Considéré comme un homme de dialogue, cultivé, rassembleur et respectueux de l’orthodoxie mouride, Serigne Mountakha Bassirou Mbacké a grandi dans l’ombre de ses frères. Il a étudié le Coran et les préceptes de son grand-père, fondateur de la confrérie, d’abord sous l’égide de son père Serigne Bassirou, puis en Mauritanie. Le 30 août 2007, il sort de sa retraite religieuse et se fait connaître des fidèles lorsqu’il reprend le titre de calife du fief familial de Darou Miname à la suite de la mort de son frère Serigne Moustapha Bassirou Mbacké. Une fonction qu’il a assurée pendant dix ans.

Au fil des années, il entre dans la sphère des dignitaires de Touba, devenant le bras droit du calife général Serigne Sidi Mokhtar Mbacké qui le charge alors des inaugurations de mosquées. Ce dernier lui accorde sa confiance dans la conduite des affaires religieuses de la cité de Touba, jusqu’à lui laisser l’honneur, en novembre 2017, de l’inauguration du Magal, la plus grande fête religieuse du Sénégal qui commémore le départ en exil du fondateur de la confrérie.

Le « Lamp Fall », plus haut minaret de la Grande Mosquée de Touba au Sénégal, lors du pèlerinage du Magal en novembre 2017. C'est la célébration religieuse majeure de la confrérie soufie des Mourides.

Respecté par ses pairs pour son humilité et sa piété, il devient « un élément incontournable dans la marche de la cité religieuse », selon le quotidien Sud. Grand propriétaire terrien, il contribue pour 72 millions de francs CFA (110 000 euros) à la construction de la mosquée de son village. Outre sa résidence, il possède des champs à Darou Salam Typ, où il a créé une daara (école coranique) et enseigne à de nombreux disciples les enseignements de son grand-père.

Lors de son allocution mercredi, il a tendu la main aux guides des autres confréries islamiques du Sénégal (un pays où la population est à 90 % musulmane) comme aux autres religions, poursuivant ainsi l’héritage de concorde religieuse et de pacification instituée par ses prédécesseurs. Il a assuré que sa démarche resterait fidèle aux préceptes mouridiques : adoration de Dieu et culte du travail.

Matteo Maillard

Le Monde

 



Négligé et mal compris, l’enseignement arabo-islamique doit être davantage reconnu par le système éducatif formel, estiment des chercheurs.

L’éducation arabo-islamique en général – et les écoles coraniques en particulier – reste la grande oubliée des programmes prônant l’éducation pour tous en Afrique. Pourtant, cette éducation concerne un nombre très important d’enfants, dont une bonne partie est considérée comme se situant hors du système éducatif par les autorités publiques.

Reconnaître l’existence de l’éducation arabo-islamique, son importance et sa diversité est donc un préalable pour construire un cadre de concertation et un dialogue entre tous en Afrique subsaharienne. Mais pour cela, il faut commencer par dépasser certaines idées reçues.

Idée reçue n1 : c’est un phénomène récent en Afrique

L’éducation arabo-islamique est apparue au XIe siècle en Afrique subsaharienne, au moment de la diffusion de l’islam. C’est la première forme d’éducation collective formalisée. Initiée d’abord par des commerçants arabo-berbères en Afrique de l’Ouest, puis propagée par des confréries religieuses à partir du XIXe siècle, elle a d’abord pris la forme des écoles coraniques de type soufi. On y enseigne alors essentiellement la mémorisation du Coran.

Pour concurrencer les écoles coraniques et attirer les élèves musulmans dans l’espace francophone colonial, l’administration française a ensuite créé des médersas coloniales sur un modèle bilingue franco-arabe.

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A partir des années 1940, un marché de l’éducation arabo-islamique a progressivement émergé grâce à l’initiative d’entrepreneurs de l’éducation, appuyés et soutenus par des financements extérieurs en provenance du Maghreb et, plus récemment, des pays du Moyen-Orient.

Depuis 2000, en voulant les intégrer dans le système éducatif formel, certains Etats ont développé de nouvelles structures éducatives intégrées (écoles coraniques intégrées ou modernisées et écoles franco-arabes publiques) dans les systèmes éducatifs nationaux.

Idée reçue n2 : c’est l’apprentissage du Coran

L’éducation arabo-islamique regroupe une très grande diversité d’institutions variant selon les contextes géographiques, mais présentes dans presque tous les pays d’Afrique, qu’ils soient à majorité ou à minorité musulmane. En raison de l’absence de données, cette catégorie de structure éducative reste encore peu prise en compte par les chercheurs et les planificateurs des systèmes éducatifs.

Il est possible de distinguer les établissements selon leur niveau de reconnaissance par les Etats : les établissements formels (nommés médersas, écoles coraniques intégrées ou franco-arabes) et les établissements informels (nommées daaramaktab ou kuttāb).

Une école coranique mixte à Diourbel, au Sénégal.

L’éducation formelle est celle qui dispense le curriculum scolaire national dans un cadre officiel, reconnu par les institutions du pays. Elle est prise en charge par le système éducatif national, selon une pédagogie, des règles de fonctionnement, un processus de validation et un calendrier fixé par l’Etat.

A l’inverse, l’éducation non formelle se situe hors du cadre officiel de l’Etat, elle ne forme pas aux compétences attendues dans le curriculum scolaire national ou aux examens et ne donne pas lieu à des évaluations ni à la certification des acquis.

Idée reçue n3 : c’est un épiphénomène

Quantifier le nombre d’enfants pris en charge par des structures éducatives arabo-islamiques est un véritable défi, puisque la grande majorité des pays africains ne collectent pas d’informations sur ce sujet. En effet, les données administratives collectées se concentrent sur les établissements considérés comme formels, dans la mesure où ils sont les seuls à être considérés comme relevant de la responsabilité du ministère de l’éducation.

Dans quelques pays, les données d’enquêtes permettent de donner un ordre d’idée de la proportion d’enfants qui sont pris en charge par des écoles coraniques exclusivement (éducation arabo-islamique non formelle). Leur part représente une proportion assez faible en Côte d’Ivoire (1,5 %), au Nigeria (3,5 %), mais est beaucoup plus importante au Tchad (6,8 %), aux Comores (15,4 %), en Mauritanie (23,1 %) et en Somalie (33,5 %).

Ecole coranique de l’ONG Jamra, située à Dakar. Cette école a intégré la langue française en parallèle à l’enseignement islamique. Les classes sont divisées selon les niveaux et par genre.

Les élèves des écoles coraniques représentent ainsi une très grande partie des enfants considérés comme étant « hors l’école », la plupart des pays ne les distinguant pas des enfants véritablement en dehors de toute structure éducative.

Du côté de l’éducation arabo-islamique formelle, celle-ci prend en charge une partie assez faible des enfants en Mauritanie (0,4 %), au Nigeria (0,5 %), en Côte d’Ivoire (1,7 %), au Burkina Faso (1,8 %), au Sénégal (3,4 %), et est importante en Gambie (10,9 %).

Idée reçue n4 : c’est pour les garçons et pour les pauvres

Si une grande partie des ménages musulmans cumulent un enseignement formel (public ou privé) avec une école coranique, une partie non négligeable des ménages se contentent d’une école coranique.

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, les écoles coraniques ne sont pas réservées aux garçons et aux ménages les plus pauvres. Un grand nombre de filles sont également prises en charge et, dans des pays comme la Côte d’Ivoire, le Nigeria, la Somalie et le Sénégal, l’éducation arabo-islamique peut même être parfois plus favorable aux filles que les autres structures éducatives formelles.

Lire aussi :   L’éducation en Afrique, un objet d’étude mal identifié par la recherche française

Les écoles coraniques concernent une catégorie intermédiaire de la population. Celle-ci se situe entre les ménages les plus urbains et les plus riches (qui placent leurs enfants dans l’éducation formelle), et les ménages les plus pauvres et les plus ruraux (qui ne mettent leurs enfants dans aucune structure éducative). Quant à l’éducation arabo-islamique formelle, elle concerne plutôt les garçons et les ménages disposant d’un niveau de revenu intermédiaire à aisé.

Comment construire un compromis entre les Etats et l’éducation arabo-islamique ?

De fait, il existe un double système éducatif dans la plupart des pays africains à majorité ou à composante musulmane. L’un est d’inspiration occidentale (les écoles publiques ou privées non arabo-islamiques) et l’autre est issu de la culture arabo-islamique et de son acculturation en Afrique depuis des siècles (les écoles coraniques).

Des initiatives sont menées par des courants religieux (d’abord réformistes, puis confrériques) et des Etats (parfois accompagnés par des organisations internationales et non gouvernementales), afin de donner corps à ce qu’on pourrait appeler une troisième voie. Celle-ci tente de réconcilier une demande d’éducation religieuse et un impératif de mise aux normes internationales.

Certains Etats progressent ainsi vers un système « hybride », où, dès le cycle primaire, l’enseignement religieux (ainsi que l’enseignement de la langue arabe) est couplé à un enseignement « profane ». Celui-ci permet l’acquisition d’une éducation de base (en langue française ou anglaise), notamment des compétences en lecture, écriture et mathématiques.

Ces écoles (par exemple, les écoles franco-arabes au Sénégal) sont toujours en voie d’expérimentation (programmes scolaires, taux horaires, enseignement des langues, enseignement du religieux à l’école, formation des enseignants). Des efforts sont ainsi à consentir par toutes les parties prenantes pour dépasser les incompréhensions mutuelles et construire le projet éducatif commun dont l’Afrique subsaharienne a besoin.

Cet article est d’abord paru sur le site français de The Conversation.

Rohen d’Aiglepierre est économiste à l’Agence française de développement (AFD), en charge des recherches sur le capital humain.

Clothilde Hugon est docteure en sciences politiques à Sciences Po Bordeaux.

Hamidou Dia est socio-anthropologue et chargé de recherche à l’Institut de recherche pour le développement (IRD).

Le Monde