Les femmes guinéennes se sont massivement mobilisées ce samedi 17 mai pour montrer leur indignation contre le kidnapping des jeunes filles nigérianes séquestrées par Boko Haram.

Elles étaient près d’un millier à montrer leur désarroi face à cet acte criminel qui porte atteinte à la dignité des jeunes filles.

Conduite par la Présidente de la Coalition des Filles et Femmes de Guinée pour la Démocratie, la Consolidation de la Paix et le Développement (COFFIG/DCPD), Dr Makalé TRAORE, plus de 42 associations et réseaux, ont par une déclaration conjointe, déploré cette situation et lancé un appel à la communauté internationale pour qu’ensemble, des voies et moyens soient trouvés pour libérer ces otages dont les familles ne savent plus à quel saint se vouer.

Avec des slogans comme : « Halte aux enlèvements des filles et femmes »

« Nos enfants ne sont pas des marchandises »

« Halte à la violence, à l’intégrisme »

« Rendez-nous nos filles »

« Nous femmes d’Afrique nous demandons la libération de nos enfants en captivité depuis 30 jours ».

Les femmes ont brandi des pancartes le long de leur trajet pour ensuite faire un sitting au siège de l’ambassade du Nigéria sis à Kaloum.

 

S’adressant à l’attaché d’Affaire de l’Ambassade représentant l’Ambassadeur absent, Dr Makalé a transmis le message des femmes au diplomate :

« Vous avez devant vous, des femmes choquées, meurtries, inquiètes de tout ce qui peut arriver à ces filles qui sont dans les mains de Boko Haram, chaque minute, chaque seconde. Nous avons peur chaque jour qui passe, nous ne dormons pas car nous nous mettons à la place de ces parents, de ces mères, nous aurions voulu que l’Afrique se mobilise plus. Nous souhaitons donc que l’Afrique se mobilise plus. C’est pourquoi nous lançons un appel dans une déclaration. Une déclaration qui va être lue par une jeune fille. Notre activité regroupe 42 associations féminines guinéennes. Nous sommes dans la même solidarité avec la presse. Nous vous invitons donc à porter une oreille attentive à cette déclaration. Parce que si cette jeune fille était dans cette école, elle aurait pu subir la même chose. Notre mobilisation est symbolique mais elle nous vient du fonds du cœur et nous souhaitons que ce cri du cœur soit entendu en Guinée, en Afrique et dans le monde ».

Des mots qui ont touché, l’ensemble du personnel de l’Ambassade du Nigéria.

C’est ainsi qu’au nom des 42 associations présentes, la déclaration suivante a été lue devant un parterre de journalistes :

« Suite au rapt de plus de 200 jeunes par Boko Haram, nous femmes et filles de Guinée, membres des réseaux et associations signataires de la présente déclaration, profondément meurtries par l’enlèvement et la séquestration des filles condamnons cet acte crapuleux qui se réclame de la religion musulmane pour agir au nom de celle-ci alors que l’islam prône la tolérance et l’amour. Soucieuse de voir ces filles grossir le rang des personnes victimes de maltraitance nationale et dont plusieurs d’entre elles sont destinées à des fins d’exploitation sexuelle, estimons qu’aucun de ces hommes qui ont commis ce forfait ne souhaiterait voir ses propres filles traitées dans les mêmes conditions; refusons de voir notre sous-région être le théâtre de tels phénomènes écœurants et d’une situation dégradante violant ainsi la convention relative aux droits de l’enfant et intimement liés aux droits fondamentaux de l’homme ; convaincues qu’il est nécessaire, voire cruciale d’alerter l’opinion publique nationale et internationale sur la menace que représente des groupes de la nature de Boko Haram pour nos populations.

Nous femmes et filles de Guinée, nous joignons au mouvement international ‘’BRING BACK OUR GIRLS’’ –‘’RENDEZ NOUS NOS FILLES’’ pour condamner avec la dernière énergie l’enlèvement des filles et exigeons leur libération immédiate et sans condition ».

 

1000 Characters left