Le nouveau pouvoir joue à la récupération des projets de ses prédécesseurs !

En Guinée, tout gouvernement qui arrive aux commandes jette l’anathème sur ses prédécesseurs. C’est ainsi que sous l’Alpha-gouvernance, on entend des slogans du genre « le nouvel élu a hérité d’un pays mais pas d’un Etat » ou « les anciens Premiers ministres ont pillé le pays ». C’est de bonne guerre, pourrait-on dire. Pourtant, il y a un certain nombre de faits à ne pas occulter. Pour preuve, l’actuel pouvoir ne fait que récupérer les projets initiés par les anciens Premiers ministres.

« Tu peux ne peut aimer ton chien, mais reconnais au moins en lui, la blancheur de ses dents », nous dit l’adage africain. Pour éclairer la lanterne de l’opinion publique, il est important de revenir en détail sur certaines réalisations de nos anciens Premiers ministres que d’aucuns tentent de récupérer à leur actif. En 1996, les populations de Conakry ne se bousculaient pas pour obtenir un bidon d’eau et on n’entendait pas les cris de joie dans les quartiers pour le retour du courant. Aujourd’hui, la réalité est toute autre.

Aussi, les véhicules du gouvernement ne roulaient pas après 18 heures, sauf pour des cas d’urgence. La route Kankan-Siguiri- Kourémalé, le pont sur la Fatala, sont l’œuvre d’un autre ministre des Travaux publics, devenu plus tard Premier ministre.

Revenant sur le bitumage des routes de Labé, Kankan, N’Zérékoré, Faranah, rappelons que le gouvernement de large consensus dirigé à l’époque par l’ancien Premier ministre Lansana Kouyaté avait demandé aux sociétés minières, notamment Rio Tinto et Forêt Forte qui possédaient des engins lourds, de procéder à la réhabilitation de certaines routes de la Forêt et à la société ENCO5, de rénover la voirie urbaine de Labé.

D’ailleurs, le Préfet de Labé n’a-t-il pas reconnu ce geste en citant le nom de celui qui a été à la base du lancement des travaux lors d’une de ses sorties médiatiques ? Pour l’électrification des capitales régionales, d’après une enquête menée sur le terrain, une ligne de crédit logée à la Banque d’Investissement pour le Développement de la CEDEAO (BIDC) de 250 millions de dollars, a été obtenue pour l’acquisition d’équipements et la réalisation de certaines infrastructures qui devaient être exécutées par des sociétés indiennes.

Sur ce, il fallait remplacer les groupes électrogènes qui consommaient du Gasoil par ceux utilisant le mazout. Selon certaines sources, c’est sous le gouvernement de large consensus que la Guinée a bénéficié de 30 millions de dollars 850 000 dollars pour l’acquisition des 100 bus et le reste devant servir à l’électrification des capitales régionales dont Labé, Kankan, N’Zérékoré et Faranah. L’accord de financement de ces projets de développement a été signé le 28 septembre 2007.

Pour ce qui est de l’extension du pavillon présidentiel de l’aéroport international de Conakry Gbessia et la réalisation de celui de Forécariah, une source proche du dossier affirme que c’est sous la demande du Feu Général Lansana Conté que la Guinée a obtenu aussi cet accord portant sur l’extension du pavillon présidentiel par la CDE. Pour celui de Forécariah qui devrait être l’un des plus grands aéroports de la sous-région, le gouvernement de 2007 avait pris contact avec l’Organisation Internationale de l’Aviation Civile (OIAC) pour sa construction. Une manière de désengorger Conakry. Dans ce cadre, notre pays avait payé les frais liés aux termes de références et l’adjudication avait été faite par ladite société pour les études techniques pour une durée de deux ans et demie.

Revenant sur l’extension du terminal à container qui était en souffrance depuis plus d’une dizaine d’années, il a fallu l’intervention de ce même gouvernement pour trouver un partenariat public et privé pour son déblocage. A ce titre, un appel d’offre avait été lancé et à dix jours de l’ouverture des plis, le gouvernement a été remercié. Et même la réhabilitation du Conakry-Niger qui tarde à se concrétiser, est à l’actif de ce gouvernement de 2007. On se rappelle, au moment où il quittait, la société Rio Tinto faisait les études de faisabilité sur le terrain. Tout comme le stade de Nongo et l’hôpital de Kipé qui ont été réalisés aussi par les investisseurs chinois.

Il en est de même pour les fonds investis  dans les travaux de l’autoroute Fidel Castro et le pont 8 Novembre qui ont été mobilisés suite à un appel d’offre par un autre ancien ministre des TP et ambassadeur de la Guinée dans un pays occidental, nommé récemment conseiller à la Présidence de la République. C’est à son époque que le gouvernement d’alors a procédé au dépouillement des plis. Aujourd’hui, les discours des uns et des autres sont très attendus lors de la journée inaugurale de ce chantier appelé "Echangeur’’.

S’il est vrai que l’Administration est une continuité, les archives guinéennes devraient servir de référence pour savoir qui a fait quoi, à quel moment. Et les nouveaux chantiers ouverts par le nouveau gouvernement sont vivement attendus au moment des bilans. Comme on le voit, la plupart des chantiers qui sont en cours de réalisation aujourd’hui relèvent des acquis des gouvernements précédents. Donc, des accords signés avant l’avènement du gouvernement du changement. Ignorer ces acquis relèverait de la mauvaise foi.

Alpha Assia Baldé

Source l’Obs Guinée

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