Le franc CFA (1/3): une monnaie nocive pour les Etats africains (Dossier Médiapart

Soixante-dix ans après sa création, le franc CFA est toujours en vigueur dans les ex-colonies africaines de la France. Cette monnaie est pourtant très critiquée par des économistes africains. Mais les dirigeants des États concernés ne contestent pas ce système anachronique, clé de voûte de la Françafrique, parce qu’ils en profitent et parce qu’ils ont peur de Paris.
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C’est une affaire qui dure depuis plusieurs décennies, mais qui est ignorée, voire cachée : la France est le seul État au monde qui gère encore la monnaie de ses ex-colonies plus de 70 ans après leur « indépendance ». Le franc CFA (FCFA), utilisé par 14 pays africains et les Comores, reste en effet sous la tutelle du ministère français des finances. En Afrique, de plus en plus de voix s’élèvent pour protester contre ce dispositif, vu comme perpétuant la domination française, mais aussi pour tirer la sonnette d’alarme : beaucoup d’économistes, en particulier, estiment que le FCFA handicape les pays qui l’utilisent.

Le FCFA a été créé officiellement le 26 décembre 1945. Six ans avant, la France avait mis sur pied une « zone franc » en instaurant une législation des changes commune au sein de son empire colonial, au début de la Seconde Guerre mondiale. L’objectif : « se protéger des déséquilibres structurels en économie de guerre » et continuer à s’alimenter en matières premières à bas prix auprès de ses colonies. CFA signifiait « colonies françaises d’Afrique » puis, à partir de 1958, « communauté française d’Afrique ». Lorsque la France a accordé l’indépendance à ses colonies africaines, au début des années 1960, elle leur a imposé la reconduction du système de la zone franc. Le FCFA est alors devenu franc de la « communauté financière africaine » en Afrique de l’Ouest, et franc de la « coopération financière en Afrique centrale » pour l’Afrique centrale.

zones-cfaLa zone franc compte en effet deux sous-ensembles en Afrique : l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uémoa) composée de huit pays (Bénin, Burkina, Côte-d’Ivoire, Guinée-Bissau, Mali, Niger, Sénégal et Togo) et la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cémac) qui rassemble six États (Cameroun, Centrafrique, Congo, Gabon, Guinée-Équatoriale et Tchad). Chacune a sa banque centrale : la Banque centrale des États d’Afrique de l’Ouest (BCEAO) à Dakar, et la Banque des États d’Afrique centrale (BEAC), à Yaoundé. Les billets et pièces de monnaie de la Cémac ne sont pas utilisables au sein de l’Uémoa et vice-versa.
La zone franc repose sur quatre principes : 1- Le Trésor français garantit la convertibilité illimitée du FCFA en euro (autrefois le franc français) ; 2- La parité du FCFA avec l’euro est fixe ; 3- Pour assurer cette parité, les réserves de change des pays de la zone franc sont centralisées dans leurs banques centrales, qui doivent en déposer la moitié sur un compte courant dit « compte d’opérations », logé à la Banque de France et géré par le Trésor français ; 4- Les transferts de capitaux entre la zone franc et la France sont libres.

Pour la France, et par extension l’Europe depuis le passage à l’euro, ces règles sont intéressantes sur le plan économique. Grâce à la parité FCFA/euro, l’Hexagone peut continuer à acquérir des matières premières africaines (cacao, café, bananes, bois, or, pétrole, uranium...) sans débourser de devises, et ses entreprises peuvent investir dans la zone franc sans risque de dépréciation monétaire. Ces dernières, grâce à la libre circulation des capitaux, rapatrient leurs bénéfices en Europe sans entrave. Les multinationales comme Bolloré, Bouygues, Orange ou Total en profitent tout particulièrement. « Le système permet d’assurer les profits des groupes européens qui ne paient rien pour cette garantie : ce sont les citoyens africains qui, via les réserves de change placées au Trésor français, paient la stabilité du taux de change », observe Bruno Tinel, maître de conférences à Paris 1.

Ces fameuses réserves déposées sur les « comptes d’opérations » rapportent un peu d’argent à la France. Certes, la BEAC et la BCEAO gagnent sur ces avoirs, mais les rendements sont faibles, car ces derniers sont alignés sur la politique monétaire très accomodante de la Banque centrale européenne : ils leur sont « rémunérés au taux de la facilité de prêt marginal de la Banque centrale européenne (BCE) (1,5 % depuis le 11 juillet 2012) pour la quotité obligatoire des dépôts, et au taux minimum des opérations principales de refinancement de la BCE (0,75 % depuis le 11 juillet) pour les avoirs déposés au-delà de la quotité obligatoire », selon le site de la direction générale du Trésor français. Pendant ce temps, rien n’empêche ledit Trésor de placer ces avoirs africains à des taux plus intéressants, lorsque les circonstances monétaires le permettent, et de récupérer la différence.

En 1996, le président du Gabon, Omar Bongo, a expliqué : « Quand vous demandez à un Français dans la rue, il vous dira : “Ah, pour l’Afrique, on dépense beaucoup d’argent.” Mais il ne sait pas ce que la France récolte en retour, comme contrepartie. Un exemple : nous sommes dans la zone franc. Nos comptes d’opérations sont gérés par la Banque de France, à Paris. Qui bénéficie des intérêts que rapporte notre argent ? La France. » Une chose est certaine : les réserves de change africaines permettent à la France de payer une petite partie de sa dette publique : 0,5 %, selon les calculs de Bruno Tinel. En 2014, les réserves placées sur les comptes d’opérations étaient de 6 950 milliards de FCFA, soit 10,6 milliards d’euros.

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Ya-t-il divorce entre le président Condé et les populations de Kaloum ?

De la tension en l’air sur les terres très convoitées de Gbassikolo. Les banderoles hostiles au président Condé sont visibles dans de nombreux quartiers de la presqu’île de Kaloum, y compris au quartier mythique et stratégique de Boulbinet. La colère des populations gronde aux quatre coins de la presqu’île de Kaloum où le divorce entre les populations et le maître de « Sékhoutouréyah » ne semble être qu’une question de jours,a constaté sur place un reporter de nouvelledeguinee.com.

Il y a quelques jours, ce sont les populations de Tombo qui ont failli investir les ruelles boueuses de la presqu’île pour dénoncer, apprend-on, la cherté de la vie dans la cité. N’eût été un dignitaire très populaire à Kaloum, dont nous taisons le nom, les populations deTombo et de quelques quartiers alentours auraient barricadé les ruelles.Objectif: exprimer leur ras-le bol par rapport à la flambée des prix des denrées alimentaires stratégiques et la pauvreté galopante dans la cité. Très remontées contre l’administration Condé, les populations de certains quartiers de Kaloum seraient plus déterminées que jamais à répondre favorablement à l’ appel à manifester de l’opposition, les jours à venir.

 » Cellou Dalein est trop petit dans cette affaire. Nous n’allons pas manifester pour lui faire plaisir; mais pour dire à Alpha Condé que nous avons faim.On n’en peut plus. Nous avons faim »,a précisé une habitante deTombo« , visiblement sur les nerfs, très tendue.

Il y’a une vingtaine de jours, les habitants de Coronthie ont manifesté leur colère suite aux inondations à répétition dans leur quartier. Après avoir ériger des barricades sur la route, ils avaient réussi à paralyser la ville de Kaloum.

D’après nos sources locales, le pire est à venir pour l’administration Condé dont le président se passerait bien d’une confrontation avec les populations de Kaloum à l’heure où une crise économique ronge impitoyablement le pays

Par Mohamed Camara, à Kaloum.

www.kababachir

 

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POURQUOI UN PACTE AVEC L'ISLAM NE POURRA QU'ÉCHOUER SI ON CONTINUE À LE CONSIDÉRER COMME LE CATHOLICISME DU 19E SIÈCLE

La double déclaration de Manuel Valls et de 42 personnalités musulmanes dans le JDD du 31 juillet pose la question de l’incompatibilité de l'Islam avec les structures actuelles de la laïcité. Et montre qu'il est nécessaire de faire évoluer la laïcité pour la sauver face au défi que représente l'intégration de l'Islam.


Pourquoi un pacte avec l'islam ne pourra qu'échouer si on continue à le considérer comme le catholicisme du 19e siècle
 
 
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 penser ? Dans quelle mesure cette idée peut-elle illustrer l'erreur qui consiste à calquer notre compréhension de l'islam sur le christianisme ?

Rémi Brague : Le mot même de religion est trompeur. Tous, même athées, nous nous faisons de ce que doit être une religion une image calquée sur le christianisme. Nous y incluons donc des "rites", la prière, etc., alors que nous en excluons le droit. Et le christianisme n’a pas d’autre morale que la morale commune du Décalogue. L’islam, lui, est essentiellement un système juridique à fondement divin. La mystique, la piété individuelle, y sont permises, mais facultatives. L’obéissance aux commandements "divins" y est en revanche obligatoire. La laïcité française, comme d’autres systèmes dans d’autres pays, a été rendue possible par une séparation qui est essentielle au christianisme et qui est absente de l’islam.

 

 

A lire aussi : La longue liste des impensés et des non-dits qui se dressent sur la route de l’intégration harmonieuse des musulmans de France

Philippe d'Iribarne : Les propositions visant à faire évoluer l’islam de France se multiplient dans des directions très diverses. Celles qui concernent son organisation en font partie. Elles n’offrent sûrement pas la solution unique aux difficultés qui marquent les rapports entre l’islam et la société française. La manière dont le message de l’islam est compris par les musulmans est à coup sûr plus essentielle. Mais cela ne veut pas dire que les questions d’organisation sont négligeables. Il serait bon qu’une autorité responsable soit en mesure de mettre fin aux fonctions d’imams prêchant un islam incompatible avec les valeurs de la société française, ou encore ait une certaine autorité pour élaborer une vision de l’islam qui soit en harmonie avec ces valeurs. Est- ce possible ? Traditionnellement une telle autorité existe dans l’islam chiite mais non dans l’islam sunnite alors que celui-ci est pratiquement hégémonique en France. Mais on peut concevoir, par exemple, qu’une mesure tendant à lier l’autorisation administrative de construire une mosquée à un agrément d’une autorité centrale de l’islam de France puisse donner du poids à celle-ci. En matière d’organisation, le christianisme comme l’islam n’obéit pas à un modèle unique. On ne retrouve pas dans le protestantisme le fonctionnement centralisé de l’Eglise catholique. Il est sûr, en tout cas, que l’organisation de l’islam de France aura du mal à prendre ce fonctionnement comme modèle.

 

A lire aussi : L’islam face à la modernité : les raisons théologiques et historiques pour comprendre pourquoi les musulmans ont tant de mal à faire évoluer leur religion

Mis à part le manque de structure du personnel religieux, sur quels autres points l'islam se distingue-t-il du christianisme ou du judaïsme ? Quelles questions nouvelles cela pose-t-il pour le législateur ?

Rémi Brague : Notre notion de "religion" est calquée sur le christianisme. Nous distinguons ainsi des activités que nous considérons comme religieuses, par exemple la prière, le jeûne, le pèlerinage, et d’autres qui, pour nous, ne relèvent pas du religieux, comme certaines règles de vie : interdictions alimentaires, vestimentaires, rapports entre sexes, etc. Or, pour l’islam, ce sont là des parties intégrantes de la religion. Ce qu’ils appellent "religion", c’est avant tout un code de comportement, une démarche à suivre (c’est le sens du mot sharia). Il en est ainsi parce que le Dieu de l’islam n’entre pas dans l’histoire, soit par alliance (judaïsme), soit en poussant l’alliance jusqu’à l’incarnation (christianisme), mais y fait entrer la manifestation de Sa volonté, sous la forme de commandements et d’interdictions. Le message divin est soit une répétition des messages précédents (un seul Dieu, qui récompense et punit), soit une législation la plus précise possible. Le judaïsme connaît lui aussi un code de conduite très précis, mais ce code ne vaut que pour les Juifs. L’islam, lui, dit que tout homme doit s’y conformer.

Nous avons du mal à le comprendre, mais l’islam est avant tout un système de règles qui doivent avoir force de loi dans une communauté. Ces règles peuvent être appuyées par l’Etat si celui-ci est musulman, auquel cas on aura une police spéciale pour assurer, par exemple, le respect du jeûne du ramadan ou la vêture des femmes. Mais si la pression sociale (parents, grands frères, etc.) ou la force de la coutume y suffisent, tant mieux. L’islam distingue une invocation de Dieu qui peut se faire en privé, et une prière publique, avec des formules et des gestes déterminés. C’est elle qui constitue l’un des cinq "piliers" de l’islam.

La laïcité, notre vache sacrée, n’est pas elle-même une idée très claire. C’est une cote mal taillée, produit d’un compromis entre deux instances localisées et historiquement datées : l’Etat français du XIXe siècle et l’Eglise catholique. L’appliquer telle quelle à l’islam, à la mesure duquel elle n’a pas été taillée, entraîne des mécomptes. Le christianisme a l’habitude de séparer la religion et les règles juridiques ; pour l’islam, le seul législateur légitime est Dieu. 

Atlantico : Les propositions simultanées de Manuel Valls et des 42 personnalités musulmanes dans le JDD du 31 juillet laissent penser que la solution se trouverait dans une représentation légitime, un clergé de l'islam en France. N'est-ce pas illusoire de le

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Le long chemin des derviches des Balkans

Ils sont bektashi, rifa’i, halveti, sa’adi... Ils vivent au cœur des villes ou se retirent dans des ermitages perdus dans les montagnes. Tous pratiquent l’islam mystique des confréries soufies, une « hérésie » pour les tenants du sunnisme rigoriste venu du Golfe. Premier volet de notre série sur les pratiques de l'islam dans les Balkans.

Il faut accepter de se perdre sur les routes des Balkans, pour trouver, sur un pic montagneux ou au creux d’une colline, les ruines de turbe, les tombeaux de saints derviches, considérés comme de précieux intercesseurs. Certaines sont toujours l’objet de pèlerinages réguliers, d’autres ont été oubliées, mais partout, en Albanie, en Bosnie-Herzégovine, au Kosovo, en Macédoine, dans le Sandjak de Novi Pazar au sud de la Serbie, ces traces de l’islam mystique et populaire des derviches, souvent teinté de syncrétisme, marqué par les traces des croyances et des superstitions locales, continuent de marquer le paysage. Certains tarikat demeurent fort actifs ; les tarikat, ce sont les diverses « voies » de cet islam, qui définissent autant de confréries différentes.

 

Sultan Nevrouz à la tekke rifa’i de Rahovec © Laurent Geslin

Sultan Nevrouz à la tekke rifa’i de Rahovec © Laurent Geslin

Les derviches sont présents dans les Balkans depuis que l’islam s’y est implanté, après la conquête ottomane, aux XIVe et XVe siècles. Ils prétendent même volontiers que des prédicateurs gyrovagues auraient précédé les armées du Sultan. Les confréries n’ont pas cessé de se croiser, de se scinder, de se reformer en diverses branches, qui remontent toutes à un saint fondateur. Outre les rifa’i, on trouve toujours des halveti, des sa’adi, des melâmi, des naqshbandi, des mevlevi, etc. – qui se distinguent moins par des croyances spécifiques que par des rites différents.

Derviches de la ville

Il est presque 13 heures, ce vendredi. L'appel du muezzin à la djuma, la prière la plus importante de la semaine, va bientôt résonner dans les mosquées d'Orahovac/Rahovec, dans le sud-ouest du Kosovo. Par petits groupes, des hommes et des femmes se dirigent vers la tekke, le lieu de vie des derviches rifa’i, juste au-dessus du centre-ville. Les traces des combats qui ont fait rage pendant la guerre de 1998-1999 sont toujours bien visibles. Le « ghetto » où vivent encore quelques centaines de Serbes commence 200 mètres plus haut, derrière des barbelés posés sur des murs effondrés. Le centre d’Orahovac semble être resté hors du temps, à l'écart de la fièvre de construction qui agite le reste du Kosovo. La commune se trouve à une trentaine de kilomètres de la grande ville de Prizren, au cœur d’une région fertile, connue pour ses vignobles qui grimpent sur les versants verdoyants des collines. Malheureusement, le vin ne s’exporte plus et le chômage n’a jamais été si massif.

« Bujrum ! » (Prenez place !). Le maître des lieux, le cheikh Mehdi Shehu, la quarantaine dynamique et charismatique, accueille un par un les fidèles de la confrérie qui se pressent dans la tekke. Avant que la prière ne commence, les derviches les plus âgés, les plus instruits et les plus respectables prennent place autour de leur maître pour siroter un café. Les autres s’installent directement dans la salle de prière. Puis la cérémonie débute et les chants s’élèvent. La prière de la djuma laisse place au zikr, ce rituel spécifique de la mystique soufi qui, par le biais de la répétition des noms de Dieu, permet aux pratiquants de s’éloigner de la matérialité de leur corps. Les têtes se balancent de gauche à droite tandis que le cheikh relance régulièrement l’ardeur des fidèles.

Le cheikh Mehdi Shehu durant le zikr © Laurent Geslin

Le cheikh Mehdi Shehu durant le zikr © Laurent Geslin

Tous les musulmans doivent normalement se rendre à la mosquée pour la djuma, la grande prière du vendredi, mais les derviches d’Orahovac se dispensent de cette obligation et ne fréquentent que la tekke. Lors des grandes cérémonies, comme Sultan Nevruz, le 21 mars, celle-ci peut accueillir un millier de personnes. À ces occasions, les fidèles s’engagent dans le hâl, un état altéré de conscience, et sollicitent l’honneur d’avoir les joues transpercées par de longues piques de métal de la main du cheikh, sans qu’aucune goutte de sang perle. Chaque confrérie a des rites particuliers : les rifa’i pratiquent des mortifications corporelles, les mevlevi – les fameux derviches tourneurs – tournent sans fin sur eux-mêmes. La danse, la musique et le contrôle du corps permettent un dépassement de soi, mais ce soufisme populaire privilégie l’émotion collective, bien loin du spiritualisme new age des mouvements néo-soufis qui se développent aussi dans les milieux urbains et éduqués des Balkans.

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Les fidèles viennent à toute heure du jour consulter le cheikh. Comme le personnage du Derviche et la Mort, le fameux roman de Meša Selimović (1966, traduction française, Gallimard/L’Imaginaire), celui-ci règle les conflits interpersonnels, soigne les plaies de l’âme, arrange les mariages et donne un avis toujours très écouté. Il est au courant de tout ce qui se passe dans la ville mais, assure-t-il, « les derviches ne doivent pas se mêler de politique ». Pourtant, le cheikh des halveti, l’autre confrérie présente à Orahovac, a été tué pendant la guerre, en juillet 1998, dans des circonstances toujours incertaines. Le cheikh Mehdi a hérité sa charge de son père, et l’un de ses fils lui succédera un jour. Probablement pas l’aîné, mais le plus jeune, qui serait « marqué ». Sérieux comme un pape, le garçonnet assiste à toutes les cérémonies aux côtés de son père, mais celui-ci reste prudent : la vocation doit encore se confirmer.

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CÔED'IVOIRE. LA FESCI, UNE MILICE DE VIOLENCES À L'ÉGARD DES OPPOSANTS DE M. GBAGBO, AINSI QUE DE RACKET EN MILIEU ÉTUDIANT ?

La Fesci, vue comme une milice a souvent été accusée par les ONG nationales et internationales de violences à l'égard des opposants de M. Gbagbo, ainsi que de racket en milieu étudiant
Des « mesures » seront prises par le gouvernement ivoirien, dès mercredi, pour permettre une « paix durable » sur le campus de Cocody,
Nous avons été informés de manifestations d’étudiants ; (...) le gouvernement, dès mercredi prochain annoncera les mesures qu’il faut pour avoir la paix durable, et vraiment, que les étudiants dans leur grande majorité, avec les investissements qui ont été faits, puissent travailler et étudier, dans les meilleures conditions et dans la paix », a déclaré M. Ouattara dans la nuit de lundi à l’Aéroport d’Abidjan,...source: AIP / Des « mesures » seront prises par le gouvernement ivoirien, dès mercredi, pour permettre une « paix durable » sur le campus de Cocody,après les violences qui y ont opposés des forces de l’ordre à des étudiants lundi, faisant un policier blessé et d’importants dégâts matériels, annonce le Président Alassane Ouattara.
"A la Présidence de l’université, des traces de violences sont perceptibles. Des fenêtres de la scolarité, brisées de même que des véhicules sur le parking ont vu leurs vitres voler en éclats. Au passage de l’équipe de reportage de APA, un policier blessé visiblement au visage, mal en point, est sur le dos d’un de ses collègues qui le conduit à pas de courses au niveau de la Présidence, où il est par la suite embarqué dans un véhicule de police pour l’extérieur de l’université. La rue menant de la Présidence de cette université à l’entrée de l’Ecole de police est jonchée de plusieurs cailloux, fers et autres objets, résultats de « la grande bataille »...
Côte d'Ivoire: affrontements étudiants-policiers, plusieurs blessés ( AFP )
Des affrontements ont éclaté lundi entre policiers et étudiants à l'université Félix Houphouët-Boigny d'Abidjan, faisant plusieurs blessés, a-t-on appris auprès de la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d'Ivoire (Fesci).
"Les étudiants en grève depuis une semaine pour des revendications académiques tentaient de tenir un meeting sur le campus lorsqu'ils ont été dispersés par la police", a assuré à l'AFP Saint Clair Allah, secrétaire général du mouvement.
Les échauffourées ont fait "une trentaine de blessés", a-t-il dit, ajoutant qu'une dizaine de personnes avaient été interpellées.
"Des bureaux ont été saccagés et des véhicules incendiés par les étudiants en colère", a rapporté de son côté la télévision nationale, faisant état "d'heures chaudes vécues par l'Université de Cocody".
Un porte-parole du ministère ivoirien de l'Intérieur a confirmé ces faits, soulignant que la police avait placé des éléments de manière permanente sur le campus pour y "mettre de l'ordre".
Le calme était revenu en début d'après-midi.
Le climat à l'université Félix Houphouët-Boigny d'Abidjan, la plus importante institution académique du pays, est agité depuis plusieurs pour des raisons diverses: arrestation d'un leader de la Fesci, évacuation de résidences universitaires... Des manifestations y dégénèrent régulièrement en violences entre étudiants et forces de l'ordre.
Le 17 juin, un étudiant est décédé, renversé par une véhicule de police.
La Fesci, puissant et sulfureux syndicat proche de l'ex-président Laurent Gbagbo, est à l'origine de manifestations parfois violentes sur le campus d'Abidjan.
Créée en 1990 à l'avènement du multipartisme, la Fesci, vue comme une milice par ses plus farouches détracteurs, a souvent été accusée par les ONG nationales et internationales de violences à l'égard des opposants de M. Gbagbo, ainsi que de racket en milieu étudiant.
(AFP 18/07/16)
Côte d’Ivoire : de violents affrontements entre policiers et étudiants font plusieurs blessés (APA)
De violents affrontements ont opposé lundi matin, des policiers à des étudiants au sein de l’université Félix Houphouët Boigny (la plus grande université publique ivoirienne), faisant de nombreux dégâts matériels et des blessés, a constaté un journaliste de APA sur place dans la capitale économique.
Selon plusieurs sources, tout serait partie du mouvement « marrée rouge » lancé par des étudiants à travers la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire (FESCI) qui a enclenché un mouvement de grève depuis mercredi dernier, pour entre autres « réclamer des meilleurs conditions de vie d’études, exiger le départ des policiers déployés à l’université ».
Des étudiants de la FESCI, selon des sources interrogées, sur place, ont tenté d’empêcher la tenue des compositions maintenues par les enseignants malgré leur mot d’ordre de grève (les enseignants).
Jets de projectiles des étudiants à l’endroit des policiers déployés sur les lieux qui ont riposté à l’entrée de la première université ivoirienne avec des gaz lacrymogènes créant la débandade et perturbant la circulation du côté du Centre hospitalier universitaire (CHU), jouxtant l’université.
A l’intérieur de l’espace universitaire déserté, plusieurs unités de la police nationale sont visibles...Des tirs sont entendus, les étudiants quittent le campus par les chemins menant au CHU.
A la Présidence de l’université, des traces de violences sont perceptibles. Des fenêtres de la scolarité, brisées de même que des véhicules sur le parking ont vu leurs vitres voler en éclats.
Au passage de l’équipe de reportage de APA, un policier blessé visiblement au visage, mal en point, est sur le dos d’un de ses collègues qui le conduit à pas de courses au niveau de la Présidence, où il est par la suite embarqué dans un véhicule de police pour l’extérieur de l’université.
La rue menant de la Présidence de cette université à l’entrée de l’Ecole de police est jonchée de plusieurs cailloux, fers et autres objets, résultats de « la grande bataille » à ce niveau.
Un véhicule de couleur blanche était en fumée au moment de notre passage devant le parking de l’Amphithéâtre A District qui accueille de nombreuses cérémonies..
Des personnes qui essayent de rentrer se voient refouler par un agent de la police, arme au poing avec un casque de protection. « Je veux aller récupérer mes affaires », tente de justifier un jeune qui négocie son entrée dans l’enceinte de l’université. Le policier d’un ton ferme lui rétorque « de repasser demain ».
Les universités ivoiriennes sont paralysées depuis mercredi à la suite de mouvements de grèves enclenchés par les principaux syndicats d’enseignants et d’étudiants à savoir la Coordination nationale des enseignants et chercheurs (CNEC) conduite par le Pr Johnson Kouassi Zamina, (CNEC ) qui réclament le paiement des primes de recherches et des heures complémentaires tels que contenus dans les décrets et la Fédération estudiantine et scolaire (FESCI) dirigée par Fulgence Assi .
(APA 18/07/16), avec AFP

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