Pénurie de carburant : « A partir de 15 heures aujourd'hui, les chargements vont commencer », promet le D.G de l'O.N.A.P

Actualité de Guinée Conakry, 02/02/2017. Nouvelle République de Guinée,www.nrgui.com. Depuis le lundi 30 janvier 2017, il y a une crise de carburant dans la capitale guinéenne et dans certaines villes de l'intérieur du pays. La cause de cette crise est due au retard de l'arrivée du bateau qui était attendu le 27 janvier et également en raison d'une panne d’électricité, pour le peu de stock qui restait, à en croire Zakariaou Coulibaly.

Invité chez nos confrères d'espace FM ce jeudi 02 février, le DG de l'Office National de Pétrole, M. Zakariaou Coulibaly, a annoncé l'arrivée du bateau depuis très tôt ce jeudi matin. « Le bateau est arrivée aujourd'hui à 7 heures, on est entrain de prendre des dispositions pour la marée haute à 10 heures, puisqu'on a la possibilité de le recevoir 1 heure avant la marée haute, on va le recevoir et faire adopter une procédure accélérée d'analyse produit et de dépotage, pour que très rapidement nous puissions sortir de cette situation qui a posé des désagréments à nos concitoyens », rassure t-il.

Et d'ajouter: « Je vous promets qu'à partir de 15 heures, aujourd'hui, les chargements vont commencer et courant de la journée de demain pour la ville de Conakry, on sera  en mode stabilisé et pour le reste, on continuera parce qu'on est obligé de gérer cumulativement avec l'intérieur. L’état des routes étant a notre défaveur, on fera en sorte que d'ici le 5 février, tout sera stabilisé », promet M. Zakariaou Coulibaly, directeur général de l'Office national du pétrole.

Alhassan Mombeya, piur www.nrgui.com

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Le ministre de la sécurité, Kabélé Camara annonce des perspectives, face à la criminalité galopante

Actualité Guinée Conakry, 23-01-2017. Nouvelle république de guinée, www.nrgu.com. Le ministre de la sécurité et de la protection civile, Me Abdoul Kabélé Camara, a tenu une conférence devant les médias ce lundi 23 janvier 2017, à la maison de la presse de Guinée sise à Coléah.

Pendant cette conférence, Me Kabelé a évoqué plusieurs sujets concernant son département, dont entre autres, des difficultés rencontrées courant 2016, mais aussi des projets pour 2017.

Pour l'année 2017, le ministère de la sécurité et de la protection civile entend développer les perspectives comme " la lutte contre la criminalité par le renforcement des capacités opérationnelle des unités constitué, Brigade anti criminalité (BAC); Brigade de Répression de Banditisme(BRB ) et bientôt la B.R.I placé également sous la tutelle de la direction centrale de la police judiciaire ".

Dans le même cadre, il a livré ses attentes si toutes fois ce qu'il a annoncé précédemment se réalise. " Je pense que si cette année, ces actions sont réalisées, et surtout les renforcements des capacités des BAC et des BRB et la mise en œuvre de la nouvelle politique de la Brigade de Répression et d'investigation (B.R.I), nous pourrions faire face à la criminalité croissante dans notre pays. Et c'est une unité qui sera dynamique ", espère Me Kabélé Camara.

Après être passé par l’armée comme ministre délégué, M. Kabélé réussira –t-il à relever les défis de l’insécurité galopante en Guinée ?

Hassane Mombeya pour www.nrgui.com.

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À propos de l'Association guinéenne des économistes (AGE)

J'ai lu récemment un sondage1 réalisé par l'AGE, qui serait une jeune association professionnelle à but non lucratif créée au mois de Septembre 2015 par 475 membres, et se fixant comme objectif d'intervenir de façon crédible et impartiale sur les enjeux économiques de la société guinéenne.

J'ai également décortiqué un papier2, écrit par son président Mamady Condé.

La conclusion qui s'impose est que d'une part, cette association n'a rien de professionnel, et son caractère objectif est loin d'être évident, pour parler poliment.

Quelques remarques succinctes sur le papier de Mamady Condé

Même si les débats économiques n'intéressent généralement pas les Guinéens, je voulais quand même revenir brièvement sur le papier de Mamady Condé, publié sur différents sites, à propos de la croissance économique guinéenne. J'ignore si ce dernier appartient ou non à la cellule économique du gouvernement, mais le caractère dithyrambique de certaines de ses conclusions ne laisse aucun doute.

Je vais me limiter à quelques remarques essentielles et compréhensibles par tous, ne souhaitant pas par exemple entrer dans un débat sur le concept de croissance, qui selon Mamady Condé serait indispensable au développement, occultant le fait que :

  • l'absence de croissance durable dans les pays occidentaux ne signifie pas la fin de leur développement,
  • le concept de décroissance existe et n'implique pas l'absence de développement, et
  • qu'à l'inverse la croissance n'est pas forcément synonyme de développement.

L'impression générale du papier ressemble à un copier-coller de certaines conclusions du Document de Stratégie de Réduction de la Pauvreté du FMI, et du Rapport préliminaire de la mission conjointe Banque mondiale-FMI en Décembre 2015, agrémenté de quelques considérations hagiographiques personnelles. En témoigne les nombreuses contradictions avec des faits réalistes (les données des documents précités) et des élucubrations reposant sur des jugements de valeurs.

Des postulats justes...

Je suis d'abord heureux que Mamady Condé rappelle que 2 principes importants que tout le monde peut comprendre, à savoir que la croissance :

  • n'est pas le fait du hasard, car lorsqu'on écoute Mamady Youla on a l'impression qu'elle tombe du ciel comme la pluie. Il prétend que si les entreprises minières importent des cailloux de Guinée, la croissance va augmenter mécaniquement. Si cela est vrai, au vu de la manière dont la croissance se calcule, cela ne signifie nullement que les Guinéens vont en profiter.
  • doit être supérieure au taux d'accroissement démographique pour avoir des effets bénéfiques sur la population. Il est heureux de voir son constat selon lequel comme ce dernier reste supérieur au taux de croissance, cela signifie concrètement que le Guinéen s'appauvrit.

mais des prévisions qui ne reposent sur rien

Selon Mamady Condé, la croissance va repartir parce que les conséquences des facteurs suivants vont s'estomper :

  • la persistance des effets de l'épidémie ébola,
  • la baisse des prix des produits de base sur les exportations,
  • l'attentisme des investisseurs à la veille des élections présidentielles d'Octobre 2015,
  • les moins-values constatées sur les recettes pétrolières (double réduction des prix des produits pétroliers à la pompe intervenue en début d'année après l'adoption de la loi de finance initiale en 2015),
  • la baisse des recettes douanières (baisse du volume des importations causé par le ralentissement de l'activité économique essentiellement due à la persistance de l'épidémie à virus ébola),
  • le haut niveau de corruption (en 2014 la Guinée occupait le 164éme rang sur 182 pays dans l'indice de perception de la corruption publié par Transparency International.

Qui peut croire qu'il en ira forcément autrement ? Quelles mesures ont été prises pour corriger les dysfonctionnements internes ? En quoi la Guinée peut-elle influer sur la conjoncture extérieure ? Quand on veut trouver des excuses à un échec, on peut toujours trouver des boucs émissaires, c'est tellement facile et surtout utile, pour éviter de se remettre en cause.

Les nombreuses contradictions de Mamady Condé

Mamady Condé rappelle que le taux de croissance moyen du PIB réel depuis plusieurs années a été de 2,7% alors que la croissance démographique reste constante aux environs de 3%, mais au lieu d'en tirer les conséquences liées à sa définition ci-dessus, il affirme que cela « ne favorise pas une amélioration du bien-être », plutôt que de dire de façon plus réaliste, que le Guinéen s'appauvrit irrémédiablement.

Il indique également qu'il existe un déficit chronique (dépenses supérieures aux recettes) qu'il faut bien financer, même si les Guinéens ne se rendent pas compte que ce sont eux qui remboursent cette dette, par exemple par l'augmentation du taux de la TVA.

De même il rappelle qu'il existe une dette intérieure (718,903 milliards de GNF) dont 40% (285,287 milliards de GNF) est constitué de la dette aux fournisseurs. Ce n'est pas ainsi que l'environnement des affaires va s'améliorer, car si les fournisseurs de l'État ne sont pas payés...

Quant à dire que du point de vue strictement macro-économique, un taux d'inflation de 9% n'est pas trop élevé, c'est du grand n'importe quoi. Il faudra en effet environ 25 000 GNF de plus en fin d’année pour acheter un sac de riz. Certes il tempère en rappelant que la hausse des prix se concentre sur les produits de première nécessité : riz, farine, huile, sucre, viande, etc., ce qui a un impact négatif sur le pouvoir d'achat des ménages qui génère des difficultés sociales. Enfin oser dire qu'il est causé par des phénomènes exogènes (extérieurs) sans explications est proprement malhonnête et scandaleux.

Pourquoi le FMI a t-il coupé ses relations avec le régime d'Alpha Condé à la fin de l'année 2015, avant de reprendre sa coopération après 3 mois de négociations (et un stage à Washington pour quelques économistes, histoire de bien leur faire comprendre qui décide maintenant) ?

Comment affirmer qu'on « espère qu'avec la poursuite de la politique monétaire prudente de la BCRG, l'inflation va baisser ».

En quoi les 1 800 milliards de GNF de déficit creusés à l'insu du FMI à l'occasion de la campagne électorale de 2015 ont-ils été exogènes et ont-ils constitué un gage de prudence ?

N'y a t-il pas contradiction – pour ne pas dire non sens – à affirmer que les mesures fiscales comme le maintien des subventions aux secteurs de l'énergie doivent cesser, et en même temps dire qu'il « y a nécessité pour le gouvernement à engager ... de possibles mesures de politique sociale à court terme pour soulager les populations ». On subventionne ou on ne subventionne pas, il faudrait savoir.

Selon Mamady Condé, « les autorités actuelles font partie des rares dirigeants guinéens à avoir compris la nécessité de développer les infrastructures physiques et le capital humain en vue de booster la croissance économique et d'atteindre les objectifs de développement. Cette ainsi que depuis 2011, l'énergie, et la construction des écoles, sont érigées en sur-priorité et un vaste programme de mise en œuvre d'infrastructures est en cours. Il s'agit notamment des programmes de construction des barrages hydroélectriques, des infrastructures minières, l'amélioration de la mobilité urbaine à Conakry et de construction des villes régionales, en particulier, celles abritant les fêtes d'indépendance nationale ».

Est-il besoin de rappeler à Mamady Condé que comprendre la nécessité d'actions est une chose, agir en est une autre. L'énergie, en dehors du barrage de Kaléta, se limite à des détournements de fonds (1 milliard de $ « investi » dans le secteur a même reconnu Alpha Condé), des gaspillages divers en locations de centrales thermiques ou en achats de centrales thermiques devenues inutilisables en Guinée (Asperbras), ou qui génèrent des coûts supplémentaires en achats de gas-oil.

La construction d'écoles ne constitue que des marchés de construction de gré à gré fournis à la belle famille, mais n'améliore en rien le niveau cognitif des élèves, étudiants et enseignants. On pourrait en construire dans chaque village que cela ne changerait rien au niveau de l'éducation. Quant à la construction de villes régionales, c'est aller un peu vite en besogne que de considérer que la construction de quelques commissariats de police, casernes de gendarmerie ou préfectures, parfois d'ailleurs non terminés dans 3 voire 4 villes du pays, est assimilable à la construction entière de villes en région.

Concernant le niveau d'investissement agricole, dire qu'on est passé de 9 à 27% est un peu juste, à moins d'inclure dans ces investissements, le doublement des importations de riz par exemple !!!

Au risque de le contredire, il n'y a pas de modèle de croissance en Guinée, puisqu'Alpha Condé a tout misé sur la vente de produits miniers à des entreprises étrangères et non sur le travail des Guinéens. Il est vrai qu'il ignore ce qu'est le travail, et ne peut donc pas s'appuyer sur ce qu'il ne connaît pas ; mendier par contre, il sait faire.

Par ailleurs, je voudrais que Mamady Condé nous explique en quoi l'amélioration de la productivité agricole et sa diversification grâce à l'expertise ivoirienne est à saluer ? Comment s'imaginer que la Côte d'Ivoire puisse contribuer à créer, voire à développer un éventuel concurrent dans les domaines du café et du cacao ?

Je suis par contre presque d'accord avec le constat suivant selon lequel « la croissance économique en Guinée reste limitée en termes de création d'emploi et de lutte contre la pauvreté ». Non seulement j'irais plus loin en troquant le terme « limitée » par celui d’« inexistante », mais j'affirme qu'aujourd'hui ce sont les 2 priorités de tout gouvernement qui se respecte, et que tout le reste ne sont qu'élucubrations, dès lors qu'un gouvernement ne sait pas lier ses actions aux résultats attendus dans ces 2 secteurs.

Mamady Condé parle de « l'inadéquation de la formation aux besoins de l'emploi », ce qui est contradictoire avec son affirmation précédente selon laquelle « les autorités actuelles font partie des rares dirigeants guinéens à avoir compris la nécessité de développer... le capital humain en vue de booster la croissance économique et d'atteindre les objectifs de développement ».

Il n'a pas non plus échappé à Mamady Condé que le budget était l'œuvre exclusive du gouvernement, et que dire qu'il fallait augmenter les ressources du secteur agricole (comment ?) était plus facile à dire qu'à faire. Mais pour ce dernier, qui se contredit une fois de plus, il suffit de faire passer le secteur informel au formel, ce qui permettra d'élargir l'assiette fiscale (autrement dit les racketter). Ou on veut développer l'emploi, et peu importe que l'emploi soit formel ou informel dans un premier temps, ou on veut augmenter les recettes de l'État, mais dans ce cas l'objectif n'est plus le même.

Par ailleurs Mamady Condé pense que la croissance peut atteindre 4% en 2016, et même 7%, voire plus à moyen terme, si les réformes structurelles (lesquelles ?) sont poursuivies.

La liste de poncifs et lieux communs qui ponctuent la conclusion, doivent faire office d'objectifs. Si on peut être d'accord sur le principe, encore faut-il en expliquer les tenants et aboutissants, car il n'est pas possible de créer 700 000 emplois avec 120 millions de $3, en admettant même que toute la somme y soit consacrée et ne se perde pas dans les méandres du ministère.

Quelques commentaires sur le sondage

Il serait souhaitable qu'on détaille les tenants et aboutissants du sondage, car sinon cela ressemble à un sondage de rue où tout un chacun prévoit la pluie ou le soleil pour le lendemain, juste par intuition.

Lorsque 25% d'économistes (soit plus de 130 personnes) imaginent que le gouvernement est capable de créer 700 000 emplois privés en 5 ans, alors que non seulement il n'a fait qu'en détruire lors du premier mandat, et que même les perspectives des sociétés étrangères sont pessimistes, il faudrait autre chose que des jugements de valeur pour nous convaincre de la pertinence de leurs réponses.

Sur la première question – dont on ignore l'intitulé -, les réponses évoluent avec la période mensuelle, sans qu'on ne sache à quoi cela correspond, donc inutile de s'y appesantir.

Sur la deuxième question : « êtes-vous d'avis que le cadre financier du nouveau gouvernement guinéen est en général trop optimiste ? », la réponse est non à 60%, ce qui signifie a contrario qu'ils pensent que le cadre financier est plus que réalisable. En effet dire que le taux n'est pas trop optimiste, cela revient à dire qu'on peut encore faire davantage.

Enfin sur la troisième question : « croyez-vous qu'il sera possible de réaliser notamment un taux de croissance de 4%, et une création de 700 000 emplois d'ici 2020 ? », la réponse est non à 60%, sans qu'on n'en comprenne les tenants et aboutissants. Or, si comme elle l'indique dans sa « profession de foi », l'un des buts de l'AGE est de participer à la diffusion du savoir économique auprès du public, des réponses laconiques de ce genre ne répondent pas aux objectifs, loin s'en faut. Il ne suffit pas de s'autoproclamer économistes pour l'être ou le devenir.

S’il faut souhaiter longue vie à l'initiative associative – car elle reste toujours préférable à l'inaction -, il faut néanmoins se remettre en cause et faire davantage preuve de rigueur et d’analyse des faits réels, et non présupposés.

Deux proverbes, en guise de conclusion, devraient pouvoir aider à méditer sur les limites du rôle de l’économiste :

  • « un économiste est un expert qui saura parfaitement vous expliquer demain, pourquoi ce qu'il a prévu hier ne s'est pas passé aujourd'hui » (Kenneth Ewart Boulding, 1910-1993),
  • « un économiste, c'est quelqu'un qui ne sait pas de quoi il parle, et qui vous fait sentir que c'est de votre faute » (John Kenneth Galbraith, 1908-2006).

Gandhi, citoyen guinéen

« Dans tout État libre, chaque citoyen est une sentinelle de la liberté qui doit crier, au moindre bruit, à la moindre apparence du danger qui la menace ». (Robespierre, Discours sur la liberté de la presse, Mai 1791)

1http://guinee7.com/wp-content/uploads/2016/08/sondage-des-economistes-guineens.pdf

2http://guinee7.com/wp-content/uploads/2016/08/relance-economie.pdf

3 En France à titre de comparaison, un emploi au SMIC (1 144€ nets/mois) coûte grosso modo 20 000€/an, ce qui signifie qu'il faudrait 14 milliards d'€ pour les créer. En transposant à la Guinée avec un SMIC de 45€ nets/mois soit 540€ nets (hors cotisations) par an, arrondis à 800€ bruts annuels, on aboutit à un minimum de 560 millions d'€.

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Aboubacar Toumba arrêté au Sénégal

Le militaire guinéen Aboubacar Sidiki Diakité, dit « Toumba », a été arrêté à Dakar au Sénégal. C’est la section de recherches de la gendarmerie de la capitale qui a mené cette opération. Le commandant était en fuite depuis décembre 2009. Aide de camp de Daddis Camara, il avait tiré et blessé grièvement le président auto-proclamé. « Toumba » était aussi à l'époque, le chef de la garde présidentielle, les bérets rouges, accusés d’être responsables des massacres perpétrés dans le stade de Conakry le 28 septembre 2009. Le militaire faisait l’objet d’un mandat d’arrêt international. Précisions sur cette arrestation après 7 années de cavale.

La filature a duré un mois. Douze membres de la section de recherches de la gendarmerie ont travaillé 24 heures sur 24. « Toumba », très discret, vivait à Dakar dans quartier bourgeois difficilement accessible à deux pas de la grande statue de la Renaissance.

Le fugitif avait pris du poids, il était donc difficilement reconnaissable et utilisait un permis guinéen au nom d’Aboubacar Barry pour passer les contrôles. Dès son arrestation, Aboubacar Diakité a reconnu son identité, confirmée par des documents retrouvés dans l’appartement qu’il louait.

Emmené à la caserne Samba Diery Diallo, « Toumba » a été interrogé durant tout le week-end. Coopératif, il a néanmoins refusé d’expliquer comment il vivait au Sénégal et s’il avait notamment des complicités ou des appuis extérieurs. Il a été présenté lundi après-midi 19 décembre devant un juge est une procédure est ouverte. Les autorités judiciaires de Guinée-Conakry devraient rapidement se rapprocher du Sénégal pour demander son extradition.

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Gabon : Jean Ping s’autoproclame président, cependant qu’il est fortement question de recompter le scrutin..

Jean Ping a donné une conférence de presse, vendredi. Il réclame un recomptage des voix.   
Jean Ping a donné une conférence de presse, vendredi. Il réclame un recomptage des voix.         Crédits : STEVE JORDAN / AFP    

« Le monde entier sait qui est le président de la République : c’est moi, Jean Ping », a affirmé, vendredi 2 septembre, l’adversaire d’Ali Bongo à la présidentielle gabonaise, lors d’une conférence de presse tenue à son domicile de Libreville. Il réclame un recomptage des voix bureau de vote par bureau de vote.

        Lire aussi :                              Jean Ping : « Qu’Ali Bongo cesse de tuer le peuple gabonais ! »    

« En tant que président élu, je suis naturellement très préoccupé par la situation de notre pays qui évolue vers un chaos généralisé. Aussi j’en appelle à la responsabilité des uns et des autres, afin que le pays retrouve le chemin de l’apaisement », a dit Jean Ping lors de sa première prise de parole depuis la victoire annoncée d’Ali Bongo, le 31 août. Et d’ajouter : « Je sais que l’apaisement ne peut survenir que si la vérité des urnes (…) est rétablie et respectée sur la base du comptage des voix, bureau de vote par bureau de vote tel que nous le souhaitons. »

Il a rappelé qu’il s’agissait d’une exigence formulée par « le Conseil de sécurité des Nations unies, l’Union européenne, l’Union africaine, la France et les Etats-Unis ».

Le pouvoir gabonais refuse catégoriquement ce recomptage, invoquant la loi électorale du pays, qui ne prévoit pas une telle procédure.

Les leaders de l’opposition relâchés vendredi soir

Assis en bout de table, dans une allocution très solennelle, Jean Ping s’exprimait face à des partisans et des leaders de l’opposition relâchés peu de temps avant. Une vingtaine d’entre eux était retenue par les forces de l’ordre à son quartier général depuis jeudi matin. Ce dernier avait alors été pris d’assaut.

        Lire aussi :                              Mal élu, Ali Bongo réprime sans ménagement    

Après plus de trente-six heures et une intervention de la France, les autorités gabonaises ont finalement autorisé ces leaders de l’opposition, dont un ancien vice-président et deux anciens ministres, à repartir vendredi soir. Ils se sont alors rendus au domicile de M. Ping.

Ce dernier a remercié « solennellement nos amis de toujours à l’extérieur comme à l’intérieur du Gabon pour leur appui au renforcement de la démocratie dans notre pays ».

Lire aussi :                              Bongo le Second : un braquage à la gabonaise    

Les Gabonais ont voté le 27 août pour désigner leur président lors d’un scrutin à un tour. Mercredi en fin de journée, la commission électorale a annoncé la victoire du chef de l’Etat sortant, Ali Bongo Ondimba, avec 49,80 % des voix M. Ping (48,23 %).

Depuis l’annonce de la réélection de M. Bongo, le pays est en proie à des troubles ayant fait au moins cinq mort

 

Au Gabon, un scrutin à recompter

Des policiers dans les rues de Libreville, le 2 septembre.   
Des policiers dans les rues de Libreville, le 2 septembre.         Crédits : MARCO LONGARI / AFP    

Editorial du « Monde ». Normalement, le million et demi d’habitants du Gabon devraient vivre dans la richesse, santé et emploi garantis. Ce petit Etat d’Afrique centrale est l’une des grandes puissances pétrolières du continent – une sorte de Koweït africain. Mais les deux tiers des Gabonais vivent dans la pauvreté. Au fond, ce qu’il y a de plus tragique en ce lendemain d’élection présidentielle au Gabon, c’est cet arrière-plan politico-économique : la permanence d’un « système » qui entretient la misère.

Et sans doute faut-il attribuer une partie de la colère qui s’est emparée de nombre de Gabonais à l’issue de l’élection présidentielle du samedi 27 août à un sentiment d’impuissance face à un état de fait qui ne devrait pas être. La violence des manifestations et des combats de rue de ces quatre derniers jours à Libreville, la capitale, dépasse la seule contestation des résultats du scrutin. Elle témoigne d’un gros coup de ras-le-bol.

        Lire aussi : Ali Bongo réélu, le Gabon bascule dans la violence    

L’élection mettait en lice deux caciques du régime. D’un côté, Ali Bongo Ondimba, 57 ans, fils d’Omar Bongo, qui « dirigea » le pays quarante ans durant. M. Bongo Ondimba, élu une première fois en 2009, avait déjà vu ce résultat assez largement contesté. En face, son ancien beau-frère, plusieurs fois ministre du temps du président Omar Bongo, Jean Ping, 73 ans, décidé à en finir avec la dynastie régnante. Quelque 700 000 électeurs ont voté le 27 août, sous haute surveillance internationale. Mercredi soir, les résultats officiels donnaient la victoire à M. Bongo Ondimba : 49,80 % des voix, contre 48,23 % à son adversaire.

Prévarication et corruption

Score immédiatement contesté par l’opposition qui réclame un recomptage des votes et dont nombre de partisans sont descendus dans la rue. Emeutes, pillages, affrontements avec les forces de l’ordre, incendie partiel de l’Assemblée nationale, cinq morts au moins et des centaines d’interpellations : Libreville vit dans le chaos. Le QG de M. Ping est cerné par des troupes, qui retiennent en otage une bonne partie des dirigeants de l’opposition. Nombre d’observateurs internationaux s’étonnent de la façon dont le scrutin s’est déroulé dans le fief de la famille Bongo. Il y a matière à contestation.

Longtemps complice du « système » de prévarication et de corruption qui tient lieu de gouvernance à Libreville, la France s’est cette fois alignée sur la position de l’Union européenne : il faut republier les résultats, bureau par bureau. Le Conseil de sécurité de l’ONU a fait part de sa « profonde préoccupation ». M. Bongo Ondimba – qui, durant sept ans, a été assez largement incapable de rompre avec le « système » – ne veut rien entendre.

        Lire aussi :                              Gabon : Paris appelle à la transparence des résultats à la présidentielle    

Que faire ? L’Union européenne se défie de toute ingérence directe. Elle aimerait que les organisations régionales, notamment l’Organisation africaine, fassent pression sur M. Bongo Ondimba et imposent ce recomptage des votes. Mais l’Organisation, au nom du sacro-saint principe de souveraineté, semble s’y refuser.

Solidarité mal comprise entre dirigeants africains ? C’est pourtant à eux qu’il revient de jouer franchement le jeu de la démocratie, de savoir quitter le pouvoir, d’interrompre ces lignées dynastiques – particulièrement en Afrique centrale – dans lesquelles une population africaine, jeune, urbaine et dynamique ne peut pas se reconnaître. Un vrai homme d’Etat se juge à son aptitude à céder la direction de l’Etat, justement. La longévité au pouvoir est le signe d’une « mal gouvernance » synonyme de corruption.2006.

Le Monde

 

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/afrique/article/2016/09/02/jean-ping-affirme-etre-le-president-du-gabon_4991890_3212.html#SARzplxdlA0y5hoA.99
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