Les Ivoiriennes et la Beauté : "il faut frapper !" (Vidéo Le Monde)

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La chanteuse Nneka : « Je suis la voix des femmes oppressées » (Vidéo Le Monde)

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Documentaire. «Mbëkk mi»: elles racontent leurs hommes, immigrés clandestins (Médiapart, vidéo)

Ce sont les épouses, les sœurs, les mères qui parlent. Toutes ont un être cher parti sur les chemins clandestins de l’émigration. Face à la caméra de Sophie Bachelier, elles décrivent sobrement l’absence, l’angoisse, le sentiment d’abandon et le deuil parfois. Documentaire à voir en intégralité sur Mediapar

Dix femmes, dix témoignages, dix histoires d'immigration clandestine racontées par celles qui sont restées à terre, attendant leur fils, leur mari, leur frère parti un jour en pirogue pour tenter de joindre l'Europe. Le parti pris de la documentariste Sophie Bachelier permet d'entendre un autre récit de l'émigration, où la misère, la colère et la peine se disent dans une parole tout en retenue.

Documentaire "Mbëkk mi" © Sophie Bachelier

Documentaire de 54 minutes sorti en salle en 2012 // Réalisation, Sophie Bachelier // Ce film a reçu la mention spéciale du Jury “Anna Politkovskaïa” du meilleur long métrage documentaire du 35e Festival de films de femmes de Créteil et du Val-de-Marne.

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Chaque mois, Mediapart met en ligne un documentaire intégral choisi dans une sélection faite par Images en bibliothèques. Ces films sont à disposition de nos abonnés pendant trois mois.

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A GOMA, SOUS LE CHAPITEAU DE LA JUSTICE CONTRE LE VIOL

Affiche appelant à déposer plainte contre les violences sexuelles dans une des artères principales de Goma, en juin 2016.

Jeanne a enfilé une sorte de burqa confectionnée dans un tissu de wax bleu pour dissimuler tout ce qui pourrait fournir le moindre indice de son identité. Puis, accompagnée de son avocate, elle s’est rendue au tribunal pour témoigner. Pas un tribunal ordinaire fait de murs et d’un toit, mais un chapiteau de toile verte, ouvert aux quatre vents, planté au centre de Kiwanja, un gros bourg rural du département de Rutshuru, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC).

Lire aussi : Le réquisitoire du docteur Mukwege contre « la barbarie » dans l’est du Congo-Kinshasa

Face aux juges militaires et aux hommes qui l’avaient violée, la jeune fille de 17 ans, originaire d’un village situé à quelques kilomètres de là, a décrit ses deux jours de calvaire dans la brousse avec les autres femmes kidnappées. Comme elles, Jeanne* était juste partie au champ et à la rivière pour prendre de l’eau.

« Audiences foraines »

Le 14 juin, après quatorze jours de procès durant lesquels, outre son cas, 28 autres affaires étaient traitées, le verdict est tombé. Onze condamnations à mort et quatre acquittements, énoncés par un magistrat en treillis debout devant une table en bois recouverte du drapeau congolais.

« Je suis soulagée que mes bourreaux soient condamnés. Je me sens plus calme même si, maintenant, il est difficile de rester vivre dans mon village. Je suis devenue un sujet de moquerie. » Et la peur n’a pas disparu.

« Tous n’ont pas été arrêtés. Ils peuvent revenir. Avec l’argent des enlèvements, ils ont des armes, de la drogue, de l’alcool et ils font n’importe quoi.  »

Pour raconter son histoire, Jeanne est venue par sécurité à Goma dans la clinique juridique créée par l’ONG Dynamique des femmes juristes. C’est ici qu’elle a trouvé le soutien pour aller jusqu’au bout de cette procédure débutée peu de temps après les faits, en janvier. En plus d’une avocate, elle a reçu l’assistance d’une psychologue et a pu voir un médecin à l’hôpital Heal Africa. « J’ai décidé deporter plainte parce que je n’étais plus contente, je n’étais plus joyeuse », explique t-elle avec ses mots d’adolescente, dans une pièce privée de lumière par une coupure d’électricité, les deux mains sagement posées sur ses genoux.

Lire aussi : Des avocats dénoncent « l’impunité pour les violeurs » en RDC

Sa protection et les frais liés à la procédure (avocat, transport, hébergement), sans oublier l’histoire qu’il a fallu inventer pour justifier son absence, ont été assurés par les Nations unies dans le cadre de la politique de lutte contre l’impunité dans l’est de la RDC. Les « audiences foraines », qui permettent de délocaliser le tribunal de Goma, chef-lieu administratif du Nord-Kivu, sont censées améliorerl’accès à la justice et la perception qu’en a la population, otage depuis plus de vingt ans des conflits régionaux, des bandes armées, avec les crimes de masse qui les accompagnent. Les femmes en sont les premières victimes. Tout comme elles sont les premières victimes des agressions individuelles qui se multiplient.

SEULEMENT 22 % DES PERSONNES INTERROGÉES FONT CONFIANCE AUX AUDIENCES FORAINES ET MOINS ENCORE AUX TRIBUNAUX MILITAIRES POUR ASSURER UNE JUSTICE ÉQUITABLE

L’étude publiée en juin 2015 par des chercheurs de Harvard Humanitarian Inititiative donne une idée du chemin à parcourir pour que les citoyens se sentent protégés : dans le Rutshuru, seulement 22 % des personnes interrogées font confiance aux audiences foraines et 19 % aux tribunaux militaires pour leur assurer une justice équitable. Masiala Mulahuko, qui dirige le programme d’appui à la justice de transition dans l’est de la RDC pour le Programme des Nations unies pour le développement(PNUD), en est conscient : « Il existe une immense défiance, mais les efforts réalisés pour améliorer la situation commencent à être perçus. »

Plus de condamnations

Les raisons de cette défiance sont nombreuses : auteurs de viols notoirement connus laissés en liberté, mystérieuses évasions de prévenus à la veille des procès, indulgence des juges à l’égard des soldats des Forces armées de la République démocratique de Congo (FARDC). A cela s’ajoute le fait que, à de rares exceptions, les victimes doivent payer pour déposer plainte.

Le bilan de quelques procès emblématiques a aussi laissé des traces dans les esprits. Comme celui de Minova (Sud-Kivu) impliquant 39 militaires issus de six garnisons de l’armée congolaise dans le viol d’au moins 76 femmes et enfants en novembre 2012. Après six mois d’instruction et quarante jours d’audience, seuls deux sans-grade ont été condamnés en 2014. Les officiers ont tous été acquittés.

« La situation s’est améliorée. Il y a plus de dénonciations, plus de condamnations aussi. Le personnel judiciaire est mieux formé et dispose de plus de moyens pour instruire les dossiers », tempère MeCharles Guy Makongo, qui dirige l’Initiative pour l’Etat de droit de l’Association du barreau américain (ABA) à Goma. Il faisait partie des avocats des parties civiles à Minova. L’ABA, avec sa trentaine d’avocats, a assisté environ 20 000 victimes depuis 2008.

L’unité de police judiciaire de Goma pour la protection de l’enfance et la lutte contre les violences sexuelles est l’un des rares endroits où les victimes peuvent déposer plainte gratuitement.

Certes les condamnations tombent. Et même, comme à Kiwanja, plus dures que ne le voudraient les fonctionnaires onusiens embarassés par les sentences de peine de mort, même si elles ne sont pas appliquées en vertu d’un moratoire. « La RDC a ratifié des conventions internationales qui bannissent la peine capitale », rappelle Masiala Mulahuko, du PNUD. Le ministère public fera appel pourtenter de « corriger » la condamnation.

« Ces procès ne sont pas équitables. Beaucoup d’accusés se voient désigner un avocat qu’ils n’ont même pas eu le temps de voir avant le procès. On a l’impression que ce qui compte, c’est decondamner pour montrer qu’il n’y a pas d’impunité », déplore Me Olivier, du barreau de Goma. Me Moreau Shamanda a assisté les prévenus de Kiwanja :

« J’ai été nommé un mois avant le début du procès. J’ai eu le temps de voir chacun des quinze prévenus deux fois. Mais, lorsqu’il y a six chefs d’accusation dont celui de crime contre l’humanité, c’est court pour préparer une défense de qualité. »

L’ONU est sensible à la critique. « Nous veillons à ce que les procès se déroulent dans de bonnes conditions. Les prévenus qui n’ont pas les moyens de financer leur défense sont aussi pris en charge », explique Hanan Talbi, qui dirige l’unité spécialisée de protection des victimes et des témoins de la Mission des Nations unies pour la stabilisation en RDC (Monusco).

Lire aussi : Emotion et révolte après la diffusion au Congo de « L’homme qui répare les femmes »

Cellules aux normes

La fonctionnaire en poste depuis quatre ans dans le pays considère que « c’est avec des dossiers massifs dans lesquels les chefs seront condamnés qu’il sera possible de changer les mentalités. Cela doit aussi permettre de produire une jurisprudence dont nous avons besoin ». Dix-sept dossiers à traiter en priorité ont été sélectionnés avec l’aide de l’International Center for Transitionnal Justice (ICTJ) pour l’ensemble de la RDC. La majorité se trouve dans le Nord et le Sud-Kivu. Quatre dépendent de Goma.

C’est aussi une question de moyens. La RDC n’a pas le moindre dollar pour mettre sur pied et faire fonctionner cette machine judiciaire. Du transport du juge au stylo de l’officier judiciaire en passant par l’avocat de la victime, tout dépend de financements extérieurs.

Vitrine de cette « nouvelle justice » que s’efforcent de porter les bailleurs internationaux : l’unité de police judiciaire de Goma pour la protection de l’enfance et la lutte contre les violences sexuelles. Soixante personnes, dont huit femmes, formés aux techniques d’investigation, à la rédaction des procès-verbaux et au fichage des suspects.

« Nous avons les meilleurs officiers de police judiciaire de la police nationale du Congo. Les gens font des kilomètres pour venir se plaindre, gratuitement, ici », affirme fièrement le colonel Marie Bagalet. Dans la cour, un auvent a été construit où des dizaines de personnes attendent à l’abri du soleil. « Nous sommes presque les seuls à avoir quatre cellules aux normes », poursuit-elle. Mais ce matin de juin, les cellules sont vides. La fosse septique est bouchée, il n’y a pas d’eau. L’odeur est trop forte pour laisser les prisonniers enfermés dans une des cellules sans ouverture, et d’où les paillasses ont disparu lors d’un pillage en 2012. Le colonel attend que les Nations unies envoient le plombier.

*Le prénom a été modifié.



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150 femmes entrepreneures du monde entier se sont retrouvées au Cap

«  Les femmes présentes au DWEN sont incitées à partager leurs meilleures pratiques, à réfléchir à la façon de concilier bénéfices et impact social, à se créer des opportunités professionnelles pour franchir une nouvelle étape dans le développement de leur activité » (Photo: lors du sommet DWEN, au Cap).

Convaincue que l’entrepreneuriat féminin joue un rôle de plus en plus significatif sur le développement économique et représente une part importante de la création de valeur au niveau mondial, Dell a constitué depuis 2009 un réseau de femmes chefs d’entreprises dans les pays où la société est présente. En France, elles sont ainsi une vingtaine, à la tête de TPE/PME, réalisant entre 2 et 10 millions de chiffre d’affaires.

En plus d’événements nationaux, le groupe informatique texan organise chaque année une conférence mondiale pour les réunir. « Le Sommet DWEN a pour vocation d’aider les femmes entrepreneures à mobiliser les réseaux et les ressources indispensables pour concrétiser et développer leurs idées. Chaque année, la puissance de ce réseau et les contacts établis sont une réelle source d’inspiration », indique Karen Quintos, senior vice president and chief marketing officer de Dell.

Après Berlin, New Delhi, Dublin, Istanbul ou Rio de Janeiro, la ville du Cap a été choisie pour l’édition 2016. Le continent africain, dont la population est la plus jeune au monde avec une forte démographie, est aujourd’hui considéré comme l’un des premiers viviers de talents. En Afrique du Sud, la société est encore très patriarcale et dominée par les blancs.

Cependant depuis quelques années, les choses évoluent. Lindiwe Zulu, ministre sud-africaine du développement des petites entreprises, a ainsi présenté les lois et programmes mis en place pour favoriser l’entrepreneuriat féminin. Vivian Kleynhans, à la tête de Seven Sisters Wine, l’un des rares vignobles appartenant à des noirs et basé à Stellenbosch, est venue raconter son parcours semé d’embûches. Aujourd’hui, elle exporte dans le monde entier et elle a invité les femmes à oser entreprendre.

Paris en 9e position

Dell a également profité de cet événement pour présenter les conclusions de l’étude mondiale « 2016 Women Entrepreneur Cities Index », qui vise à évaluer le potentiel des villes pour attirer les femmes entrepreneures et les accompagner dans le développement de leurs entreprises. Soixante-dix indicateurs ont été pris en compte, parmi lesquels l’environnement économique et universitaire, la présence de rôles modèles ou de mentors, le nombre de structures d’accompagnement à la création d’entreprise, le taux d’emploi des femmes, le nombre de réseaux féminins…

Parmi les vingt-cinq villes apparaissant dans le classement, New York arrive à la première place, devant San Francisco, Londres, Stockholm et Singapour. Paris n’arrive qu’en neuvième position.

Si la capitale française dispose de nombreux atouts, elle est plus en retard concernant les capacités de financement ou la technologie. L’accès au capital demeure le problème numéro un des femmes entrepreneures même si les chiffres montrent une légère embellie.

A travers cet événement, l’objectif de Dell est d’aider ces femmes à la tête de TPE/PME à se constituer un réseau mondial, à obtenir une visibilité médiatique, à faciliter la mise en relation avec des investisseurs, des mentors ou des partenaires et à accéder à la technologie qui peut favoriser la croissance de leur activité (base de données, système de sécurité, architecture produit…).

« J’ai noué plusieurs contacts intéressants, témoigne l’américaine Kirsten Dickerson, fondatrice et CEO de Raven + Lilly, une marque éthique de bijoux et de vêtements qui fait travailler 1 500 femmes défavorisées au Kenya, Ethiopie, Cambodge, Guatemala… J’ai aimé être inspirée par des femmes fortes et talentueuses venant du monde entier. Par ailleurs, plusieurs médias ont été intéressés par ma démarche. C’était inattendu, mais bienvenu ! ».

Partage des meilleures pratiques

Pour Marilyn Nguemo, à la tête d’une entreprise camerounaise qui propose des services de secrétariat et de rédaction aux entreprises à distance, ce furent deux jours d’opportunités. « Le directeur général de Dell Afrique du Sud a accepté de me servir de mentor et j’ai pu rencontrer Leila Janeh, pionnière de l’impact sourcing avec Sama, qui a inspiré la création de mon entreprise et avec qui nous envisageons des collaborations. J’ai également rencontré des potentiels clients en Australie, à Toronto et à New York. En échange, j’ai proposé à Vivian Kleynhans de l’aider à trouver des partenaires au Cameroun. Bref, j’ai noué plein de contacts utiles et j’envisage déjà revenir à la prochaine édition ! ».

Lors des différentes présentations, débats, sessions interactives et ateliers, les femmes présentes au DWEN sont incitées à partager leurs meilleures pratiques, à réfléchir à la façon de concilier bénéfices et impact social, à se créer des opportunités professionnelles concrètes pour franchir une nouvelle étape dans le développement de leur activité. Plusieurs figures entrepreneuriales inspirantes sont venues raconter leur parcours, à l’instar de Jane Wurwand, fondatrice de Dermalogica, tandis que Cherie Blair a présenté sa fondation destinée à promouvoir et à faciliter l’entrepreneuriat féminin.

Comme dans tous ces grands événements, le principal se déroule pendant les pauses et les moments conviviaux. C’est là que s’échangent les cartes de visite, que se nouent les conversations d’abord amicales puis professionnelles. Pour faciliter les échanges et la mise en réseau, Dell a créé un groupe fermé sur LinkedIn et a lancé une application spécifique pour l’événement.

Partenariats et levées de fonds

Deux entrepreneures françaises faisaient partie du voyage : Stéphanie Cardot, à la tête de To Do Today, une entreprise de 180 personnes spécialisée dans la conciergerie d’entreprise et Caroline Lamaud, cofondatrice d’Anaxago, une plate-forme de financement participatif dédiée aux start-up et PME de croissance, et qui emploie une trentaine de personnes.

« Il existe beaucoup de réseaux et d’initiatives pour les créatrices d’entreprise, remarque Stéphanie Cardot, mais beaucoup moins de choses pour les entreprises en phase de développement, avec déjà plusieurs salariés. Or quand on arrive à un certain niveau de croissance, on a besoin de conseils et de réseaux pour nouer des partenariats, lever des fonds, réfléchir à sa stratégie. Je repars du Cap avec des contacts dans des villes où je souhaite m’implanter et avec idées de partenariats dans des pays auxquels je n’avais pas forcément pensé ».

Enfin, Dwen avait invité pour la seconde fois une vingtaine de jeunes filles entre 12 et 17 ans à assister aux conférences et à des ateliers dédiés. La moitié d’entre elles venaient de Christel House, une école située au Cap qui accueille des enfants des townships les plus pauvres. Ce lieu leur donne accès à des cours, à l’opportunité de poursuivre des études supérieures, à des soins de santé et constitue avant tout un lieu de vie préservé par rapport à un environnement très défavorisé.

Jeune texane de 11 ans

Durant ces deux jours, elles ont été initiées à l’entrepreneuriat, aux réseaux sociaux, au marketing, à des notions financières. Elles ont également pu rencontrer la plus jeune entrepreneure de DWEN, Mikaila Ulmer. Cette jeune texane de 11 ans a eu une idée toute simple mais efficace : créer des limonades artisanales à base de miel, de figues ou de gingembre.

Après une première levée de fonds de 60 000 dollars grâce à une émission télévisée, elle vient de signer un contrat de plusieurs millions de dollars avec les magasins bio de la chaîne Whole Foods pour vendre son produit Bee Sweet Lemonade. La jeune fille reverse une partie des revenus tirés des ventes à des associations pour la protection des abeilles.

Tout au long de ce sommet, ces femmes ont eu à cœur de montrer que concilier business et sens constituait un formidable levier de développement.



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