150 femmes entrepreneures du monde entier se sont retrouvées au Cap

«  Les femmes présentes au DWEN sont incitées à partager leurs meilleures pratiques, à réfléchir à la façon de concilier bénéfices et impact social, à se créer des opportunités professionnelles pour franchir une nouvelle étape dans le développement de leur activité » (Photo: lors du sommet DWEN, au Cap).

Convaincue que l’entrepreneuriat féminin joue un rôle de plus en plus significatif sur le développement économique et représente une part importante de la création de valeur au niveau mondial, Dell a constitué depuis 2009 un réseau de femmes chefs d’entreprises dans les pays où la société est présente. En France, elles sont ainsi une vingtaine, à la tête de TPE/PME, réalisant entre 2 et 10 millions de chiffre d’affaires.

En plus d’événements nationaux, le groupe informatique texan organise chaque année une conférence mondiale pour les réunir. « Le Sommet DWEN a pour vocation d’aider les femmes entrepreneures à mobiliser les réseaux et les ressources indispensables pour concrétiser et développer leurs idées. Chaque année, la puissance de ce réseau et les contacts établis sont une réelle source d’inspiration », indique Karen Quintos, senior vice president and chief marketing officer de Dell.

Après Berlin, New Delhi, Dublin, Istanbul ou Rio de Janeiro, la ville du Cap a été choisie pour l’édition 2016. Le continent africain, dont la population est la plus jeune au monde avec une forte démographie, est aujourd’hui considéré comme l’un des premiers viviers de talents. En Afrique du Sud, la société est encore très patriarcale et dominée par les blancs.

Cependant depuis quelques années, les choses évoluent. Lindiwe Zulu, ministre sud-africaine du développement des petites entreprises, a ainsi présenté les lois et programmes mis en place pour favoriser l’entrepreneuriat féminin. Vivian Kleynhans, à la tête de Seven Sisters Wine, l’un des rares vignobles appartenant à des noirs et basé à Stellenbosch, est venue raconter son parcours semé d’embûches. Aujourd’hui, elle exporte dans le monde entier et elle a invité les femmes à oser entreprendre.

Paris en 9e position

Dell a également profité de cet événement pour présenter les conclusions de l’étude mondiale « 2016 Women Entrepreneur Cities Index », qui vise à évaluer le potentiel des villes pour attirer les femmes entrepreneures et les accompagner dans le développement de leurs entreprises. Soixante-dix indicateurs ont été pris en compte, parmi lesquels l’environnement économique et universitaire, la présence de rôles modèles ou de mentors, le nombre de structures d’accompagnement à la création d’entreprise, le taux d’emploi des femmes, le nombre de réseaux féminins…

Parmi les vingt-cinq villes apparaissant dans le classement, New York arrive à la première place, devant San Francisco, Londres, Stockholm et Singapour. Paris n’arrive qu’en neuvième position.

Si la capitale française dispose de nombreux atouts, elle est plus en retard concernant les capacités de financement ou la technologie. L’accès au capital demeure le problème numéro un des femmes entrepreneures même si les chiffres montrent une légère embellie.

A travers cet événement, l’objectif de Dell est d’aider ces femmes à la tête de TPE/PME à se constituer un réseau mondial, à obtenir une visibilité médiatique, à faciliter la mise en relation avec des investisseurs, des mentors ou des partenaires et à accéder à la technologie qui peut favoriser la croissance de leur activité (base de données, système de sécurité, architecture produit…).

« J’ai noué plusieurs contacts intéressants, témoigne l’américaine Kirsten Dickerson, fondatrice et CEO de Raven + Lilly, une marque éthique de bijoux et de vêtements qui fait travailler 1 500 femmes défavorisées au Kenya, Ethiopie, Cambodge, Guatemala… J’ai aimé être inspirée par des femmes fortes et talentueuses venant du monde entier. Par ailleurs, plusieurs médias ont été intéressés par ma démarche. C’était inattendu, mais bienvenu ! ».

Partage des meilleures pratiques

Pour Marilyn Nguemo, à la tête d’une entreprise camerounaise qui propose des services de secrétariat et de rédaction aux entreprises à distance, ce furent deux jours d’opportunités. « Le directeur général de Dell Afrique du Sud a accepté de me servir de mentor et j’ai pu rencontrer Leila Janeh, pionnière de l’impact sourcing avec Sama, qui a inspiré la création de mon entreprise et avec qui nous envisageons des collaborations. J’ai également rencontré des potentiels clients en Australie, à Toronto et à New York. En échange, j’ai proposé à Vivian Kleynhans de l’aider à trouver des partenaires au Cameroun. Bref, j’ai noué plein de contacts utiles et j’envisage déjà revenir à la prochaine édition ! ».

Lors des différentes présentations, débats, sessions interactives et ateliers, les femmes présentes au DWEN sont incitées à partager leurs meilleures pratiques, à réfléchir à la façon de concilier bénéfices et impact social, à se créer des opportunités professionnelles concrètes pour franchir une nouvelle étape dans le développement de leur activité. Plusieurs figures entrepreneuriales inspirantes sont venues raconter leur parcours, à l’instar de Jane Wurwand, fondatrice de Dermalogica, tandis que Cherie Blair a présenté sa fondation destinée à promouvoir et à faciliter l’entrepreneuriat féminin.

Comme dans tous ces grands événements, le principal se déroule pendant les pauses et les moments conviviaux. C’est là que s’échangent les cartes de visite, que se nouent les conversations d’abord amicales puis professionnelles. Pour faciliter les échanges et la mise en réseau, Dell a créé un groupe fermé sur LinkedIn et a lancé une application spécifique pour l’événement.

Partenariats et levées de fonds

Deux entrepreneures françaises faisaient partie du voyage : Stéphanie Cardot, à la tête de To Do Today, une entreprise de 180 personnes spécialisée dans la conciergerie d’entreprise et Caroline Lamaud, cofondatrice d’Anaxago, une plate-forme de financement participatif dédiée aux start-up et PME de croissance, et qui emploie une trentaine de personnes.

« Il existe beaucoup de réseaux et d’initiatives pour les créatrices d’entreprise, remarque Stéphanie Cardot, mais beaucoup moins de choses pour les entreprises en phase de développement, avec déjà plusieurs salariés. Or quand on arrive à un certain niveau de croissance, on a besoin de conseils et de réseaux pour nouer des partenariats, lever des fonds, réfléchir à sa stratégie. Je repars du Cap avec des contacts dans des villes où je souhaite m’implanter et avec idées de partenariats dans des pays auxquels je n’avais pas forcément pensé ».

Enfin, Dwen avait invité pour la seconde fois une vingtaine de jeunes filles entre 12 et 17 ans à assister aux conférences et à des ateliers dédiés. La moitié d’entre elles venaient de Christel House, une école située au Cap qui accueille des enfants des townships les plus pauvres. Ce lieu leur donne accès à des cours, à l’opportunité de poursuivre des études supérieures, à des soins de santé et constitue avant tout un lieu de vie préservé par rapport à un environnement très défavorisé.

Jeune texane de 11 ans

Durant ces deux jours, elles ont été initiées à l’entrepreneuriat, aux réseaux sociaux, au marketing, à des notions financières. Elles ont également pu rencontrer la plus jeune entrepreneure de DWEN, Mikaila Ulmer. Cette jeune texane de 11 ans a eu une idée toute simple mais efficace : créer des limonades artisanales à base de miel, de figues ou de gingembre.

Après une première levée de fonds de 60 000 dollars grâce à une émission télévisée, elle vient de signer un contrat de plusieurs millions de dollars avec les magasins bio de la chaîne Whole Foods pour vendre son produit Bee Sweet Lemonade. La jeune fille reverse une partie des revenus tirés des ventes à des associations pour la protection des abeilles.

Tout au long de ce sommet, ces femmes ont eu à cœur de montrer que concilier business et sens constituait un formidable levier de développement.