La Haute Autorité de la Communication dans les bas-fonds d’une gouvernance tempétueuse

Instance de régulation des médias, la HAC, avec Martine Condé au gouvernail, semble sombrer en haute mer dans une détresse telle que notre tout nouveau sémaphore « offert » par François Hollande préfèrerait s’occuper des pirates de mer, sa véritable vocation.


Depuis sa création sous le nom de CNC (Conseil National de la Communication) devenue en 2015 la HAC (Haute Autorité de la Communication), l’instance de régulation de la communication dans les médias n’avait jamais connu un tel soubresaut qu’au magister de Martine Condé, présidente de ladite instance. Même sous le règne du CNDD, quand l’opinion publique accusait les militaires d’avoir imposé une gestion.. militaire des affaires de l’Etat, les citoyens et les professionnels des médias vouaient un respect religieux pour l’institution.

Mais dès l’arrivée de Martine Condé aux commandes, tout a été chamboulé. Pour commencer, Martine Condé n’accordait aucune considération aux conseillers du CNC de telle sorte que, ce n’est qu’un exemple parmi dix, Ibrahima Bah alias Mao, technicien des médias, était relégué au second plan derrière Kalifa Condé, cinéaste de son était, sans aucun critère. Toutes les missions auprès des instances de régulation d’Afrique de l’ouest étaient faites par ce cinéaste. Durant cinq longues années, de 2011 à 2015, Martine Condé n’a fait que diviser pour régner. En écartant arbitrairement les techniciens des médias au profit des  médiocres.


Après le départ des conseillers à la retraite, est venue la Haute Autorité de la Communication. Avec une procédure d’installation minée par des coups fourrés, à tel point que c’est un huissier de justice et le chargé des relations avec les institutions républicaines qui ont pu présider les élections, en lieu et place de la Cour Constitutionnelle, non encore installée. Tout de même, il faut saluer la nomenclature des cadres désignés pour composer la Haute Autorité de la Communication, dont la majeure partie de l’équipe est constituée des diplômés de nos universités. Ce dont devrait pourtant s’enorgueillir la présidente de la HAC : elle avait sous la main et dans la gestion des affaires de son institution, des techniciens d’un haut niveau intellectuel.


Hélas, cela n’a pas été le cas. Puisque, Martine Condé leur a imposé une gestion du type solitaire, où tout part d’elle et aboutit à elle. Rarement, il arrivait que son secrétaire général et son DAF soient sollicités pour apporter leur grain de sel à ses affaires. Au fil du temps, les commissaires se sont vus systématiquement écartés de toutes les prises de décisions. Et sans aucune concertation, elle prenait ses décisions. même si parfois cela était mal apprécié par la présidence de la république.

Martine Condé accusée de gestion calamiteuse

Vu la gestion solitaire jugée inadmissible,  surtout au niveau des prises de certaines décisions et la gestion financière de l’institution, les 9 commissaires sur les 10 que compte la HAC, ont adressé une correspondance à Martine Condé lui demandant de convoquer une plénière extraordinaire en vue de débattre certains problèmes qui minent l’instance de régulation de la communication dans les médias. Puisque cela faisait bien longtemps qu’il n’y avait pas eu une session plénière, alors qu’elle devait être hebdomadaire.

Considérant le niet catégorique de Martine Condé opposée à leurs nombreuses sollicitations, les commissaires ont décidé une sortie médiatique. C’est Joachim Baba Millimono qui entame les premiers débats, suivi des autres. Pour leur faire la tête dure, Martine intime à sa garde rapprochée l’ordre de vider M. Joachim de son bureau. Mais l’argument avancé par ce dernier a pu convaincre le gendarme, qui a fini par céder à refuser cet ordre.
Quelques jours après, Martine Condé fait venir un huissier de justice et un gendarme en vue de mettre Joachim dehors. Leur entretien a permis à ces deux messieurs de sortir sans être convaincus par les arguments de la présidente de la HAC. Mais ce n’est pas tout. Car, la troisième tentation a été celle d’une plainte formulée par Martine Condé contre Joachim Baba Millimono à la DPJ (Direction de la Police Judiciaire) pour faux et usage de faux.

En professionnel averti, le commissaire de la HAC répond à cette convocation. Après, ledit dossier est transféré à la justice où les deux citoyens sont appelés à comparaitre devant le juge du tribunal de première instance de Kaloum.  Là où le bât blesse dans ce dossier, c’est le report en report qui n’en finit pas, de ce dossier. Mais un peu avant tout cela, les commissaires avaient saisi le ( )le ministre à la présidence chargé des relations avec les institutions républicaines. Dans leur entretien avec Mohamed Lamine Fofana puisqu’il s’agit de lui, ils ont évoqué leur mise à l’écart totale par Martine Condé dans toutes les prises de décisions. Pire, ils ont dit avoir récusé le projet de budget 2016 puisqu’ils ont été mis à l’écart lors des discussions pour son élaboration et le cas échéant, son adoption. Par ailleurs, ils ont dénoncé avec vigueur, le voyage d’études en Chine, que Martine Condé a fait bénéficier à son fils au compte de la HAC.

HAC : la main suspecte de Mohamed Lamine Fofana

Chargé à la présidence de la république des relations avec les institutions républicaines, Mohamed Lamine Fofana est juriste de formation et de profession. C’est à ce titre et pour cette marque de confiance que le Pr. Alpha Condé lui a confié ce poste stratégique.
Il a pour mission de régler les éventuels problèmes qui pourraient surgir entre les institutions républiques, surtout en matière de violation des principes qui régissent ces institutions. S’agissant de la HAC, c’est lui qui a instruit et apprécié tous les dossiers des cadres désignés pour travailler au compte de cette dernière.
Mais un problème qui oppose la présidence d’une institution telle que la HAC et un commissaire, en l’occurrence Joachim Baba Millimono, ne pourrait être qu’interne ou HAC-HAC. Si toutefois, il est sollicité pour apporter sa médiation pour résoudre un tel problème, notre juriste devrait plutôt procéder à une solution à l’amiable que de s’afficher lui-même dans un parti-pris.

Lue et analysée, sa lettre N°0001/PRG/CAB/MCS-RIR/2016 adressée au président de l’Assemblée Nationale, sous le titre de : ‘’situation juridique de monsieur Joachim Millimono, Commissaire de la Haute Autorité de la Communication’’, lui demandant de désigner un autre cadre à la place de Joachim Baba Millimono, a été comprise dans ce sens-là. Sous prétexte que le sieur Baba Millimono est tombé sous le coup du délit de faux et usage de faux. Heureusement que notre auguste assemblée nationale en a fait une lettre morte.

Agir en lieu et place de Martine Condé contre Joachim Baba Millimono, c’est jouer à l’avocat du diable. Ce qui pour le moins surprenant de la part d’un juriste de son rang. Alors qu’à l’issue de son entretien avec les 9 Commissaires, il lui été demandé d’agir en tant que chargé des relations avec les institutions républicaines, ou tout simplement, de transmettre le dossier au président de la république. Cette prise de position pour Martine Condé pourrait sérieusement compromettre sa carrière en le décrédibilisant aux yeux de toute l’opinion publique guinéenne. Alors, vouloir intenter un quelconque procès d’intention contre le commissaire Joachim Baba, finira par donner raison à Souleymane Diallo. Qui avait écrit dans une édition d’un de ses hebdomadaires, que Martine Condé est mal élue. Et si Martine Condé aussi s’acharne impunément contre le cadre désigné par l’Assemblée Nationale, en l’occurrence Joachim Millimono sous prétexte que les dossiers qu’il avait fournis pour appartenir à la HAC se contredisent les uns des autres. En tout état de cause, la HAC est et demeure l’institution républicaine la plus décriée aux yeux de l’opinion publique guinéenne ce, par la faute des hommes et des femmes qui la gèrent par leur incompétence. Au jour d’aujourd’hui, trois procès opposent les cadres de la HAC, dont les 9 commissaires contre Martine Condé.. Si le juge ne juge pas, au terme d’une série de reports incompréhensibles, le dernier mot ne revient-il pas au président de la République, afin que la HAC puisse s’atteler à la régulation de la communication dans les médias ?

Sylatigui avec SNB pour www.nrgui .com

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