Kolon Kala Son Yé min ?

 

KOLOKALAN son yémin !

Kolonkalan a koun ti

Pilon où est le voleur

Pilon fends-lui le crâne

C’était une comptine que chantait ma mère

Pendant que mon frère

Me lisait le « Petit chose »

Et j’attendais la page cruelle

Où il disait « Jacques tu es un âne »

Kolonkalan son yé min ?

Kolokalan a koutnti !

C’étaient deux porteurs de pilon

Chasseurs de voleurs, de félons

Ils entraient en transe

Comme des toupies de rhombe

Faisaient le tour des mensonges

Ils dansaient au pas de l’invisible Chaman

Portant la part polaire du qutb zaman

Qui renvoie le tiers-malheur à son Seigneur

Gardant pour soi

Ce que Seul l’Eternel Soi

Acceptait de l’ami

Hallaj, aimé d’Allah

Qui osa « An-nal-Haq ! »

Quoi ? S’indignèrent le Oulémas

« Houwa c’est moi! » déjà au sommet de la croix

Ma dina, ma foi

Ce pays tien, vrai parc de monts

Amant des saints chercheurs de faîtes

Où le NON et le NOM

Sont leur unique provende

Trônant sur des tonnes de fer et d’alu

Ces racines des cieux

Qui retiennent la terre de s’effondrer

Sous les péchés

De ceux qui ont craché sur le Sacramentel

Ces montagnes qu’elles aient nom Simandou

Nimba Kakoulima Gangan

Le dernier-tiers péché tombera

Sur ce pauvre Taga nguél

Les Tianguél qui irriguent nos bowès

Ne sont plus loin de Bowal Siam

Que le martyre guinéen voit à l’horizon

Déjà Akhir zaman ?

Se demandent les martyrs

« Kolokalan, dis-nous

Kolonkola est encore loin de Koumbia ? »

« Que de signes.. »

Madina ici s’arrête ma piste

Ma route s’est fendue comme sa lune

Salam et Salatou sur lui

Mon sentier laissé aux lampistes

D’une gare où le train siffle depuis

Six cent soixante six fois

Mais ces gens de peu de foi

Ont besoin de l’envers de tes belles lances

Rimah qui rime avec Rahma

Salam Maître Madina

Guinè est devenue Jérusalem

Salam, tu es Saladine

Signé : Un pauvre en Allah – Exalté !- Désolé, je ne me corrigerai que quand je sortirai de mon Hal. Qui suis-je, j’en ai oublié mon nom couvert par tant de lumière

NB  : Inspiré de Madina Masriah (Saïdou Nour Bokoum). Kolon Kalan Son Yé min ? est extrait de mon roman CHAINE (Denoel, 1974)

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