« La Charte de Kurukan Fuga » : mythe ou …. ? II

KANTEKA_Mountaga_Fan_01Nota Bene : Foin d’arguties byzantines, continuions la démolition du « mythe » du Mandé des griots, par Kantéka (SNB)

La vérité sur l'histoire mandingue: les aveux des griots et de leurs complices historiens ou ethnologues.

    

Un proverbe mandingue dit : « si tu veux terrasser un négateur, il faut le terrasser dans la cendre ». Ceci pour dire que pour confondre publiquement un homme de mauvaise foi, il faut s’arranger à ce qu’il y ait des traces bien visibles dont personne ne pourra nier l’évidence. Il n’est pas facile d’ouvrir les yeux du monde sur un mensonge millénaire érigé en vérité. Le Sénégalais Cheikh Anta Diop l’avait appris à ses dépens en publiant pour la première fois Nations nègres et culture qui révélait l’origine nègre de la civilisation égyptienne. À l’époque, seul le Martiniquais Aimé Césaire avait cherché à lui trouver (en vain) des soutiens dans la France progressiste.
Quand je me trouvai — malgré moi — engagé dans cette enquête sur l’histoire mandingue, il y a une question qui revenait invariablement : « c’est qui tes sources? » J’ai dû répondre au moins une centaine de fois à cette question, en disant que « mes sources sont africaines et maliennes », que c’est dans la bouche même des griots mandings que je prenais mes informations. Malgré cette précision, il a fallu attendre la publication de mon livre pour mettre fin à ce sournois harcèlement. Tous ceux qui me demandaient avec malice « c’est qui tes sources ? » ont disparu subitement de ma route, après avoir pris connaissance de mes révélations. Les plus grands contestataires qui me promettaient de grands débats se sont miraculeusement évanouis dans la nature. Certains ont même dû quitter Montréal précipitamment. Les plus honnêtes m’avouèrent qu’ils n’ont pas d’argumentaire contre ma démarche. Un chercheur africain (qui croyait maîtriser cette histoire) est allé jusqu’à me suggérer d’attendre 5 ans pour publier mon 2e tome afin de « laisser le temps aux lecteurs de digérer toutes les informations » contenues dans le 1er tome. Et aujourd’hui encore j’attends ce débat de fond (et non de personnes) qui ne vient pas.

Viendra-t-il seulement un jour ce débat de fond ? Comment peut-on débattre de quelque chose qu’on ne maîtrise pas et qu’on ne cherche pas à connaître ? Comment peut-on contester un ouvrage documenté, s’appuyant sur une investigation rigoureuse et multidisciplinaire, alors que l’on ne sait même pas pénétrer le sens d’un texte écrit noir sur blanc, à fortiori en faire une analyse critique ? Comment peut-on parler de sa propre histoire alors qu’on ne maîtrise pas sa propre langue? Comment peut-on s’abriter derrière la tradition orale sans comprendre ni les chansons de griots ni les codes utilisés par eux ?

J’abrège ces interrogations et en viens directement aux faits. Aussi bien au niveau des griots traditionalistes (qui n’ont jamais été à l’école du Blanc) qu’au niveau des historiens ou ethnologues africains qui se sont servis de ces griots pour écrire leurs versions de l’épopée mandingue, les aveux selon lesquels cette épopée n’est pas l’histoire véritable de l’empire du mali sont légion. En doutez-vous ? Suivez-donc ces démonstrations


Djibril Tamsir et son « obscur » griot de village

Dès l’introduction de « Soundjata ou l’épopée mandingue » (Présence Africaine, 1960), Djibril Tamsir Nianedonne le ton et avertit d’emblée son lectorat : « il (le griot) est assermenté et n’enseigne que ce que sa "corporation" exige car, disent les griots : "Toute science véritable doit être un secret". Aussi le traditionaliste est-il maître dans l’art des périphrases, il parle avec des formules archaïques ou bien transpose les faits en légendes amusantes pour le public, mais qui ont un sens dont le vulgaire ne se doute guère. »

Outre la mise en garde, claire et sans ambages, Djibril Tamsir Niane s’accorde même le luxe de mépriser son public qu’il qualifie de « vulgaire » et incapable de pénétrer les codes narratifs des griots. Qu’est-ce qui justifierait donc une telle arrogance chez cet historien de formation qui avoue pourtant que son récit « est plutôt l’œuvre d’un obscur griot du village de Djeliba Koro dans la circonscription de Siguiri en Guinée » ? Monsieur Niane va jusqu’à faire tenir à cet « obscur griot » ces discours comminatoires : «... Mais malheureux, n'essaie point de percer le mystère que le manding te cache; ne va point déranger les esprits dans leur repos éternel; ne va point dans les villes mortes interroger le passé, car les esprits ne pardonnent jamais: ne cherche point à connaître ce qui n'est point à connaître. »

On ne peut aller plus loin dans l’aveu. Djibril Tamsir Niane et son « obscur griot » ne se contentent pas seulement d’avertir le public que le repas qu’on va lui servir est avarié, ils le défient aussi de pouvoir y déceler les vermines qui s’y cachent, et par finir, on le menace de le châtier s’il tentait quoi que ce soit pour extirper ces vers. Quel culot ? Pensez-vous qu’il y a eu des réactions de protestations contre cet historien ?

Bien au contraire, on se prosterna devant lui en Afrique et cet ouvrage qui jure avec le bon sens, fut cité comme une référence historique sur le vieux continent et enseigné dans les écoles. Mieux que cela, près d’un demi-siècle après, la plupart des textes qui apparaissent sur l’Histoire du Mali ne sont que de pâles copies de ce conte. Et c’est cela que bien de nos congénères appellent encore « notre histoire » et veulent tuer le premier « imprudent » qui se hasarderait à élever la voix contre. Sans même se douter que cette légende dorée, à laquelle ils s’accrochent avec tant d’ardeur, ne fait qu’appauvrir une histoire très riche qu’elle ampute de son étendue et de ses acteurs. Et c’est avec ce même conte consensuel qu’on a échafaudé toute ce brouhaha autour de cette mythique constitution de kouroukan fougan qui serait intervenue à la suite de la mythique « bataille de krina » et serait l’œuvre de « Soundjata Kéita » et de ses supposés alliés, tous des personnages de conte…


Youssouf Tata Cissé et le grand griot Wâ Kamissoko de Krina

Après le bon coup réussi haut les mains par Djibril Tamsir Niane, dans l’impunité la plus totale, ce fut le tour de l’ethnologue malien Youssouf Tata Cissé de tenter sa chance au jackpot, en allant dénicher au fin fond de Krina (un lieu tout aussi historique que Djeliba Koro), un griot de grande envergure en la personne du grand Wâ Kamissoko (Wâ-Djan), paix à son âme, griot assermenté et très imbu de la culture et de l’Histoire mandingues. Ayant en prime une franchise à vous couper la gorge.
D’emblée, ce griot aussi avertit l’ethnologue : « Ce que je viens de faire enregistrer là est une manière de dire les choses : sache par conséquent que chaque « morceau de la parole » a un autre sens, une autre signification.» 

Ne s’arrêtant pas à cette mise en garde, il lui expliqua les motifs de sa démarche, en y allant de sa critique virulente contre l’ignorance crasse qui s’est emparée de la mémoire mandingue : « les vrais déprédateurs, les pires fossoyeurs des valeurs du manden ne sont pas ceux que l'on pense, mais les Malinkés eux-mêmes, car l'oubli de soi, de ses origines, de ses qualités et de sa dignité conduit aux pires reniements. C'est cela qui est mortel pour un peuple, et c'est cela que je crains le plus pour mon peuple. »

Après ce rude éclaircissement, le Grand Griot de Krina y alla encore avec la savate, assénant cette vérité crue à ceux qui se prétendent « nobles » ou se revendiquent d’une ascendance aristocratique : « Si l'on devait révéler l'origine secrète et la nature intime de chaque pouvoir, beaucoup de personnes qui se prennent pour ce qu'elles sont, verraient alors la distance qui séparent leur origine des hauteurs où elles se trouvent présentement placées.»

Malgré ces signes avant-coureurs, l’ethnologue Cissé insista tant et si bien qu’il réussit à réunir en 1975, à Bamakoun colloque autour de ce griot volubile d’une franchise désarçonnante. Et pour aggraver la situation, il y invita des sommités telles qu’Amadou Hampâté Ba qui ne recule devant aucune astuce pour tirer les vers du nez de son interlocuteur. Arriva ce qui devait arriver en pareille circonstance. Non seulement ce fier griot ne se hasarda pas à dresser un portrait idyllique du passé manding, il y alla de ses critiques acerbes contre les autres griots qui n’arrêtaient pas de le harceler pour qu’il taise ou falsifie la parole du manden. Tout en avouant qu’il ne déchirera pas le voile qui couvre le domaine du sacré, il y alla de ses déclarations sur l’esclavage sauvage qu’on pratiquait alors au Manden et qui justifia les expéditions punitives de « Soumahoro » contre cette farouche contrée.

Sans ménagement, il indexa « Fakoli » et « Tiramakan » pour leurs pratiques esclavagistes et leurs contributions dans les assassinats politiques perpétrés par « Sonjata ». Mais la plus grande révélation, et aussi la plus subtile, c’est quand il laissa entendre aux oreilles bien aiguisées que « Sonjata » et « Fakoli », c’est une et même personne. Se servant de son art de maître de la parole, il y alla d’une tournure magistrale : « Si Niani Massa Kara Kamara périt assassiné par Fakoli qui avait poussé son épouse à le trahir, c'est parce qu'il avait refusé de suivre le chemin que lui imposait le serment prêté, et respecté les clauses de l'entente à laquelle tout le Manden avait souscrit. C'est pourquoi il est dit que Makan Sondyata n'a cassé la tête de qui que ce soit, ou enchaîné quelqu'un sans raison...»

Voilà le secret éventé en deux phrases où le même personnage est désigné d’abord sous son titre de parricide (Fakoli), puis sous son titre d’usurpateur (Sondyata transformé par l’ethnologue Cissé en Soundjata dans la transcription française). Si cette astuce a échappé à ceux qui écoutent sans entendre, elle n’a pas échappé à ceux qui sont rompus dans l’investigation ou ceux qui avaient déjà une base dans la connaissance du passé manding. 

Dire que « Fakoli » et « Sonjata » sont une et même personne, c’est dire avec ruse que c’est « Sonjata » ce farouche esclavagiste que lui-même a dépeint sans complaisance. Mieux que cela, c’est dire que « Sonjata » est en fait le fils de Kankouba Kantè, la sœur de « Soumahoro », que la légende présente comme la mère de « Fakoli » (qui n’est autre que « Sonjata »). Par voie de conséquence, la mythique « Sogolon Kondé » (soi-disant mère de Sonjata) se trouve automatiquement reléguée dans l’univers des personnages fictifs.

Et de fil en aiguille, en tirant toutes les conséquences, on en arrive à d’autres révélations propres à se foutre une balle dans la tête… Un véritable séisme propre à entraîner un univers mental dans le gouffre de la vérité historique. Le résultat de tout cela est que Wâ Kamissoko, ce griot d’une connaissance encyclopédique, fut sacrifié par les conservateurs des bois sacrés. On lui décocha un influx magique qui lui occasionna un cancer de l’os d’origine inconnue. Il mourut dans la verdeur de l’âge, emportant avec lui ses autres secrets. C’est cela le Manden : le terrorisme mystique. La vanité de l’ethnologue Youssouf Tata Cissé en prit un rude coup qui le tracassera le reste de ses jours. Le moins que l’on puisse dire, il ne s’en est pas aussi bien tiré que Djibril Tamsir qui s’en est sorti sans mort sur la conscience.

La mort, ou plus précisément l’assassinat de Wâ Kamissoko — honneur à sa mémoire — nous a laissé en contrepartie un ouvrage, la grande geste du Mali, d’une richesse inestimable en informations qui, triées et racolées une à une dans le bon sens et recoupées avec d’autres informations, aident à reconstituer totalement la mémoire occultée du Manden et sa généalogie escamotée par les révisionnistes et les fils renégats, et parricides, rebaptisés pour échapper au jugement de l’histoire.

Outre ces grandes révélations du Grand Griot de Krina, l’ethnologue Youssouf Tata Cissé, malgré ses manipulations et ses distorsions pour des raisons familiales (sa mère est une Kèta), y est allé aussi de sa contribution. En rappelant notamment que « Tiramakan » n’est qu’une déformation de « tara Makan » (parti à la Mecque), qu’il est le même personnage que « Dan Massa Woulani » et que « Fakoli » est un titre collectif. Et aussi en avouant dans son avant-propos que : « Il faut noter dès maintenant que les leçons reçues de la sorte comportent mille et un détails qui ne figurent pas dans les récits qu'on va lire: c'est dire qu'il existe une histoire « secrète » et une histoire « sacrée » du Mali qu'il faudrait un jour pouvoir écrire. »

C’est difficile de faire un aveu plus grand que cela. Quand de pareils propos tombent dans l’oreille d’un investigateur acharné, c’est comme lui dire avec un sourire en coin : « Le meurtrier que tu traques depuis des lustres n’est pas loin, il rôde dans les parages. »

L’ethnologue Youssouf Tata Cissé eut cet autre mérite de mettre le doigt sur l’imposture de Djibril Tamsir Nianequi s’est abrité derrière un prétendu « obscur griot » pour donner la version qui l’arrangeait, puisque Djibril Tamsir Niane n’a jamais remis la retranscription malinké de ce récit qu’il aurait reçu du griot, comme ce fut le cas avec Wâ Kamissoko. Quand un historien, un ethnologue ou un journaliste va recueillir un témoignage d’une telle ampleur, la moindre des choses c’est de l’enregistrer au cas où il aurait des contestations. Rien qu’à voir la structure très romancée du récit de Djibril Tamsir Niane, on se doute qu’il ne vient pas d’un griot, mais d’un homme instruit à l’école du colon.

L’ethnologue malien a eu d’autres mérites que je mentionnerai à la fin de cet article. Auparavant, je vais citer un autre griot dont la contribution est aussi capitale.


Le milliardaire malien et le griot Binta Gawlo Madani

Une fois n’est pas coutume. Cette fois-ci, ce n’est ni un historien ni un ethnologue qui est allé dénicher la perle rare pour qu’il renseigne le peuple manding sur son passé occulté. Ce n’est ni plus ni moins que le milliardaire malien de l’époque (Babani Sissoko) qui est allé chercher un griot de renom, Binta Gawlo Madani (reconnu comme une autorité en la matière). Avec sa voix puissante qui fait regretter de ne pas être griot traditionaliste, Gawlo Madani, lui aussi fait montre d’une franchise qui confine à la brutalité. À maintes reprises, il interrompt son récit pour dire : « Ce détail aussi est faux! Il a été inventé par les jeunes griots! Ça ne s’est pas passé ainsi! »

Mieux que cela, Gawlo Madani est à ma connaissance le seul griot à aborder le personnage de « Sonjata », sans détours et sans complaisance, en insistant sur sa fourberie et sur le meurtre sordide perpétré sur son « camarade » (en réalité son frère) Kamandjan Kamara pour lui dérober son « Allah delhi garan », un fétiche aux vertus miraculeuses. Après que ce dernier l’eut aidé à regagner le Manden, après son exil. Il insiste aussi sur le fait que c’est « Soumahoro » qui a sanctifié Sonjata et l’a imposé aux Mandenka comme chef. Entre mille et un petit détails, Gawlo Madani, aussi Maître de la Parole que Wâ Kamissoko, profite d’un passage pour glisser discrètement que « Sonjata » est un homonyme de « Tiramakan ». Mieux que cela encore, il profite d’un autre passage pour nommer ainsi Sonjata : « Ah Koromanka Boula Fakoli, fils de Hadja (femme ayant fait le pèlerinage à la Mecque) ».

Et ce troublant détail est totalement passé inaperçu aux oreilles de son hôte Babani Sissoko qui, à la fin du récit, se plaignit ainsi : « Pourquoi n’as-tu pas mentionné Fakoli dans ton récit ? » Voyez-donc un peu comment les esprits sont si conditionnés par la légende qu’ils ne pigent plus rien dès que l’on raconte le même récit d’une autre façon. Non seulement Gawlo Madani a mentionné Fakoli, il a aussi mentionné Tiramakan comme étant d’autres titres de Sonjata. Cependant, ce rusé griot se contenta de répondre à son hôte : « Tu as raison! ». Et récidivant dans sa technique de nwâra (griot traditionaliste), il répéta : « Djata! » Puis, il marqua un court temps d’arrêt avant d’enchaîner : « Fakoli était dans l’armée de Soumahoro qui a voulu lui prendre son unique femme… c’est ainsi que Fakoli a quitté l’armée de Soumahoro pour entrer dans l’armée de Djata » (une formule consacrée par le milieu des traditionalistes pour masquer un des plus grands secrets de cette histoire qui, s’il est révélé, ruinera à jamais le mythe de Sonjata alias Fakoli, simplement parce que les réalités du Manden ancien ne correspondent plus avec cette islamisation à outrance qui a modifié beaucoup de nos mœurs et les a diabolisées).

Malgré cet appel du pied, Babani Sissoko n’y pigea rien et insista encore sur cette question de « Fakoli ». C’est alors que Gawlo Madani s’écria : « Baba, laisse la parole ici. La parole n’est pas bonne. La parole mange. Si cela sort, tout le Manden va être au courant. Laisse ton petit Gawlo vivre un peu… » Après quoi il se mit à énumérer certaines appellations de Fakoli (alias Sonjata) : Houpi, Yayiri, Gamayiri, Makan Djiki, Fakoli… Il s’étendit ensuite sur ses qualités de Boula et ses immenses pouvoirs de sorcier-magicien.

(A suivre…)


Mountaga Fané Kantéka

Publié pour la première fois le 11 décembre 2007.


Qui est Mountaga Fane Kanteka ?

Après un bac de langues et littérature au Lycée Askia Mohammed de Bamako, Mountaga Fané Kantéka s'envole pour la France où il décroche une maîtrise de Droit privé mention carrières judiciaires, et interrompt ses études au niveau du DEA en sciences criminelles. Rentré au pays, il devient journaliste et collabore avec Le Républicain, La Cravache et Le Malien, puis s’en va s’installer à Montréal où il obtient un DESS de journalisme à l'université de Montréal. Là-bas, il a collaboré avec La Presse, le Québec Soccer, le Courrier Laval et Syfia International Canada. Ecrivain-poète prolifique, MFK a dans sa besace plusieurs œuvres inédites et protégées par le Bureau malien de droits d’auteur dont il est membre. Sa première publication littéraire (Odyssées noires / Amours et mémoire d’Outre-monde / La main de Soumahoro et la mort d’un mythe), est le premier tome d'une saga historique qui balaie radicalement toute la légende autour de l'empire du Mali et de son présumé fondateur Sonjata Keita. Une révolution ! Au-delà de l'histoire proprement dite du Mali et de l'Afrique en général, cette première étape nous plonge dans les arcanes de l'histoire humaine, de l'Égypte-Nubie à nos jours.

Commentaires

+4Saïdou Nour Bokoum19-09-2012 13:48

Bonsoir Madina, je sais que vous ne voudriez pas qu’on me lynche ! Mais « Professeur Bokoum » ! Vous imaginez le bâton que vous donnez à mes « amis ». Je ne suis pas Professeur. Alors qu’il ne tient qu’à moi pour en avoir le titre et le grade. Diplômes, validation d’acquis (Enseignement dans le supérieur, publications) par un Jury. Voilà 10 ans que mes collègues Professeurs en titre m’y poussent mais pourquoi faire ? La thèse oui, développer un « Concept » que je crois avoir construit il y a au moins 20 ans, certainement je suis dessus. Comme mon Maître qui a soutenu sa thèse à près de 80 ans et il a disparu en 1985. Le maître de beaucoup de générations pas seulement d’étudiants, dont un petiit camarade, un éminent hématologue mondialement connu, colonel de son état, jouant golfe à la Maison Blanche, des agrégés de Médecine en veux-tu en voilà, l’Afrique lui doit beaucoup, donc de vrais Professeurs, des hauts fonctionnaires des instituions internationales, etc., etc. Hélas, depuis qu’on a supprimé le doctorat d’Etat en sciences humaines alors que j’enseignais en Afrique, mon cœur s’est refroidi. Son équivalent étant le doctorat actuel("très peu pour moi"..), doublé d’une HDR (Habilitation à Diriger des Recherches) elle-même obtenue avec des publications et quelques années d’enseignement, ce par quoi j’ai commencé; c’est dire que ce ne serait qu’une formalité pour moi. Et comme j’ai pris ma retraite, j’ai enfin le temps de développer ma recherche et de la faire connaître, pas forcément pour signer des décrets « Pr SNB, Monarque démo… ».
Donc Al Insan_al Kamil : voici un lien utile, car il n’est pas bon d’en parler longuement sur la Toile. Sachez cependant que cette notion n’est pas une invention propre à la tidjania. http://www.tidjaniyya.org/la_doctrine_de_l-homme_universel.php. 
J’ajoute encore, mais ceci n’engage que moi, que le Prophète de l’Islam (PSL) a dit, étant à l’occasion la Voix de son Seigneur (haddith qudssi) : « Mon serviteur ne cesse de se rapprocher de moi.. jusqu’à ce que Je l’aime, et quand Je l’aime, Je deviens les yeux avec lesquels il voit, la main avec laquelle il prend.. ». Tel est me semble-t-il, la Station d’Al Insan-Al Kamil. J’autorise ma sœur Adji Baud (dont j’ai encore perdu le « phone »), à vous communiquer mon courriel, si vous le voulez, et si cela vous intéresse d’échanger plus sur ce vaste sujet; j’aimerais aussi apprendre de vous, ce que vous en savez et à propos d’autres centres d’intérêts. Wa Salam. PS : le sujet de ma thèse est sur Google, si la CIA ou l’œil de Moscou s’y intéressent. Peut-être qu’un jour, quand les poules auront des dents..
Wa Salam.

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+1madina19-09-2012 00:28

Bonjour Professeur Bokoum,merci pour ce grand enseignement.Voulez-vous je vous prie nous faire un petit resumé sur le insan-al-kämil.

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+2Saïdou Nour Bokoum18-09-2012 23:37

Oui, de Forécariah, MSB, comme le confirme WikipédiA : "Henri Duparc (né le 23 décembre 1941 à Forécariah, Guinée, décédé le 18 avril 2006 à Paris, France) est un des plus grands cinéastes ivoiriens. Il est reconnu comme le maître de la comédie africaine, dépeignant les sociétés africaines d’après-indépendance avec humour, ironie et tendresse". A ne pas confondre avec Eugène Marie Henri Fouques Duparc, né à Paris le 21 janvier 1848, compositeur.. ( Wikipédia)Wa Salam.

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+2Mamadou Saliou bah18-09-2012 22:29

EL Haj ! 
On dit chez nous " NYALLA TAARADE , TAKKO , LUMBA , nô BHURI DAWA YOOLOO ! " 
En tout cas je suis , ( je pense que bcp avec moi ) éclaire . Il suffit de , qques fois , vous laisse parler . 
Condoléances pour HENRI . Était il de FORECARIA ( svp ) ?
Bien a vous !

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+2Saïdou Nour Bokoum18-09-2012 21:39

Petite correction : Son-jata, si l’on veut respecter l’ordre des mots c’est voleur-lion (sôn)-lion et non lion-voleur. Mais du point de vue sémantique c’est rigoureusement la même chose. Paul a parfaitement raison. Souleymane et moi avons été d’abord promotionnaires au Lycée Donka, avant de nous retrouver condisciples à Paris. Mais je suppose que derrière votre question, MSB, vous pensez au Kotèba. A cause de mes "tournures" ? Etrange. Nous avons découvert Cheick Anta Diop ensemble et avons créé ensemble Kaloum Tamtam avec Ahmed Tidiane Cissé (actuel ministre de la culture qui l’a d’ailleurs pris dans son cabinet). J’ai parlé du Kotèba dans CHAINE alors que lui a créé un ensemble ainsi baptisé quelques mois plus tôt, « l’Ensemble Kotèba D’Abidjan ». D’ailleurs 1974 n’est que la date de parution de mon roman, le tapuscrit était plus ou moins prêt en 1972-1973, et Koly a quitté l’exil parisien en 1971 ! La Coïncidence est presque parfaite. Ils m’ont tous laissé dans les bras Kaloum Tamtam, association culturelle toujours reconnue dont j’étais le Président, ce n’était qu’une corvée pour ces petits malins. Je l’avais rebaptisée « Masques » pour faire mes créations à Paris..Mais encore M. M.S Bah ? Je sais que vos questions sont toujours des tournures (tackoun târo), et comportent toujours un côté nocturne (A. Hampâtè Bâ) !? Période très riche où nous avons systématiquement revisité les cultures de la Tricontinentale, déjà polluées par qui vous savez. Griot, animisme, prêtre, sorcier et autres figures du Sacré africain sont à prendre avec des pincettes, en laissant ce qu’on leur a fait dire dans leur expression originelle. Kotèba et non farce villageoise, Ndop sénégalais, Vodhun du golfe du Bénin, Zar éthiopien, Konden Diarra manden-bamana, etc., plutôt que "danses de possession". Mais je n’étais pas encore à Abidjan lors du pugilat Porquet/Koly comme vous le laissez entendre. Par ailleurs « Bal poussière » n’a rien à voir avec ni le Kotèba, ni avec le travail théâtral que je fais. Sauf à dire que l’une des vedettes du film est un pur « label » « Compagnie du Phénix » que j’avais fondée à Abidjan en 1983, que Naky Sy Savané dit à qui veut l’entendre que SB est son maître, alors qu’elle est devenue une grande dame du cinéma et du théâtre africains aujourd’hui. Ce qu’elle prouve en « transloquant » la cinquième édition de son festival « Miroirs et cinémas d’Afrique », à Abidjan en novembre prochain, après avoir convaincu la ville phocéenne (Marseille) qu’elle est une grande dame de la culture, battante d’une certaine cause des femmes depuis plus de 10 ans. Il y a aussi Henri Duparc récemment disparu qui me liait à "Bal poussière", pas seulement parce qu’il guinéen, c’était disons un ami. Paix à son âme. Wa Salam.

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+2Mamadou Saliou bah18-09-2012 11:43

Merci mon cher Paul !
Avec ttes les " tournures " de EL HAJ , je retrouvais bien " du KOTEBA. " ( Bal poussière et autres ) . Je me disais aussi l' avoir vu au débat SOULEYMANE vs PORQUET ! Mémorable !
Merci et bien a toi !

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+4Paul Théa18-09-2012 04:57

Doyen Mamadou Saliou Bah, je connais la réponse; Elj Nour et Souleymane Koly sont amis et ils ont fait le théâtre ensemble.
Par contre la grande mère maternelle de Tonton Koly et mon grand père maternel étaient frère et soeur.
Mamady Koly Kouroumah avocat qui fut ambassadeur en Cote d'Ivoire et au Gabon et Aboubacar Koly qui fut directeur à Tolo et Ministre de l'Agriculture sont les ainés de Souleymane.
Papa Koly est leur neveu ( fils de leur sœur) et Homo de leur papa d'ou Papa Kol

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+3mamadou salou bah18-09-2012 02:35

Salam ElHaj Nour !
C'est un peu personnel , je voudrais savoir, si ce n'est pas trop vous demander , il etait ( et est ) quoi et qui pour vous : SOULEYMANE KOLY ! 
Sorry pour le derangement ! Bien a vous et AMITIES !

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+2boubacar d doumba18-09-2012 02:07

Nicolas Bourbaki est un mathématicien imaginaire, sous le nom duquel un groupe de mathématiciens francophones, formé en 1935 à Besse-et-Saint-Anastaise (Besse-en-Chandesse à l'époque) en Auvergne sous l'impulsion d'André Wei
D'après Wilkipédia.Encore un personnage "fictif"

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+6Saïdou Nour Bokoum18-09-2012 01:43

Madina, Soumaworo : « A sougou ma wolo » : son pareil n’est pas né. (Source orale : Ansoumane Doré). Et si l’on prenait cela au pied de la lettre, pour trouver peut-être.. l’Etre immortel ? Voici encore, si j’ose, sans blesser quelque fondamentaliste : A sougou ma wolo me fait penser au « Sans Pareil », « Al Fard », un des 99 Noms de Qui vous savez. Nous sommes en plein ésotérisme dans lequel certain grand saint soufi fut littéralement crucifié à Bagdad au 9è siècle pour avoir dit « Anal Haq », je suis Le Vrai ! C’était Mansur al Hallaj - né vers 857 (ou 244 de l'Hégire), mort le 26 mars 922 (ou 309 de l'Hégire) à Bagdad, reconnu aujourd’hui par les « oulémas » et autres éxotéristes comme un des plus grands saints de l’Islam. Vous croyez que je vous noie dans « l’animisme » ou vous pousser dans les nuages d'un mysticisme déguisé ? Pas du tout. Que croyez-vous qu’ils détiennent, nos vieux Sages dans le Bois sacré, que ce soit à Sourougambè, en Guinée, à Bamina au Cameroun ou à Sinfra en Côte d’Ivoire ? Ils détiennent le Secret du Grand Secret ! L’Identité Suprême, la Station de l’Homme universel (Al Insan-nAl Kamil), le même Savoir Suprême que cherchent les Soufis (Islam), les Kabbalistes (judaïsme), les Hindouistes (Inde) ou les Taôistes (Chine)! L’Afrique antique dit « l’Homme ancien », les Chinois parlent de l’Homme Véritable.
Sonjata : lion-voleur. En effet (M. Mamadou Saliou) Diarra=Djata, tout comme Korè = Kotè, le plus grand rite manden-bamana. Il y en a sept. Ou même « (a) dolè » devenu « doré » (voir commentaire sous « les Hyènes.. d’A.D.). Et cette substitution inter-radicales a quelque chose à voir avec les rapports linguistiques entre le sarakollé et le maninka-bamana. Kantèka est quelque peu prisonnier de sa terminologie, par exemple quand il dit « nom collectif ». Or dans la géographie et ou l’histoire du Sacré, les exemples abondent. Confucius (savoir exotérique chinois), Lao Tseu (savoir ésotérique chinois), ne sont pas des personnes physiques. Tout comme Christian Rosencreutz, (une partie de l’ésotérisme chrétien, avec les vrais Francs-maçons, pas ceux de Paris Match ou de Conacris, les alchimistes, etc.) qui est donc à l’origine de la quête des Rosicruciens. On a même écrit de sérieuses thèses qui expliquent que Shakespeare serait un « personnage collectif » ! Les « Karasamaw » bamanas (Maîtres de cérémonie), enseignent des centaines et des centaines de versets ECRITS aux néophytes du grand rite Kotèba ou Korè(ba), avant que les rares élus deviennent des Sages, dépositaires du Savoir Suprême qui prennent la dénomination de Korèdiuga, que le profane prend pour un « farceur », comme justement ce personnage du Kotèba, une séquence comique du rite sacré sécularisé, dont on a oublié l’origine; tout comme le théâtre occidental a « oublié » ses origines sacrées et dionysiaques. ».. « Lonni tè ban », le Savoir ne finit pas, c’est-à-dire littéralement, le Savoir ne meurt pas. Donc il est immortel, comme le Vrai, Al Haq. A contrario quand on dit « Finkè banna », cela veut dire : untel est..FINI : mort. Kantèka devrait pousser les uns et les autres à chercher, en dessous de son texte, pour faire une autre lecture de toute histoire ante-Temps modernes. Ceci dit pour faire comprendre que ce que devrait nous enseigner ce texte, c’est ce que toutes les aires culturelles ont connu. Est, Ouest, Nord, Sud. Toutes les nations ont bâti leurs civilisations sur des mythes fondateurs. Certes, certaines sont allées sur la lune, cependant que d’autres sont encore dans la lune. Pour le reste, vous savez où me trouver, dans une petite Kaaba imaginaire, où j’ai commencé un feuilleton, « Pour comprendre Kantèka ». Merci webmaster d’avoir publié cette petite pub à peine déguisée. Wa Salam.

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+1boubacar d doumba17-09-2012 23:31

Merci Madina pour ta sagacité!
Au fait combien de souverains du Fouta Djallon théocratique ont porté le titre de Almamy? Combien dénombre-t-on de Almamy Ibrahima? Alpha Mo Labé! Alpha mo Timbo! Et j'en passe...pour les Alpha...
Cela devrait nous faire réfléchir et nous donner non pas des réponses , mais , quelques indications pour essayer de décrypter le message de Kantéka qui pour moi reste une hypothèse de travail....,sans plus.

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+2boubacar d doumba17-09-2012 21:23

Tu es revenu mignan, merci!

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+3Mamadou Saliou bah17-09-2012 20:38

Salut la Sœur MADINA !
Que de BONNES QUESTIONS d' HISTORIEN !( historienne )
En seriez -vous UNE ? 
Je suis emballe ! AAA+ .
bien a vous !

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+6Amenofils17-09-2012 09:47

Youssouf je vous concede que Mr kanteka n'y etait pas pas plus que Djibril Tamsir Niane encore moins vous et moi. Mais alors pourquoi ne pas ecouter une contradiction et vouloir coute que coute GARDER/MAINTENIR la version de Djibril Tamsir Niane. j'ai lu Tamsir Niane et je suis ouvert a toute autre dementi. Par ailleurs si Djibril Tamsir Niane etait consideré comme un griot ou racontant des fables, personne ne l'aurait ecouté ou enseigné dans les ecoles. Les ecrits de Djibril Tamsir Niane sont considere comme un fait historique. Y etait -il lui aussi. Alors ecoutons nous les uns et les autres et " l'intelligence jugera a defaut de temoins". 
Citation en provenance du commentaire précédent de Youssouf Bangoura:

Amenofils, comment peut-on rétablir la vérité sur des faits qu'on a pas participés, qui n'ont laissé aucun document écrit, tout est basé sur des paroles des griots, comment peut-on croire à Mr Mountaga plus que Niane ? Il dément de ce que les autres ont écrit comme si lui, constitue le véritable dépositaire des faits . C'est quand même extraordinaire, on se lève le matin, pour dire hé, ne croyez pas à ce qu'on vous raconte, voici la vérité, je suis le seul à savoir ce qui s'est reèllement passé à cette periode, les autres sont des menteurs . On ne peut démentir, qu'en fournissant des preuves irréfutables, ce qui n'est pas le cas notre Monutaga . Comment peut-on nous convaincre que soumahoro, soudjata et fakoli, sont une seule et unique personne ? Il invente sa propre legende, non ça passe pas .

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+6madina16-09-2012 23:53

Bien monsieur Kanteka,il est fort possible et même très vraisemblable que Sonjata,Soumahoro,Fakoli,etc...soient des titres portés par différents personnages suivant la position occupée ä un moment et ä un lieu de l'histoire.De même que les titres de Pharaon,de Almamy,de Pacha,de Calife,de Sotikemo...etc
Soyez tranquille,nous savons que le mandingue ne s'origine pas de Kirina. Ce que je voudrais savoir aujourd'hui n'est meme pas si les titres de sonjata,soumahoro,fakoli ont été porté par une même personne,ce qui est fort possible ä travers le temps.
Vous admettez dans votre texte qu'il y'a bien eu une bataille provoquée par l'atrocité de l'esclavage qui sevissait ä un moment donné,je voudrais savoir quels étaient les adversaires aucours de cette bataille.
Vous admettez qu'il a bien existé un premier Sonjata,quelle est son histoire?
Vous admettez qu'il a bien existé,un oncle Soumahoro,quelle est son histoire?
Mr Kanteka,la bataille de Kirina a-t-elle eu lieu? quels en étaient les protagonistes?
Vous avez aussi parlé de la Mecque,vous avez aussi parlé de moussa,voulez vous confondre l'empereur kANKOU Moussa qui avait effectué le pelerinage ä la Mecque ä un sonjata ou ä un soumahoro?
Les titres de sonjata et de soumahoro n'étaient -ils pas des titres utilisés avant l'islamisation du mandingue?
J'aimerais bien monsieur Kanteka avoir quelques precisions sur ces questions que votre production me suscite.

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+6KeitaM16-09-2012 23:40

En tt cas merci pour cet autre version de notre histoire.Les recoupements des informations pourraient aider à trouverla verité. Ce qui est clair à l'instar des histoires des religions et autres civilisations, tres problament l'histoire de manding ne fait pas d'exception. On publie souvent les infos que les chefs de l'epoque veulent entendre. Et dommage que la plus part des politiciens ont été des usurpateurs, menteurs, dictateur et obscurantiste.

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+6tybah16-09-2012 23:17

Il n'est pire sourd que celui qui ne veuille entendre! 
Ce monsieur ne s'est pas levé un matin pour faire croire aux gens que tout ce qui a été dit sur le Mandingue est faux,et seul lui detient la vérité!Non Youssouf relis bien!Il est parti des memes postulats que les historiens qui l'ont precedés.Il faut forcement se circonscrire à lire cet article avec les yeux de l'esprit pour pouvoir se poser les questions qui vaillent.Car à l'issue de cette lecture , le doute est permis sur les differentes versions apprises jusque-ci sur l'épopée mandingue!Cet article à mon avis est une sorte d'etude critique sur les oeuvres qui ont traités sur l'empire mandingue en général et, celle de DT Niane en particulier.Il n' ya qu'à repliquer sur la base de nos differentes lectures qui contredisent les dits rapportés par KANTEKA.C'est aussi simple que ça au lieu de se livrer à une sorte de defense patriotique stérile!C'est une question de faits et ils sont devant nous!jugeons-en!
J'ai écouté un discours de Sékou Touré où il dit que tous les jours , il ecrit et toute les semaines il publie, qu'il a fait une étude critique de l'oeuvre de karl Marx sur "lareligion"et qu'il attend les repliques.Il en va de meme à mon sens à la lecture de cet article de mesurer l'outrecuidance de Kanteka vis à vis de ses recherches.
La leçon que moi je tire de beaucoup de mes lectures sur ce site est que je ne connais encore rien sur ce que je croyais savoir.Aussi bien que sur celle de l'Afrique en générale,l'Histoire de la Guinée merite d'etre réecrite.J'ai appris de mon prof de Sociologie de "Guinée" sur la mise en place des populations de la Guinée, que celle-ci est de "souche mandingue ...........et beaucoup d'autres choses .......Plus je m'abreuve de lecture plus je découvre beaucoup d'imposture sur notre histoire.
Ne prenons rien d'emblée et n'en rejetons non plus d'emblée tout ce que nous savons et pourrons savoir sur l'Histoire de l'Afrique et de notre guinée surtout.C'est l'occasion pour moi de feliciter et d'encourager Mr Théa paul, qui ose aller aux meandres de notre passé afin de retablir une certaine forme de verité.Il faut oser pour dire la verité.En conclusion moi je salue le travail de Kanteka, il ose où beaucoup ont eu peur et nous met à nu ce qu'il pense de cette histoire.A nous autres de le defier sur le meme terrain par nos argumentaires en faisant aussi parlé nos"obscurs griots".

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+5boubacar d doumba16-09-2012 22:14

Bonsoir Youssouf!
La leçon que je tire de tout cela est que l'histoire de l'Afrique n'est pas encore écrite dans la mesure où les détenteurs de la parole et de la mémoire reconnaissent eux mêmes qu'ils ne racontent pas tout.Ils tiennent secrètement une partie Tu reconnais au moins cela?
A partir de là il faut être non pas négationniste mais très circonspect et attentif à toutes les sources d'informations.Personnellement, concernant l'histoire du Manden, plus je défriche, plus je mesure l'étendue de mon ignorance .Le premier livre que j'ai étudié sue ce sujet est celui de Niane en 1961.Mais actuellement je suis convaincu que c'est plus une épopée que de l'histoire.Je ne suis pas le seul à le penser.Doc je me pose des questions et je continue à bouquiner tout ce que je trouve.

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+2Youssouf Bangoura16-09-2012 21:51

Amenofils, comment peut-on rétablir la vérité sur des faits qu'on a pas participés, qui n'ont laissé aucun document écrit, tout est basé sur des paroles des griots, comment peut-on croire à Mr Mountaga plus que Niane ? Il dément de ce que les autres ont écrit comme si lui, constitue le véritable dépositaire des faits . C'est quand même extraordinaire, on se lève le matin, pour dire hé, ne croyez pas à ce qu'on vous raconte, voici la vérité, je suis le seul à savoir ce qui s'est reèllement passé à cette periode, les autres sont des menteurs . On ne peut démentir, qu'en fournissant des preuves irréfutables, ce qui n'est pas le cas notre Monutaga . Comment peut-on nous convaincre que soumahoro, soudjata et fakoli, sont une seule et unique personne ? Il invente sa propre legende, non ça passe pas .

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+5Amenofils16-09-2012 21:03

Youssouf, c'est quand même un enseignement qu'on tire et ce que dit kanteka n'est pas dénué de sens. Moi je n'ai pas de réponse mais plutôt des questions et les réponses me conviennent non pas dans un négationnisme mais dans une meilleure compréhension. Kanteka ne remet PAC en cause l'empire du manding, mais il tente de rétablir certaines vérités. Il a dire et je suis impatient de lire ses œuvres. Non pas pour renier ce qui a existe mais pour mieux comprendre. 
Citation en provenance du commentaire précédent de Youssouf bangoura:

le problème avec Mr Mountaga, il cherche à nous faire croire ce qu'il raconte lui, comme si les évènements qu'il détaille, étaient passés à sa présence . Pourquoi devons nous le croire plus que les autres ? C'est un mégalomane, il va jusqu'à dire que ses contradicteurs, ont préféré fuir du Canada après la sortie de son livre au lieu de l'affronter . Quel mépris pour les autres !!!!!!! Il se met au dessus des autres, pour lui, il est, le seul à détenir la vérité sur l'histoire mandingue .

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0Youssouf bangoura16-09-2012 19:28

le problème avec Mr Mountaga, il cherche à nous faire croire ce qu'il raconte lui, comme si les évènements qu'il détaille, étaient passés à sa présence . Pourquoi devons nous le croire plus que les autres ? C'est un mégalomane, il va jusqu'à dire que ses contradicteurs, ont préféré fuir du Canada après la sortie de son livre au lieu de l'affronter . Quel mépris pour les autres !!!!!!! Il se met au dessus des autres, pour lui, il est, le seul à détenir la vérité sur l'histoire mandingue .

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+2boubacar d doumba16-09-2012 18:08

@ Aménofils! C'est bien! Très bien!
Demain si Dieu le veut, la deuxième et dernière partie sera publiée où Kantéka décortique le contenu des paroles dans la musique mandingue que l'on écoute au quotidien depuis des décennies parfois (comme moi par exemple) sans rien y piger grand chose!On apprend tous les jours du berceau à la tombe.Dieu seul sait !

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+2Amenofils16-09-2012 17:55

Cette histoire surtout révélé une chose: nous sommes loin de comprendre notre propre histoire. Et que mythes et légendes sont souvent enseignés comme vérités historiques car pour 90% des lecteurs de Djibril Tamair Niane, ses propos ne sont pas ceux d'une légende mais ce sont des propos d'un historien et c'est justement à ce niveau que le problème se pose. Si un griot avait écrit on l'aurait pris pour une légende mais quand In historien écrit même s'il s'inspire de griots, on y voit des vérités historiques. La différence est fondamentale. Un historien doit écrire sur des faits historiques et non sur des légendes. J'ai beaucoup appris en deux jours et je compte en savoir davantage !

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+4boubacar d doumba16-09-2012 17:30

J'avais dit que cette affaire est carabinée!Si cela peut nous amener à réfléchir c'est déjà ça.Ko Alla toun andi ko göga hikori.Mimi andha.

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-1Mamadou Saliou bah16-09-2012 17:20

Personnellement , j' abandonne !
Il ne vaut pas la peine de tourner en rond avec Mr KANTE !
Si au moins il donnait UNE SEULE DATE situant " ses " différents Sonjata et différents Soumahoro ( ce qu' a fait NIANE : KRINA c' est en 1235 ) ,on aurait pu avancer par " HAKKIL " !
Mais bon ... et hélas ! Exactement comme " un autre GROT " !

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+6boubacar d doumba16-09-2012 16:20

KantéKa est trop occupé pour participer au débat. Néanmoins il a lu tous les commentaires. Il m'a envoyé le texte ci-dessous susceptible d'aider les internautes à mieux comprendre son point de vue:
LA CONFISCATION DE L'HISTOIRE MANDINGUE / LA VÉRITÉ SUR LE MYTHE DE SONJATA KÈTA
Beaucoup d’Africains qui font l’effort de s’intéresser à la version occultée de leur histoire commettent presque toujours la même erreur : croire que c’est seulement le Blanc qui falsifie l’histoire de l’Afrique. Il n’en est rien. La falsification de l’histoire africaine est aussi un phénomène endogène, impliquant certaines couches sociales désireuses d’écrire l’histoire à leur convenance, dans un but idéologique et en fonction des réalités dominantes du moment.
Il en est de même avec la légende de SONJATA (et non SOUNDJATA) KÈTA (et non KÉITA), un personnage mythique qui sert de référence à une couche de la société mandingue pour revendiquer un héritage historique qui les rehausse au détriment des autres. Telle que connue et enseignée un peu partout dans le monde, l’épopée mandingue constitue l’UNE DES PLUS GRANDES IMPOSTURES de l’histoire humaine. Du nom de ses protagonistes à l’étendue temporelle, tout y est imposture. On a pris l’histoire de plusieurs générations de règnes qu’on a fondues en une seule avec deux héros, dont l’un, Soumahoro, symbolisant le Vilain, aurait été vaincu par le Bon, Sonjata, dans une mythique bataille appelée « Bataille de Krina »…
QU’EN EST-IL DANS LA RÉALITE? QUE RESTE-T-IL DU MYTHE DE SONJATA QUAND ON DELAISSE LA LÉGENDE POUR PARLER D’HISTOIRE ? Rien, absolument. Il faut d’abord savoir que Sonjata n’est pas un nom ou prénom d’une personne. C’est un TITRE COLLECTIF signifiant « lion-voleur » qui a été porté par une multitude de personnes dont des femmes. Pourquoi ce titre de « lion-voleur » ?
Pour symboliser l’USURPATION DE L’HERITAGE par un fils au détriment des autres cohéritiers d’où l’autre titre de Kèta qui signifie littéralement « prendre l’héritage ». Dans la langue malinké, l’héritage, c’est '' kè '' , et le verbe « prendre », c’est '' ka ta'' . Donc, ''Sonjata Kèta '' signifie littéralement « LION-VOLEUR-USURPATEUR-D’HERITAGE »...
Les surprises ne s’arrêtent pas là ! Il faut aussi savoir que les mêmes protagonistes qui ont porté ce titre collectif de Sonjata Kèta (« lion-voleur-usurpateur-d’héritage ») l’ont porté simultanément avec d’autres titres collectifs comme FAKOLI (qui est un titre de parricide,
« celui qui a mis son père en échec») et TIRAMAKAN (qui est une déformation de tara Makan , celui qui est parti à la Mecque) ou de TOURA MAKAN (qui veut dire « Roi Taureau »), etc.
Cela veut dire que les personnages Fakoli et Tiramakan , présentés par la légende comme des compagnons de Sonjata, sont en réalité des PERSONNAGES FICTIFS puisque les titres de Sonjata, Fakoli et Tiramakan ont été portés simultanément par une même personne (suivie d’autres qui portèrent les mêmes titres collectifs). D’où cette appellation « d’HOMMES AUX MULTIPLES NOMS » ou titres…
Et vous n’avez pas fini encore avec les surprises. Le premier Sonjata alias Fakoli alias Tiramakan a aussi porté le titre de Soumahoro, hérité de son père et de son oncle, titre de roi-prêtre hérité de l’Égypte pharaonique … Soumahoro n’est donc pas non plus le nom d’une personne, mais un titre qui a été porté par au moins trois personnes dont le fils Sonjata. Tarawélé (un titre en rapport notamment avec le feu) fut porté par l’oncle
Soumahoro qui se faisait appeler Fara Körö Makan Kègni (voulant dire « Beau Roi de sous le rocher »), désigné à tort par la légende comme étant le père biologique du premier Sonjata.
Toute l’épopée mandingue se passe dans la même famille, avec beaucoup de trahisons et d’assassinats entre parents de même sang qui ne se mariaient qu’entre eux-mêmes, comme en Égypte pharaonique. Kantè et Konatè ne sont aussi que des titres avec des significations politique et religieuse. Le dénominateur commun des protagonistes de l’histoire mandingue est KAMARA.
Le premier Sonjata s’appelle en réalité DJIKI KAMARA, alias MAKANTAGA DJIKI (Djiki qui est parti à la Mecque). Ce même Djiki a d’autres noms civils comme MOULAYE ou MOUSSA. Il est encore adoré comme un Dieu par le Kömö, la religion ancestrale du Mali. Dans ce milieu, on préfère le désigner sous ses titres de Fakoli, de Tiramakan ou de Soumahoro.
Il y a beaucoup de choses que vous ne savez pas dans l’histoire mandingue qui regorge de secrets farouchement gardés par les dépositaires des bois sacrés… Les griots traditionalistes eux-mêmes sont tributaires des soma (prêtres des bois sacrés) qui sont les vrais dépositaires de l’histoire mandingue…
Bref, c’est pour vous dire que chaque fois qu’un historien, prétendu expert de l’histoire mandingue, aborde cette histoire en mentionnant les titre de Sonjata, de Fakoli ou de Tiramakan, éloignez-vous de lui. Il ne vous parle pas d’histoire, mais de légende. Il vous parle de conte. Cette histoire de « Bataille de Krina » ayant opposé Soumahoro à Sonjata, ne veut absolument rien dire si l’on ne précise pas quel Sonjata a combattu quel Soumahoro, puisque, comme je l'ai mentionné, le premier Sonjata a porté aussi le titre de Soumahoro et a assassiné son propre frère (KAMANDJAN KAMARA) pour rester seul au pouvoir. Et le fils de ce malheureux frère a déclenché une guerre sans merci contre lui. Et ce fils vengeur, KAMAN MORY ou KANIBA MORY, fut aussi appelé Sonjata. Son cousin NAN KOMAN, NAN KOMANDJAN alias KONG KOMAN ou WARABAN KOMAN fut aussi un Sonjata. Et après ce cousin, il y a eu d’autres Sonjata comme DJIBRIL (alias DIBI ou DJIBI), NAN SEYAN et DJÉDJAN, etc, tous de la même lignée… Et tous des Forgerons qui furent rebaptisés BOULA ou BILA (une notion renfermant beaucoup d’ambiguités). Toute l’histoire du Manden est une histoire de Forgerons… Oui, une histoire de Forgerons...
Ajoutons à cela qu’il y a eu un ESCLAVE AFFRANCHI ( HÖRON) qui a porté ce titre de Sonjata …
Quand on parle de la CONSTITUTION DE KOUROUGAN FOUGAN, en l’attribuant à Sonjata, sans préciser quel Sonjata, il y a de graves problèmes. Sans compter qu’il y a beaucoup de REVISIONNISME dans cette mythique constitution, comme par exemple cette histoire de division de la société en 33 clans qui serait l’œuvre de Sonjata. C’EST FAUX ET ARCHI-FAUX. Les 33 CLANS ont existé à la naissance du Manden qui fut bâti autour de 33 clans de braves guerriers qu’on appelait nwana. Et bien avant la naissance du premier Sonjata.
On continue à multiplier les FAUX DEBATS en ressassant les mêmes légendes, faisant appel à des « HISTORIENS » QUI SONT ISSUS DE LA LIGNEE DES FILS QUI ONT COUPÉ AVEC LA GÉNÉALOGIE DE LEURS PÈRES (LES DEUX FRÈRES SOUMAHORO, BROULAYE ET NIANI MAMOUROU KOROBA, L’ANCIEN, ALIAS NIANI MASSA KARA KAMARA, CO-FONDATEURS DE L’EMPIRE MANDING).
Cela s’appelle la CONFISCATION. LA CONFISCATION DE L’HISTOIRE D’UN PEUPLE AU PROFIT D’UN GROUPE QUI VEUT S’ATTRIBUER DES BÉNÉFICES POLITIQUES ET SOCIAUX AVEC LA COMPLICITÉ DE GRIOTS CORROMPUS.
Mais le temps des griots ayant signé des pactes d’allégeances avec le « serment d’enseigner ce qu’il faut enseigner et taire ce qu’il faut taire » est révolu. Le temps des menaces de mort quant à la révélation de la vérité historique l’est aussi. Maintenant, c’est l’heure de la vérité historique. Et personne ne va plus tuer personne pour cela.

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+6Abdoul.H16-09-2012 14:30

Je suis partisan de ce que Fela Barry a dit à 100% et d'accord avec Bah que SI SEEDEE ALAA KO HAKKIL NYAAWIRTE. Parlan de Fakoli, les griot vont jusqu'à raconter que Facoli, si outré, s'est gonflé pour remplir une case, alors qu'il s'agissait d'un petit homme. Soudiata aurait arraché un fromagé (enseignement de maître de 6eme année). Comment peut-on croire à de telle fables pour un esprit cartesien ! L'histoire Africaine n'est malheureusement pas écrite, donc tout est permi. Aller taper sur google «charte de kouroukan fouga» sur google et vous verez le rapport de l'atelier qui l'a inventé de toute piece à Kankan, en 1998 au mois de mars.

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+5boubacar d doumba16-09-2012 03:39

J'ai une question à vous poser chers amis: qui parmi vous a lu les deux livtres de Yoiussouf Tata Cissé et Wa Kamissoko évoqués par moi ou l'article de l'historienne Lilyan Kesteloot ? Si vous ne les avez pas lus, alors il vous sera très difficile de suivre ce débat en toute objectivité.Le problème de l'esclavage est au centre du débat.Le livre de notre grand frère Niane est dépassé.Navré de le dire.Mais il faut savoir se remettre en cause..MOI JE ME REMIS EN CAUSE SUR CE SUJET DEPUIS UN BON PETIT MOMENT .

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+7boubacar d doumba16-09-2012 01:52

Mon frère Mamadou Saliou!
Moi je sais que j'ai encore beaucoup à apprendre en histoire surtout celle du Manden qui est loin d'être simple à mes yeux.OUblie un moment Kanteka qui s'appuie sur les déclarations de Wa amissoko qui est malinké et non sosso , mais de l'école de Krina,tandis que "notre obscur griot" est d'une école dans Siguiri.Tous les deux écoles sont d'obédience malinké.Wa est mort dit on pour avoir dévoilé des secrets .Tu as lu mon post où Niane avoue qu(il est sous le sceau du secret.Je ne sais pas si on peut dire que la version est celle des vaincus.Apràs cela tu peux revenir ) Kantéka qui explore les deux voies et arrive à des conclusions proches à savoir que l'histoire n'est dite par aucun des griots même pas par celui du milliardaire.Tous sont assermentés et sous le sceau du secret.Moi cela m'intrigue.Le texte de Kantéka qui s'appuie sur les dires de plusieurs griots MALINKES interpelle et devrait éveiller notre curiosité.C'est mon cas!Je ne sais pas si on dispose d'une version des vaincus les Sossos..Mais je suis frappé par les chansons du répertoire mandingue dont certaines sont très élogieuses à l'endroit de Soumahoro Kanté.Tout cela me rend perplexe et je m'interroge.Je peux pas répondre à c etaines de question relatives aux identifications Facoli, Tiraman Soundjata.J'ai invité Mountaga à participer à notre débat pour nous éclairer davantage.J'espère qu'il répondra.

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+3mamadou salou bah16-09-2012 01:33

Koto Boubacar !
Chez nous au FOUTAH , on dit : " SI SEEDE ALAA , HAKKIL NYAWAY " !
A defaut de temoin , le bon sens jugera ! 
Je ne fais pas confiance a KANTEKA ( DE LA LIGNEE DE SOUMAHORO ) !
Des esclavagistes , toutes les societes humaines en ont connu .
Vois bien comment " certains " qualifient AST de " BATARD d'un MAURITANIEN Boucher " !
Ce n'est pas le MANDE qui est profond , c'est NOTRE HISTOIRE QUI L'EST : L'HUMANITE !
Bien a toi mon frere !

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+3boubacar d doumba16-09-2012 00:42

Mon cher Mamadou aliou! Dans la version de Niane Djibril Tafsir, l'esclavage endémique qui sévissait au Manden n(est pas abordé si ma mémoire est bonne (je n'ai pas le livre sous les yeux et depuis 1961 je ne l'ai pas relu).Par contre chez Wa Kamissoko dont j'ai les deux tomes à mon chevet il est écrit noir sur blanc que c'est la question de l'esclavage qui est à l'origine de la guerre.Peut être qu'il n y a pas de contradiction entre les deux récits des griots, puisque Wa a divulgué des secrets et peut être "notre obscur griot" a préféré gardé le silence si ce n'est Niane Djibril.DoncMais la différence est de taille. pas de contradiction si cela que tu as voulu exprimer.

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+9Féla Barry16-09-2012 00:36

En science historique toutes les légendes et leurs mythes sont mises à contribution jusqu'à preuve du contraire, pour éclairer le passé. L’école historique africaine sortie de nos indépendances a souvent monté des fables de toutes pièces pour doper la conscience des peuples, alors en lutte pour se dépêtrer de la tutelle intellectuelle et morale de l'occupant colonial français . Et les écrits de Niane s'inscrivent dans cette perspective "négritudienne": il s’agissait de décomplexer les africains qui passaient pour des peuples qui n'ont rien inventé, ni crée, à peine sorti de l'histoire: il nous fallait une histoire à tout prix aU risque de travestir la réalité historique, on s’invente alors un passé plus ou moins glorieux que de piètres politiciens idéologues de tous poils prendront pour des vérités premières pour entretenir un certain passéisme improductif et obscurantiste. Comme les théorèmes de l'antique, ses versions s'imposent, à nos subconscients, jusqu'à ce qu'un autre "newton" africain en vienne a mettre à nue la supercherie intellectuelle, et les mécanismes. Qui dit légende, parle de célébration historique avec toutes les exagérations et acrobaties sémantiques qui vont avec. axiomes et esprit critique ne font pas bon ménage avec les exigences de l’érudition scientifique. les fables font et défont l'histoire/ tapez sur le net le gros mensonge de la bible, vous reviendrait pas de votre stupéfaction ,comme on peut tordre les faits historiques dans le sens que l'on veut, plus prés de nous même des noires ont pu rattacher leurs généalogies a celle du prophète de l'islam !!! les hommes et leurs mythes, dieux sorti de leur imaginaire finiront par ensevelir l'humanité.

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+4mamadou salou bah16-09-2012 00:26

Ce qui me revolte dans ce papier , c'est qu'il n'y a pas de contradiction entre " le griot obscur " de NIANE et " le GD WAMISSOKO "
Sounjata a bien existe ; il etait en exil quand SOUMAORO a " pris " la femme de FAKOLI .( la meilleure cuisiniere du royaume ). Comment peut il etre en exil( dans l' actuel BURKINA FASSO ) et pas marie et qu'on lui prenne sa femme aux alentours de NIANI ( SIGUIRI en GUINEE ) ? UBIQUITE surement !
SOUNJATA = FAKOLI laisse perplexe sinon douteux . Quelle autre source peut confirmer cela ? KANTEKA et WA MISSOKO ne suffisent pas ! 
Question : pour ceux qui comprennent bien Maninka ou BAMBARA , DJATA signifierait-il la meme chose que DJARRA ? Merci d'avance !
L' HISTOIRE ecrite ( ici dite ) par les VAINQUEURS et revisitee par les VAINCUS ! 
Pour le moment , , tel m'apparait l; auteir de ce texte , qui qu'il soit !

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+6boubacar d doumba16-09-2012 00:21

Plus je m'intéresse à l'histoire du Manden,plus je mesure l'immensité de mon ignorance.Le Manden est très profond...

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+9boubacar d doumba15-09-2012 23:54

Merci Madina!
L'histoire de l'Afrique est à écrire.Le livre de Niane Djibril Tafsir est UNE VERSIOn ( proche de l'épopée) de l'histoire du Mali.La version de Youssouf Tata Cissé en est une autre .Il faut accepter cela.

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+8boubacar d doumba15-09-2012 23:45

Je vais encore citer Lilyan Kesteloot :
"C'est TTamsir Niane encore qui précise combien ,dans une enquête sur Soundiata qui dura plusieurs années ,il n'obtint certains renseignements qu'après avoir été quasiment adopté tant par les griots que par les chefs des villages où il rayonnait avec ses étudiants .Et là encore ,il obtint des confidences dont ses étudiants furent exclus ."Car tout ne doit pas être dit".Il y a des interdits religieux autant que sociaux .Il y a différents cercles d'accès à des choses ,et de plus en plus restreints .Il y a enfin l'obligation du silence que même un historien moderne commeTamsir va respecter car des informations et non des moindres ,lui furent données sous le sceau du secret,et il aurait couru un risque de mort à les divulguer.Là-dessus les traditionalistes ne badinent pas, on l'a vu avec Wa Kamissoko .Amadou Hampâté Ba de son côté se refusait à publier son deuxième tome de l'EMPIRE PEUL DU MACINA car cela risque de rallumer la guerre..."Fin de citation

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+8madina15-09-2012 23:26

Grand merci au sage B.doumba de nous denicher un texte aussi beau et interessant.C'est une version des faits qui apporte de la variété et de la richesse ä l'Histoire de l'Afrique en general et celle du mandé en particulier.
J'apprécie la sincérité de Youssouf Bangoura et la circonspection de AOT,et je voudrais ajouter que les attaques de MFK,ne diminuent en rien,la grandeur de Djibril Tamsir Niane qui est enseigné dans toutes les universités du monde.Il est aussi interessant de souligner que Wa Kamissoko,le heros de l'auteur du présent article,quand il fut atteint de son mysterieux mal,il avait choisi de quitter son Mali natal pour venir se soigner en Guinée,dans la zone ou Tamsir Niane trouva ses sources.C'est d'ailleurs en Guinée qu'il rendit l'äme.
Le doyen Doumba est bien inspiré de soumettre ä débat les obscurités du Mandé par les temps qui courent.Voyez un peu quand un burkinabé se reclamant du mandé vient aujourd'hui nous imposer une dictature sanglante et vulgaire inspirée d'un autre qui se reclamait aussi du mandé alors qu'il n'était que le bätard d'un boucher mauritanien.

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+5boubacar d doumba15-09-2012 23:19

Merci Aménofils !
Dans le premier Tome intitulé "La grande geste du Mali' que j'ai d'ailleurs sous les yeux, environ deux cent pages sont consacrés à des questions réponses entre Wa Kamissoko et de grand hommes de culture dont Amadou Hampâté Ba et Nine Djibril Tafsir entre autres.Ce n'est donc pas une petite affaire!

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+4Amenofils15-09-2012 23:03

Je souhaiterai que le débat porte sur le fond et non sur la forme. Les écrits de notre compatriote Djibril Tamsir Niane sur l'empire du Mali ne sont pas traités comme une légende mais comme une vérité historique. Pourrait-on entendre une autre version que celle " imposée " par un livre du reste devenu très célèbre? Je suis curieux par nature et je crois avoir des éléments de connaissances à travers Mr Kanteka. On ne peut pas traiter de " blasphématoire " tout ce contredit ce qui est implante dans notre subconscient. Découvrons cet auteur sans appréhension et peut être en serons nous plus informés!

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+5boubacar d doumba15-09-2012 22:01

@Aménofils!
Dans un article Mountaga Fané Kantéka publié le 03 décembre 2007 je lis l'explication suivante: 
"Il faut d'abord savoir que sonjata n'est pas nom ou un prénom d'une personne.C'est un TITRE COLLECTIF signifiant "lion-voleur" qui a été porté par une multitude de personnes dont des femmes ".Fin de citation.

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+1AOT Diallo15-09-2012 21:59

Comme Paul je suis toujours supporteur de ceux qui posent un regard critique et contradictoire sur les faits historiques surtout quand ils sont sujets a caution. Tut le dit bien, les griots ne sont pas des "scientifiques cartésiens" et il y a fort a parier que des contre-vérités existent dans toutes leurs belles paroles et chacun d'entre eux. Dire que celui-ci est véridique et que celui-la est un obscur inculte n'est pas très "intellectuel" pour moi. Par ailleurs je trouve le style de ce texte prétentieux, irrespectueux de nos ainés et suffisant, donc a l'encontre justement de notre histoire et de nos coutumes, ce qui ne me pousse pas a vouloir lire sa suite ou son livre. 
Dernier point Mr Kanteka: le livre de Djibril Tamsir Niane indique des le départ qu'il s'agit d'une légende alors ne faites pas de lui un menteur parce que vous en racontez une autre...

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+7boubacar d doumba15-09-2012 21:53

@ Aménofils mon frère! Bonsoir!
Si tu es vraiment intéressé par l'histoire de l'empire du Mali je te recommande vivement les deux livres suivants dont Mountaga Fané Kantéka a fait allusion et qu'il a largement utilisés.
.La grande geste du Mali (des origines à la fondation de l'empire) Edition Kharthala 2000
.Soundjata la gloire du Mali (la grande geste du Mali Tome2)Edition Karthala 2009
Ces deux ouvrages ont pour auteurs Youssouf Tata Cissé et Wâ Kamissoko
il y a aussi l'article de LLilyan Kasteloot qui figure dans mon commentaire.Tu pourras peut être avoir cet article sue le NET
Bonne lecture! Tu y trouveras l'explication du nom Soundjata dans les deux volumes précédents.

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+8Tutankhamon15-09-2012 20:44

les griots ne sont pas des scientifiques. Alors nous ne devons pas prendre leur temoignages pour de l'argent comptant. D'ailleurs, c'est en Afrique seulement qu'un griot est pris au serieux. Dans d'autres cieux, ils seront vu comme des charlatans, des menteurs... Si l'histoirien et l'ethnologue ont farbriqué leurs histoires pourquoi pas ce journaliste? je suis confus. l'histoire amuse avant d'interesser et quand on s'y intresse c'est deja trop tard.

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+7Amenofils15-09-2012 20:37

En Afrique on aime donner des noms aux héros, à nos proches et à nos parents. Mais je me demande pourquoi personne n'a jamais porte le nom de SOUNDIATA.
Peut-être que quelqu'un pourrait me répondre. Et il semble bien que c'était le sosso avec Soumaoro Kante les rois et nobles du mandingues. Tout cela s'est passe dans des violences et trahisons! Pas de négationnisme mais des simples interrogations!

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+4Paul Théa15-09-2012 20:24

Je ne connaissais pas non plus cet auteur; par contre en cherchant sur google, j’ai vu qu’il a un blog et qu’il est au Canada. 
Quand j’animais à la radio, j’avais une émission consacrée à l’histoire de l’Afrique racontée par des africains et c’est comme cela que j’ai fait la connaissance de Sylvia Serbin qui a écrit Reines d’Afrique et héroïnes de la diaspora noire; Charles Onana et Malick Diarra entre autres qui sont tous d’ailleurs dans mon documentaire sur la Guinée (ils connaissent une partie de notre histoire).
C’est bien que des africains abordent nos histoire sans complaisance ; par contre, je suis contre qu’ils dénigrent le travail des autres. C’est mon avis.
A chacun de faire connaitre son travail et donner des arguments solides qui pousseront les lecteurs à plus de questions et de remise en question des enseignements oraux.
Je compte aller au Canada dans les prochains mois pour des interviews, j’aimerais avoir ses contacts s’il y a possibilité de le rencontrer. 
Voici quelques vidéos de ces trois écrivains que j’ai publiées sur youtube. Je les ai rencontré à Paris.
Sylvia Serbin : http://www.youtube.com/watch?v=cllgv6D3wBs
Malick Diarra : http://www.youtube.com/watch?v=yjxhidwyDe8
Charles Onana: http://www.youtube.com/watch?v=g8hA9gNiJbc

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+5boubacar d doumba15-09-2012 19:06

Evitons de personnaliser le débat mon frère Saliou.Celui qui a des questions ou des contradictions à porter à cet article qu'il le fasse .Mais de gr^ce évitons de personnaliser le débat.C'est d'histoire qu'il s'agit et non d'opinions personnelles.Celui t'engager dans l'affaire en t(adressant à Doumba, il fait évidemment fausse route et je ne répondrai pas à de telles insinuations de la part de qui que ça soit.Je ne suis pas l'auteur et je n'ai fait que transmettre.Si je veux écrire sur le sujet je le ferai comme je l'ait sur d'autres sujets car rien n'est tabou à mes yeux.
Was salam!

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+7boubacar d doumba15-09-2012 18:53

MOn cher Mamadou Saliou!
Le contenu de cet article ne m'engage en rien pas plus que le commentaire que j'ai fait en citant Lilyan Kasteloot.Par contre c'est moi qui ai transmis ce texte à guuineeactu .Mountaga n' y est pour rien.C'est ce que j'ai voulu faire comprendre à Youssouf et rien d'autre.Maintenant sur le fond chacun est libre de donner son opinion.

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+3Mamadou Saliou bah15-09-2012 18:41

Koto Boubacar !
Permets moi de ne pas être d' accord avec toi !
On ne peut ignorer l' auteur d' un TEXTE ( surtout HISTORIQUE ) quand on le parcours . C' est que j' ai appris a mes débuts d' études d' histoire . On ne peut " laisser KANTEKA tranquille " quand il rattache l' ethnologue qu' il critique aux KEITA ( de par sa mère ) sans qu' on ne le " rattache " aux KANTE ( Soumaoro) .
La publication de ce texte étant de toi , peut-on te poser " nos " questions avec tout le risque que cela comporte pour toi ?
Je regrette déjà de m' y être engage dans cette affaire ,
Bien a toi KOTO !

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+10boubacar d doumba15-09-2012 17:47

Mon cher Youssouf Bangoura! Tout comme Niane Djibril Tafsir a déniché "son obscur griot " et Youssouf Tata CIssé a déniché Wajan,c'est moi qui ai déniché Mountaga Kantéka et je lui ai demandé l'autorisation de publier ses écrits pour les mettre à la portée des internautes guinéens.Il ne recherche aucune renommée.C'est moi Diallo Boubacar Doumba qui ai transmis ce texte a Guineeactu de ma propre iniative.Attaque toi à moi , mais de grâce laisse Mountaga Kané Kantéka tranquille.
Was salam!

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+11boubacar d doumba15-09-2012 17:34

"Mythes et épopées sont témoins de l'histoire certes ,mais témoins suispects,témoins qu'il faut constamment contrôler...témoins plus politiques et poétiques que véridiques.
Et comment contrôler ces témoins dans un temps et un espace sans archives? De plusieurs manières, pensons nous .On peut rester tout d'abord sur le terrain de l'épopée et collecter d'autres versions venant d'autres régions et écoles .C'est ce qu'ont fait les chercheurs Youssouf Cissé Spory Camara. Youssouf Cissé (CNRS) interrogea donc longuement le griot tyraditionaliste Waa Kamissoko.
Dans ce récit,la personnalité de Soumahoro Kanté est présentée sous un autre jour.Le personnage prend cohérence et vrfaisemblance et n'est plus cette caricature d'affreux sorcier de la version de Tamsir Niane.C'est que Waa Kamissoko relève d'une autre école de tradiditionnalistes située près de Koulikoro ,au coeur de l'ancien royaume des Sossos ,et mieux informée de ce qui concerne cette ethnie et ce personnage.
Le même Kamissoko ,dans la foulée ,révèle ainsi que la cause profonde de la guerre de Soumahoro contre les royaumes mandin gues fut le trafic d'esclaves que ces derniers pratiquaient avec un tel excès que l'insécurité devenait intolérable.La démarche de Soumahoro auprès des princes mandingues aurait été d'abord pacifique,mais reconduit avec hauteur au prétexte qu'il était de la caste des forgerons, ce dernier aurait pris les armes jusqu'à conquérir non seulement le petit royaume de Niaré Maghan,mais aussi l'ancien Ghâna des Sonninkés dont ce fut la chute irrémédiable.En réalité,Soumahoiro fut donc le premier unificateur du pays manding sur lrquel il régna vingt ans". 
Ceci est un court extrait d'un article de Lilyan Kesteloot intitulé:DIEUX D'EAU DU SAHEL..
Mamadou Saliou Bah a raison d'être prudent dans cette affaire.Quant à mon frère Youssouf Bangoura, il a sauté pieds joints dans le plat sans savoir de quoi il s'agit.C'est dommage.
Je remercie Mountaga Kané Kantéka pour cette publication qui nous ouvre d'autres horizons

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-8Youssouf Bangoura15-09-2012 16:43

Mr Mountaga, je ne sais pourquoi vous tentez de décrédibiliser notre grand historien, vos révelations ne sont pas plus crédibles que les siennes . Vous avez les mêmes sources d'informations, les griots, qu'il mentionne le nom de son griot ou pas, cela n'a aucune espèce d'importance . Vous cherchez à exister, à vous faire connaitre, en passer par le denigrement des hommes de grandes qualités, vous n'arriverez pas pour l'instant à la cheville de ni de Tamsir Niane et ni de Youssouf tata .Vous êtes tout simplement pathétique et megalomane, racontez ce que vous savez de Soundiata, et laissez notre Niane tranquille . Je lis beaucoup mais, je n'ai jamais entendu parler ni de vous et ni vos écrits .

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+4Mamadou Saliou bah15-09-2012 16:38

Beaucoup de questions , beaucoup de contradictions et " une envie de tuer TAMSIR NIANE " !
En osant espérer les REPONSES a tout ça dans le prochain article , je me réserve " mes " questions .
D' ici la , que chacun se rappelle que tout Historien est tributaire de son époque et de son appartenance sociale : KANTE ( Soumaoro ) KA !
Bien à vous !


 

La vérité sur l'histoire mandingue: les aveux des griots et de leurs complices historiens ou ethnologues 

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« La Charte de Kurukan Fuga » : mythe ou …. ?

Boukoum Kouroukan Fuga

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LES ATELIERS DE LA PENSÉE #2 : « L’ÉMANCIPATION DE L’AFRIQUE PASSE PAR DES IDÉES NEUVES »

A Dakar, du 1er au 4 novembre, a lieu la deuxième édition du rendez-vous multiculturel et panafricain organisé par Achille Mbembe et Felwine Sarr. Entretien croisé
« Nezumi », du peintre congolais Chéri Samba.

Pour leur seconde édition organisée du mercredi 1er novembre au samedi 4 à Dakar, au Sénégal, les Ateliers de la pensée s’étoffent considérablement. Ce rendez-vous conçu par Achille Mbembe et Felwine Sarr réunira autour de la thématique « Condition planétaire et politique du vivant » une cinquantaine de philosophes, historiens, économistes, professeurs de littératures… mais aussi d’écrivains, cinéastes, photographes, commissaires d’exposition ainsi que des personnalités issues du monde médiatique ou religieux.

Lire aussi :   Ateliers de la pensée : le souffle de Dakar

Tous présenteront leurs réflexions au grand public au cours de deux Nuits de la pensée, jeudi et samedi. Des événements culturels (pièce de théâtre, exposition, ateliers…) sont également proposés avec cette ambition toujours affichée d’affirmer que le renouvellement de la pensée critique passe par les imaginaires.

Quels sont les enjeux de cette deuxième édition ?

Achille Mbembe Il s’agit de consolider les bases posées l’an dernier, s’agissant de questions telles que la décolonisation radicale des savoirs, une conception élargie de l’idée de l’universel, la fonction curative et réparatrice de la pensée et de l’écriture, la réhabilitation du principe d’hétérogénéité et de la multiplicité si profondément inscrit dans la structure même de notre histoire. Bref, il s’agit de congédier pour de bon l’idée selon laquelle l’Afriqueconstituerait un monde à part.

Ce projet simultané de reprise critique de notre historicité propre et d’habitation affirmative du monde est le fil directeur de cette deuxième édition. Au moment où notre monde plus que jamais se cherche – et la question de la condition terrestre se pose de nouveau avec acuité –, il s’agit de puiser dans nos archives et celles du Tout-Monde pour articuler un propos dont la portée est globale. Il s’agit par ailleurs de le faire d’une manière telle que personne ne puisse prétendre n’avoir rien entendu.

Pour le reste, nous comptons évidemment réaffirmer la nécessité de penser comme élément décisif de l’aspiration que porte l’Afrique de redevenir son centre propre.

Felwine Sarr Il s’agit également d’ancrer une scène intellectuelle afrodiasporique qui a l’ambition de prendre en charge des questions globales à partirdu continent. L’idée de cette édition est aussi d’élargir la réflexion à la pensée plastique, aux formes artistiques de production de sens et d’élargir les thématiques abordées, notamment celles qui portent sur des enjeux globaux que nous partageons : la communauté du vivant, les circulations, le bien-être, l’organisation du politique, les politiques du soin et de la convivialité, etc.

Qu’est-ce qui relie la cinquantaine de participants aux profils très variés qui viennent enrichir cette nouvelle édition ?

A.M. Le souci du monde et le souci de l’Afrique, de sa situation contemporaine, de son avenir et de l’avenir de ses descendants dans le monde. Ce souci de l’Afrique, une fois de plus, est inséparable du souci général pour la planète et tous ses habitants. Un tel souci ne peut avoir d’expression que polyphonique. Il appelle à la manifestation de plusieurs sortes d’intelligences. Nous nous sommes donc efforcés de faire place à chacune d’elles. Au demeurant, les arts, l’écriture plastique et les disciplines de l’imagination constituent l’un des moyens privilégiés par lesquelles s’exprime la pensée critique en Afrique.

F. S. Les relie aussi le désir d’une saisie intelligible du réel en train de se faire. Tenter de le comprendre pour mieux y déployer notre présence au monde sous ses modalités les plus lumineuses. Ce qui distingue ces intervenants aussi fera la richesse de l’échange et permettra de tisser nos perspectives de plusieurs fils. La trame de l’étoffe n’en sera que plus solide.

Un tiers des intervenants sont des femmes. Que faire pour qu’elles soient davantage entendues et présentes dans le monde des idées ?

A.M. Dans le champ de la critique afrodiasporique d’expression française, certaines des voix les plus novatrices et les plus radicales aujourd’hui sont celles de nos penseuses, de nos écrivaines, commissaires d’expositions, photographes, danseuses, compositrices, cinéastes et dramaturges. Cette nouvelle réalité finira par s’imposer d’elle-même. Pour ce qui nous concerne, le nombre des femmes cette année est bien plus élevé que l’an dernier. Il en va de la vitalité de nos débats.

Lire aussi :   Dakar accueille les plus grandes figures intellectuelles africaines

F.S. Nous avons fait un effort significatif d’identification des femmes porteuses de discours intellectuels novateurs et de création artistique féconde et nous en avons invité un bon nombre. Nous allons continuer ce travail. Il faut cependant observer qu’elles sont en général sous-représentées dans nos espaces académiques et de création artistique. Il y a un travail structurel à faire et des territoires à encore gagner.

Les Ateliers se muent en festival des idées avec une programmation culturelle. Une manière de renouer avec les grands événements culturels panafricains des années 1960 qui ont nourri les imaginaires africains ?

A.M. : Il s’agit en effet d’une grande fête, dans la vieille tradition africaine d’une célébration dont le but est à la fois de faire mémoire et de tracer des chemins d’avenir. L’idée est de célébrer des idées. De les rendre visibles. De valoriser en public cette fonction que beaucoup de forces cherchent à rabaisser. Mais il s’agit surtout de nous équiper et d’équiper les jeunes générations en vue des combats à venir.

Nous ne pourrons guère faire face aux défis auxquels nous sommes confrontés, et avec nous le monde que nous partageons avec d’autres, sans idées neuves. Il s’agit de forger un puissant mouvement d’idées capables de peser sur les transformations que nous ne pouvons plus différer, de changerd’imaginaire et d’ouvrir la voie à des pratiques sociales neuves. L’émancipation de l’Afrique dans les conditions contemporaines passe par la production de nouvelles idées, dans un geste qui restitue aux idées une relative autonomie. La réalité est que la répétition indéfinie de vieilles idées nous aura coûté extrêmement cher.

F.S. Les grands événements panafricains cités avaient aussi pour but de revendiquer une place plus importante et mieux reconnue de l’Afrique dans l’espace culturel mondial. Les Ateliers, mieux qu’une revendication, souhaitent contribuer à fonder de nouvelles intelligibilités et être un laboratoire d’une saisie critique et féconde de notre temps et de ses enjeux. C’est une force de contribution.

Lire aussi :   Les dix penseurs africains qui veulent achever l’émancipation du continent

L’édition 2017 s’ouvre au monde caribéen avec la présence de Rodney Saint-Eloi et aux penseurs issus du nord du continent. L’Afrique des idées abolit-elle les frontières ?

A.M. : Telle est justement l’une des fonctions que remplissent les idées, à savoir faire reculer les frontières de l’ignorance ; faire des frontières physiques des lieux de rencontres à traverser, sur des chemins dont nul ne peut prédire d’avance la destination.

Mais il s’agit aussi, de façon spécifique, de rouvrir le chapitre du dialogue entre l’Afrique et ses doubles. C’est le cas des Caraïbes. Dans le monde anglo-saxon, ce dialogue existe. Dans le monde d’expression française, il s’est affaissé après la grande période des Césaire, Fanon, Conde, Glissant, Depestre, etc. A la conscience planétaire s’est substituée une conscience insulaire parfois fondée sur la honte des origines et le mépris du continent. Il y a quelque chose du tropisme français qui a conduit au divorce entre l’Afrique et les Antilles, pour le malheur des deux. Il est temps d’y mettre un terme.

F.S. Non seulement elle abolit les frontières de ce côté-là de la mer, mais elle envisage également de les ouvrir du côté des mondes asiatiques, latino-américains, indo-européens dans les éditions à venir. Afin de proposer une saisie du monde au travers de la pluralité de ses archives. L’épuisement de l’une de ses archives, prépondérante ces derniers siècles, nécessite un renouvellement des gisements de sens et de nouveaux ensourcements pour faire face aux défis présents et à venir.

Vous avez décidé d’une thématique générale : « Condition planétaire et politique du vivant ». Pourquoi ce choix ?

A.M. : Parce que c’est le défi majeur en ce début de siècle. Notre monde ne cesse de se contracter. Nous en découvrons chaque jour les limites. L’on aura beau ériger toutes sortes de frontières, tenter de revenir aux illusions de l’Etat-nation et des communautés closes, chercher à chasser tous les étrangers et à ne vivre désormais qu’entre nous, la planétarisation de notre monde est irréversible. Et avec elle la conscience qu’il nous appartient tous, que nous en sommes tous des ayants droit, l’humanité et les autres espèces vivantes et organiques. Pour en assurer la durabilité et surtout pour le rendre habitable pour tous, nous devrons obligatoirement le partager. Et, surtout, en prendre collectivement soin dans un geste de dépassement qui nous remet à l’école de tous. Nous voulions, cette année, nous pencher sur cette problématique de l’en-commun et ses attendus philosophiques, politiques, économiques, écologiques et esthétiques.

F.S. La réflexion sur le vivant ou sur les existants porte également sur l’espace des relations qui existe entre les humains et le vivant sous toutes ses formes. Il s’agit d’interroger à nouveau les conditions de possibilité d’une production de relations de qualité entre ces différents composants de notre écosystème, dont l’interdépendance est structurelle. Un décentrement de l’Homme et une quête d’une place plus juste sont une voie que nous ne saurons ignorer longtemps.

Des romanciers et philosophes africains tels Gaston-Paul Effa, Véronique Tadjo, Kossi Efoui… invitent à repenser notre rapport à la nature et à redéfinir l’animisme. Une piste pour fonder une nouvelle approche écologique ?

A.M. Beaucoup, ailleurs, semblent redécouvrir ce que nous autres n’avons jamais perdu de vue, à savoir la communauté de destin qui réunit l’ensemble du vivant. Ils voudraient tourner le dos à une phase historique relativement longue et destructrice au cours de laquelle l’homme blanc en particulier a cru devoir dominer le reste de l’univers au nom d’un fantasme dévastateur, celui de sa supposée unicité. Il faut sans doute s’en féliciter. Encore faut-il, par ailleurs, bien mesurer ce que ce retour à la mesure implique en termes réels de dessaisissement de la puissance. Ou encore de partage réel des capacités et donc, aussi, des ressources et gisements de vie.

Les Ateliers de la pensée, du 1er au 4 novembre à Dakar. Retrouvez toute la programmation sur le site www.lesateliersdelapensee.comSéverine Kodjo-Grandvaux

Le Monde

 


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Yambo Ouologuem, écrivain malien, est mort

Prix Renaudot en 1968 pour « Le Devoir de violence », l’écrivain africain est mort à l’âge de 77 ans à Sévaré, au Mali.

Yambo Ouologuem dedicace son livre « Le Devoir de violence »,  pour lequel il a recu le prix Renaudot, en 1968.

Yambo Ouologuem est mort, samedi 14 octobre, à l’âge de 77 ans, à Sévaré au Mali. Mais cela faisait longtemps que l’écrivain avait disparu, ou peu s’en faut, de nos mémoires et du monde. En 1968, il avait reçu le premier prix Renaudot attribué à un Africain, toutes régions confondues. Il connut alors la gloire. Elle fut vite suivie d’une descente aux enfers.

Né le 22 août 1940 à Bandiagara, au Soudan français, actuel Mali, il restera toute sa vie attaché au pays dogon. Mais son père, inspecteur d’académie, levait régulièrement le drapeau français et faisait chanter La Marseillaise à son fils. Il le destinait à un parcours d’élite. Yambo le suivra. Après des études secondaires à Bamako, il intègre, en 1960, les classes préparatoires, d’abord à Henri-IV, à Paris, ensuite à Lyon. Elève de l’Ecole normale supérieure de Saint-Cloud (Hauts-de-Seine), il suit des études de lettres et d’anglais et prépare un doctorat en sociologie. Et, tandis qu’il est professeur de lycée à Charenton (Val-de-Marne), il écrit ce qui deviendra l’œuvre majeure qui lui vaudra le prix Renaudot : Le Devoir de violence (Le Seuil 1968, rééd. Le Serpent à plumes, 2003).

Postmoderne avant la lettre

Porté aux nues, Ouologuem est accueilli dans le Tout-Paris, à une époque où la littérature africaine a encore peu droit de cité. Le roman est traduit en anglais. C’est du monde anglo-saxon que partira l’alerte. En 1972, le Times Literary Supplement dénonce les similitudes entre Le Devoir de violence et It’s a Battlefield (C’est un champ de bataille, Laffont, 1953), de Graham Greene. En France, on souligne les proximités avec Le Dernier des Justes (Le Seuil, 1959), d’André Schwarz-Bart. Ce dernier ne lui en tint pas rigueur. L’agent littéraire de Greene, lui, demanda l’interdiction du livre. L’éditeur américain pilonna ses stocks et, en France, la direction du Seuil se désolidarisa de son auteur.

Postmoderne avant la lettre, Yambo Ouologuem avait appliqué une technique de montage cinématographique, reprenant et réécrivant en les sublimant des passages, sinon une trame entière d’auteurs allant de Rimbaud à Maupassant, des chroniques arabes à Robbe-Grillet. Une approche qu’il théorisa ensuite indirectement dans un pamphlet, Lettre à la France nègre (Nalis, 1969, rééd. Le Serpent à plumes, 2003). Ce faisant, il tendait au monde blanc un miroir dans lequel celui-ci devait se reconnaître dans ses mots et son style même, le plus fin qu’il soit. Les Européens n’y virent que plagiat.

« Détruit par les Français »

Mais Yambo Ouologuem ne s’attaquait pas qu’au monde occidental. Vaste fresque d’un royaume africain imaginaire du XIIIau XXe siècle, Le Devoir de violence dénonce la conquête arabe et la colonisation, mais fustige autant les compromissions des notables africains, accusés d’avoir assumé pour le colonisateur une « assistance technique ». L’élite du continent ne le lui pardonna pas, pas plus, pour certains, que son érotisme ouvert où l’homosexualité cessait d’être un tabou. Léopold Sédar Senghor traitera l’attitude du Malien d’ « affligeante » : « On ne peut pas faire une œuvre positive quand on nie tous ses ancêtres. »

« Détruit par les Français », selon ses termes, se tenant désormais loin de toute élite, Ouologuem retourna dans sa terre natale. Outre son premier roman et son pamphlet, il laissait derrière lui Les Mille et Une Bibles du sexe (Le Dauphin, 1969, rééd. Vents d’ailleurs, 2016), un roman signé Utto Rudolph où il détourne les codes de la littérature érotique classique. Adepte des masques et des clins d’œil, il avait aussi publié aux mêmes éditions du Dauphin deux romans sentimentaux, Le Secret des orchidées (1968) et Les Moissons de l’amour (1970), sous le pseudonyme de Nelly Brigitta. En quatre ans, il avait écrit cinq ouvrages et un inédit, présent aux archives de l’Institut mémoires de l’édition contemporaine, Les Pèlerins du Capharnaüm.

Au Mali, il n’écrivit plus. S’il a écrit, il n’a plus jamais publié. Tourné vers la spiritualité musulmane, protégé par sa mère puis par ses amis, il s’est enfermé dans le silence. Un silence habité par une des œuvres les plus audacieuses de la littérature africaine. De la littérature tout simplement. On attend que les titres, épuisés pour la plupart, soient réédités. Un projet de réédition du Devoir de violence est en cours au Seuil.

 

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Le rêve d’Europe, fausse promesse d’une vie meilleure

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