Star Wars 8 : la critique qui ne vous gâchera pas Les Derniers Jedi

Luke Skywalker, dernier jedi ?

Luke Skywalker, dernier jedi ?

N.B. : Malgré tous nos soins pour ne rien révéler de compromettant, il est certain que la lecture de cette critique vous donnera plus d'informations et d'impressions que si vous vous abstenez de lire quoi que ce soit. C'est logique mais on aime autant le souligner...

C'est avec une certaine fébrilité teintée d'un nouvel espoir que nous avons foncé dans Les Derniers Jedi. Après un Réveil de la Force égaré dans son overdose de fan service et noyant sa vacuité dans une agitation stérile, cet Épisode VIII saurait-il enfin nous transporter dans les étoiles ? Commençons par la bonne nouvelle : le padawan Rian Johnson (réalisateur du thriller de SF Looper), nouveau venu dans la galaxie et crédité comme unique scénariste du film, a su échapper au piège du clonage de l'héritage lucasien pour explorer enfin des univers inédits.

Pas de panique : on retrouve intacts les petits sentiers tracés par J. J Abrams dans l'Épisode VII et ce nouveau chapitre s'ouvre par ailleurs sur le même procédé d'ellipse pessimiste que jadis L'Empire contre-attaque. Dans La Guerre des étoiles, les rebelles avaient beau avoir fait sauter l'étoile Noire et conclu le récit en vainqueurs, l'opus suivant les montrait retranchés sur la planète gelée Hoth, en fuite face aux troupes impériales. En 2018, rebelote : malgré la destruction de la base Starkiller dans Le Réveil de la Force, la Résistance est loin d'être sortie de l'auberge. La flotte du général Leia continue d'être poursuivie par l'impitoyable Premier Ordre, tandis que, sur une île reculée de la planète Ahch-To, Rey supplie l'ermite Luke Skywalker de rejoindre les rebelles en détresse. Et accessoirement de l'aider à maîtriser la Force qui bouillonne en elle. Le temps presse, le côté obscur menace en la personne du tentateur parricide Kylo Ren...

Élégants clins d'œil aux fondamentaux
Le grand mérite des Derniers Jedi est d'avoir su poser une ambiance très différente du Réveil de la Force et une narration relativement originale dans sa volonté de déconcerter. À deux ou trois lignes près, la structure du scénario ne ressemble à aucun autre Star Wars, final y compris, et Johnson s'efforce d'élargir l'univers créé par Lucas. La comparaison avec L'Empire contre-attaque n'est pas illogique dans la mesure où Les Derniers Jedi montre aussi une rébellion au bord du gouffre et complexifie la narration du volet précédent. Nouveaux personnages, nouveaux mondes, nouvelles bébêtes (on ne balance pas les Porgs, ils sont presque mimi)... Et un Luke Skywalker enfin en pleine lumière après son apparition muette en conclusion du Réveil de la Force, belle récompense pour un Mark Hamill à la hauteur, physiquement comme dans son jeu. Saluons aussi l'élégance des discrets clins d'œil aux fondamentaux, moins lourdement assénés que dans l'Épisode VII, comme ce touchant rappel à l'ordre opéré par R2-D2 à l'encontre d'un Luke confiné dans ses regrets.

Rey (Daisy Ridley) et Luke Skywalker (Mark Hamill), maître Jedi brisé et retiré sur une île de la planète Ahch-To.

© Lucasfilm/Disney


Débutant par une enivrante bataille spatiale égalant les meilleurs combats de Rogue One, dans ses axes de caméra étourdissants comme son intensité tragique, Les Derniers Jedi offre également son lot d'images à couper le souffle. Plus tard dans l'histoire, un usage kamizaze du passage en vitesse lumière va même nous livrer sans conteste l'un cinq plus beaux plans jamais vus de toute la saga. À cet instant, on n'est pas loin de la sidération tant le spectacle est total. La planète Crait, à la surface de glace abritant un sous-sol de granit rouge, offre par ailleurs aux combats un cadre digne d'une toîle de maître et témoigne de la puissante « vista » esthétique de Rian Johnson. Enfin, à l'actif des Derniers Jedi, notons aussi une cohérence féministe bienvenue avec le précédent opus, via la nouvelle venue Rose et le général Leia, qui se paiera Poe Dameron lors d'un mémorable savon. Avec au passage, une réflexion intéressante sur la notion de sacrifice liée au nombril masculin.

Un film de transition sans véritable coup de théâtre
Il y a hélas une mauvaise nouvelle. Au fil d'un temps de vol trop long de 2 h 30, Les Derniers Jedi n'évite pas de trop nombreux trous d'air. À côté des réussites graphiques, on est tout d'abord étonné d'autres choix malheureux qui manquent de faire basculer le film dans le comique involontaire : témoin, le repaire aux parois rouges de Snoke et ses gardes kitsch, louchant sur le palais de Ming dans Flash Gordon ou le look douteux de l'amiral Holdo (Laura Dern en sosie décoloré de Valérie Lemercier). La parenthèse laborieuse dans la cité-casino de Canto Blight, version grand luxe de la Cantina de Tatooine, rappelle quant à elle curieusement les goûts visuels de Lucas période prélogie voire le Besson de Valérian (ce n'est pas un compliment). Même Leia, choyée au montage pour d'évidentes raisons, frise dangereusement le grotesque au détour d'une scène sidérale qu'on vous laissera le soin d'apprécier (ou non). On est heureux, dans ce contexte, que le toujours très soupe au lait Kylo Ren ait enfin décidé de se débarrasser de son casque « ridicule » (dixit Snoke lui-même !), ornement inutile depuis Le Réveil de la Force.

Mais le plus gênant est l'impression d'un film de transition avec l'Épisode IX, sans aucun véritable coup de théâtre et aux sous-intrigues peu excitantes. À trois reprises, Les Derniers Jedi flirte avec la tragédie ou un choix scénaristique radical, qu'il choisit finalement d'éviter. Des trames entières s'avèrent inutiles et surtout, les temps forts émotionnels du film échouent à produire les frissons espérés, de par une impression d'écriture trop mécanique. Même l'intrigue autour du Seigneur Snoke laisse un sentiment de promesse non tenue, eu égard à la pompe qui l'entourait depuis Le Réveil de la Force.

Reste la tentative ambitieuse d'explorer plus avant la question ô combien délicate – Lucas lui-même s'y est cassé les dents – de la religion jedi. Puisque le côté obscur surgit toujours pour faire face au côté lumineux de la Force, ne faudrait-il pas, au fond, jeter l'ensemble aux oubliettes ? Oubliant par instant ses péripéties à n'en plus finir et son cahier des charges commercial, l'Épisode VIII frôle la philosophie, posant des problématiques qui, à défaut d'être approfondies, rendent un peu à la saga sa dimension métaphysique.

Las, malgré toutes ses qualités, Les Derniers Jedi retient encore trop ses chevaux et ploie sous le poids des contraintes inhérentes à la colossale entreprise Star Wars. Les derniers liens à trancher avec les figures du passé en font partie et l'on sent que Johnson, fan absolu comme J. J Abrams, n'a pas su ou pu s'en affranchir sereinement, comme le prouve la réapparition assez maladroite d'un autre totem fétiche de la saga. Pour l'avenir de la franchise, Lucasfilm et ses commis réalisateurs devraient peut-être suivre l'injonction lancée par Kylo Ren à Rey en plein milieu des Derniers Jedi : « Il faut laisser mourir le passé. » Ce sera peut-être pour la prochaine trilogie ?

« Les Derniers Jedi », de Rian Johnson (2 h 30). Sortie nationale le 13 décembre.

Consultez notre dossier : Star Wars, l’histoire sans fin

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Philippe Labro : la mort de « mon ami Johnny me fout un coup » (VIDÉO)

C'est avec beaucoup d'émotion que l'écrivain rend hommage à Johnny Hallyday, son ami de longue date pour lequel il a écrit 27 chansons.

Mercredi 6 décembre 2017, 2 h 34. La terrible nouvelle tombe. Johnny Hallyday s'est éteint à l'âge de 74 ans. « Johnny Hallyday est parti. J'écris ces mots sans y croire. Et pourtant, c'est bien cela. Mon homme n'est plus. Il nous quitte cette nuit comme il aura vécu tout au long de sa vie, avec courage et dignité. » Tels sont les mots choisis par son épouse Læticia pour annoncer le décès de la plus grande légende du rock'n'roll français. Une nouvelle qui suscite des milliers de réactions parmi ses innombrables fans, mais aussi de la part de toutes les personnalités qui l'ont côtoyé au fil de ses soixante ans de carrière. Parmi celles-ci, Philippe Labro.

Journaliste, écrivain, réalisateur, mais aussi parolier de renom, Philippe Labro a écrit pas moins de 27 chansons pour Johnny Hallyday. Au micro du Point, dans les couloirs de CNews, l'homme de lettres apparaît complètement bouleversé par la mort de son fidèle ami et reconnaît volontiers que son décès lui « fout un coup ». Philippe Labro décrit un artiste « d'une grande intelligence, d'une grande intuition, d'un immense instinct, d'une grande timidité et d'une immense générosité », et salue un talent vocal qui « sublime les paroles que l'on écrit pour lui ».
Si la France perd une légende du rock, Philippe Labro perd un ami. « J'ai rarement eu un ami comme lui. »
Lire aussi notre direct Décès de Johnny : les hommages de la France entière
Consultez notre dossier : Johnny Hallyday, une vie rock’n roll
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PAGE SOUVENIR : Il y a quinze ans Babadjan Kaba (Thierno Saïdou Diakité)

Actualité de Guinée Conakry, 01/12/17. Nouvelle République de Guinée, www.nrgui.com. Il y a quinze ans, le 1er décembre 2002,  Babadjan Kaba, ‘’ la voix d’or de la savane’’ nous quittait à jamais des suites d’une longue maladie contractée à Paris, où il avait élu domicile dans les années 90.

Né à Abidjan de la famille Sékouna de Mamoudou Kabala, le destin de cet artiste est considéré comme blasphématoire par sa famille conservatrice. Babadjan est assez peu connu malgré un talent rare.

 

A 12 ans, Babadjan  est un grand mélomane et fanatique des films indous. En face de la concession familiale à Kankan, il y a le Solex Bar où se produit le Horoya Band. Le jeune Babadjan est subjugué par la prestation des musiciens de l’orchestre. Les doigtés de Kabinè Diabaté, alors soliste, la voix suave de Lancinè Kanté retiennent l’attention du jeune garçon.

En 1966, il se cache de son père pour rejoindre Cheick Traoré de l’orchestre de Kankan appelé Kenkenya Kè.

De peur que son fils n’embrasse la carrière de chanteur, son père le transfert à Siguiri. Ne voulant pas en   rester là, Babadjan refuse l’école et se contente de chanter dans la brousse.

Au hasard d’une rencontre, Django Cissé, alors bassiste du Niani Band entend la voix de Babadjan. Il l’intègre dans l’orchestre de Siguiri où il interprète avec brio le titre Boloba. Deux ans plus tard, Babadjan est incorporé dans l’orchestre fédéral, le Manden könö.

En 1970, le décès du père de Babadjan le libère enfin de la contrainte familiale. En 1973, en compagnie de l’orchestre fédéral, le Manden Könö, Babadjan participe pour la première fois au festival national à Conakry. Durant son séjour, il tape dans l’œil des musiciens de l’orchestre national Kèlètigui.

A la suite de négociations ardues avec les autorités de Siguiri, Babadjan débarque enfin à Conakry. En 1977, il entame les répétitions avec l’orchestre de Kèlètigui, et va produire avec cette formation musicale son titre phare, Maderi. Son association au vocal avec le congolais Ange Miguel donnera du tonus au répertoire de l’orchestre.

En 1982, avec Ibrahima Soumano, Bréma RDA pour les intimes, Wendell Kouyaté, Alphadio Condé et Ahmed Kaba, Babadjan enregistre une série de titres. Le groupe improvisé aura pour nom les Etoiles de Conakry. Quelque mois plus tard, il rejoint Abidjan via Bamako pour retrouver Manfila Kanté.

En 1985, Manfila part pour Paris, et Babadjan fonde avec quelques musiciens guinéens le groupe les Etoiles du Mandingue, qui vont se produire à Abidjan. En 1991, Souleymane Koly fait appel à Babadjan pour jouer dans l’opéra mandingue Waramba, qui livrera 19 spectacles en France.

Par le truchement d’Ibrahima Soumano, Babadjan s’installe définitivement à Paris. Là, il va poursuivre sa carrière musicale en produisant en tout et pour tout cinq albums : Sitan, Sabari, Feeling Mandingue, Kankan et A té Foroséla. En tant que requin de studio, il participera à l’arrangement de plusieurs albums d’artistes guinéens comme Dianka Diabaté, Djeli Moussa Kouyaté, et bien d’autres.

Quelques mois avant sa disparition, lors de son dernier séjour à Conakry, Babadjan s’était confié à certains de ses proches. Il avait en projet l’ouverture à Conakry d’un studio pour aider les artistes de la place, qui n’avaient pas les moyens de rallier Abidjan pour des enregistrements. Malheureusement, le destin en a décidé autrement.

Il s’en allé au royaume du silence en nous laissant le souvenir d’un artiste accompli, qui n’avait pas épuisé tout son talent. Son passage dans l’orchestre national Kèlètigui et ses tambourinis a imprimé une touche toute singulière au répertoire du groupe musical. Le titre Maderi est un best off qu’on ne se lasse jamais de déguster. Babadjan aura été une trouvaille qui confirme la maestria de feu Kèlètigui Traoré homme-orchestre pour qui la musique n’a point de secret. Dors en paix l’artiste !

                Thierno Saïdou Diakité

      

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L’ÉCRIVAIN ET ACADÉMICIEN JEAN D’ORMESSON EST MORT

Jean d’Ormesson est mort d’une crise cardiaque dans la nuit de lundi à mardi, à l’âge de 92 ans, a annoncé sa famille à l’Agence France Presse.

LE MONDE |  • Mis à jour le  

Jean d’Ormesson, chez lui, en 2016.

Tout en étant obligé de s’inscrire dans la lignée des comtes d’Ormesson, il s’était fait son propre nom, en forme de sourire, qui reflétait bien son caractère facétieux : Jean d’O. Plus il vieillissait, plus Jean d’Ormesson – qui est mort dans la nuit du 4 au 5 décembre à l’âge de 92 ans – était charmant et charmeur, avec son œil si bleu et son air à jamais espiègle. « Il a toujours dit qu’il partirait sans avoir tout dit et c’est aujourd’hui. Il nous laisse de merveilleux livres », a déclaré sa fille, Héloïse d’Ormesson. Il pensait avec raison que la gaieté est une politesse et voulait mériter un qualificatif presque perdu, « dans un siècle où règne le ressentiment » : délicieux.

Lire aussi :   La mort de Jean d’Ormesson fait réagir le monde politique et littéraire

Délicieux, il l’était. Bon écrivain, aussi. Mais, admirateur des grands auteurs, il se montrait sans illusion sur son œuvre – sans doute en attendant un démenti. Il a poussé ce jeu sur la littérature jusqu’à écrire un roman intitulé Presque rien sur presque tout (Gallimard, 1996). Lorsqu’on lui demandait si ce « presque rien sur presque tout » n’était pas l’inverse de ce que doit être la littérature, « presque tout sur presque rien », il partait d’un grand rire, en laissant au lecteur le soin de conclure.

Il pratiquait à merveille un art en voie de disparition, celui de la conversation. Il était brillant, jamais ennuyeux, parlait vite et bien. On avait envie de l’inviter sur tous les plateaux de télévision. On ne s’en privait pas, et il y avait pris goût.

« LONGTEMPS, JE ME SUIS DEMANDÉ CE QUE J’ALLAIS FAIRE DE MA VIE »

« Longtemps, je me suis demandé ce que j’allais faire de ma vie », affirmait-il au début de C’était bien, en 2000 (Gallimard) : un retour sur son passé et sur les contradictions de sa vie. Car, bien qu’appartenant à une « grande famille », tout n’avait pas été toujours facile pour lui. 
Jean d’Ormesson est né le 16 juin 1925. Son père, André d’Ormesson, est diplomate, bientôt (en 1936) ambassadeur de France. Sa mère, née Marie Anisson du Perron, descend des Le Peletier. Comme il l’évoque dans Au plaisir de Dieu(Gallimard, 1974), il a passé une partie de son enfance au château de Saint-Fargeau, qui appartenait à sa mère. La famille suivant son père dans ses différents postes, il a aussi vécu en Roumanie et au Brésil.

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Pour échapper à Sciences Po Jean d’Ormesson entre en hypokhâgne, puis intègre l’Ecole normale supérieure de la rue d’Ulm, juste après la seconde guerre mondiale. Il passe l’agrégation de philosophie et se résout à enseigner. On lui propose un poste à l’université américaine de Bryn Mawr, près de Philadelphie, université de jeunes filles, ce qui l’amuse plutôt. Mais il tombe gravement malade.

Il entre en 1950 à l’Unesco, où il devient l’assistant de Jacques Rueff au Conseil international de la philosophie et des sciences humaines nouvellement créé – qu’il dirigera plus tard. Il fait aussi, avec Roger Caillois, la revue de sciences humaines Diogène, dont le premier numéro est sorti en 1953. Il déclarait détester les réunions et les comités de rédaction, ce qui ne l’empêchera pas de diriger Le Figaro entre 1974 et 1977.

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« Au revoir et merci »

Il devient donc directeur du journal et, à ses chroniques, s’ajoutent des éditoriaux politiques qui ne manquent pas de susciter des polémiques à gauche. Lorsque Robert Hersant – qui avait été frappé d’indignité nationale pendant dix ans pour faits de collaboration – rachète Le Figaro, en 1975, Jean d’Ormesson, comme Raymond Aron, reste. Mais tous deux partiront deux ans plus tard.

Jean d’Ormesson va enfin pouvoir consacrer plus de temps à son œuvre littéraire, commencée en 1956 et ayant connu des fortunes diverses. René Julliard avait aimé (et publié) son premier texte, L’amour est un plaisir. Mais, après plusieurs échecs, ayant peu de goût pour le masochisme, Jean d’Ormesson faisait ses adieux à la littérature en publiant Au revoir et merci, en 1966 (réédité chez Gallimard en 1976).

Un an plus tard survient un événement pour lui dramatique : il doit se résoudre à vendre le château maternel de Saint-Fargeau. Et, au début des années 1970, tout change dans son existence : il écrit La Gloire de l’Empire, un pastiche de récits d’historiens. Roger Caillois s’enthousiasme et porte le manuscrit chez Gallimard, où il est publié (1971). Pour ce livre, Jean d’Ormesson reçoit le Grand Prix du roman de l’Académie française. En 1973, à 48 ans, il entre sous la Coupole au fauteuil de Jules Romains – il est alors le benjamin de l’Académie.

On le retrouve en 1974 avec un texte plus grave, Au plaisir de Dieu, qui raconte la fin d’un monde, celui de sa famille. Le succès, ensuite, ne le quittera plus. Dix livres en quinze ans – toujours sur les listes des meilleures ventes –, jusqu’à cette Histoire du Juif errant, en 1990, suivi de La Douane de meren 1994 puis de Presque rien sur presque tout, en 1996, trois romans (Gallimard) dans lesquels Jean d’Ormesson tente une explication du monde.

On sait, par ses articles du Figaro – il a continué à y collaborer après avoir abandonné la direction –, que Jean d’Ormesson n’a jamais dédaigné les combats et les polémiques. Ses attaques contre ceux qu’on désignait à droite comme les « socialo-communistes » lui ont même valu, pendant la guerre du Vietnam, d’être la cible d’une chanson de Jean Ferrat, Un air de liberté (1975). On en oublie parfois qu’il a magnifiquement écrit sur les écrivains. Parmi ses milliers d’articles, il en a choisi certains pour les réunir en volumes.

Un recueil dédié à sa fille Héloïse

En 2007, à 82 ans, il a fait cadeau d’un nouveau recueil à sa fille Héloïse, qui avait créé sa propre maison d’édition. Dans cette Odeur du temps (éd. Héloïse d’Ormesson), on mesure tout son amour de la vie, on comprend mieux ses passions, ses enthousiasmes. C’est finalement une sorte d’autobiographie détournée, avec ce qu’il faut de souvenirs de famille, de voyages.

Dans ces articles, on aime le style énergique, le sens des formules, des croquis, des portraits aigus, rapides. Et on découvre que Jean d’Ormesson possède une autre qualité trop rare : il sait admirer. Ainsi, François Mauriac occupe une large place, peut-être parce qu’en lui « s’incarnaient tous les talents d’un esprit à la fois classique et moderne et le génie de la langue porté à sa perfection. C’est cette rencontre si rare qui donne à François Mauriac, écrivain et journaliste, toutes ses chances d’éternité ». Paul Morand, au contraire, détestait le journalisme. Surprenant, quand on a écrit des livres sur des villes, « tant de reportages de génie où le monde moderne brillait de tous les feux nouveaux de l’automobile de sport, du cinéma et du jazz ».

Comprendre, aimer : deux mots qui sont le moteur de Jean d’Ormesson dans ces articles. Il célèbre Aragon. Totalement préservé de la jalousie et du ressentiment qui font détester ses contemporains, il sait aussi rendre hommage à ses cadets. Patrick Besson, qui a « plus de talent que les autres, et peut-être plus que personne ». Gabriel Matzneff, « un sauteur latiniste, un séducteur intellectuel, un diététicien métaphysique ». Et qui est donc ce « classique rebelle et farceur, doué comme pas un » ? Jean d’Ormesson lui-même ? Non, Philippe Sollers, qui, comme lui, se rallie à ce mot de Stendhal : « L’essentiel est de fuir les sots et de nous maintenir en joie. »

« Je dirai malgré tout que cette vie fut belle »

Il a su aussi aider Marguerite Yourcenar à forcer la porte de l’Académie française, avec « cette œuvre éclatante écrite dans ce style suprême qui rejette dans la préhistoire les fadaises et les mièvreries de la prétendue écriture féminine ». Cela n’a pas été une mince affaire. On est en 1979, et Jean d’Ormesson, qui était alors, à 54 ans, un « jeune » à l’Académie, a l’idée, à l’époque loufoque, de faire entrer une femme sous la Coupole. Alors, les académiciens perdent leurs nerfs. Les plaisanteries graveleuses abondent. Yourcenar est-elle vraiment une femme ? – allusion à sa vie sexuelle. Peut-être peut-on l’élire car elle écrit comme un homme. Contre toute attente, Marguerite Yourcenar est élue le 6 mars 1980 au fauteuil de Roger Caillois. En janvier 1981, c’est Jean d’Ormesson qui la reçoit.

Dans les dernières années de sa vie, Jean d’Ormesson a connu une consécration qui lui a certainement fait plus de plaisir que son élection à l’Académie française. En 2015, la prestigieuse « Bibliothèque de la Pléiade » de Gallimard a publié un volume de ses romans. Il en a fait le choix lui-même. Mais il n’a pas pour autant renoncé à écrire. En janvier 2016, paraissait chez Gallimard un excellent Jean d’Ormesson, sans doute l’un de ses meilleurs, Je dirai malgré tout que cette vie fut belle : une traversée, non pas du siècle mais des siècles, de Racine à Paul Morand, de Saint-Simon à François Mitterrand et bien d’autres. Livre testamentaire ? Jean d’Ormesson le reconnaît dans les dernières pages. Toutefois, en octobre 2016, co-édité par Gallimard et Héloïse d’Ormesson, il a publié un bref Guide des égarés.

Lire aussi :   Au plaisir de Jean d’Ormesson

Tous ses combats, comme tous ses livres, sont dominés par une passion qui oriente un destin, celle de la lecture. Jean d’Ormesson savait qu’il y aurait toujours quelques fous pour s’abstraire un moment du jeu social et entrer dans l’univers d’un écrivain. Alors, « tant qu’il y aura des livres, des gens pour en écrire et des gens pour en lire, tout ne sera pas perdu dans ce monde qu’en dépit de ses tristesses et de ses horreurs nous avons tant aimé ».

Le Monde

 
 
 


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Requiem pour un Imam

 Dans le mausolée Tierno Aliou Bhoubha Ndiyan à Labé, il y a des tombes de plusieurs de ses fils. Lors d’une des Ziara que les descendants organisent chaque année, une des petites filles du Waliyou avait demandé en larmes : « où est la tombe de mon père ? ». La tombe manquante dans le mausolée est celle de Tierno Mamadou Bah – homme intègre et charismatique, imposant guide religieux et imam, écrivain et historien dont la dépouille repose dans les tombes anonymes du PDG.  

Il y a 47 ans, le 30 Novembre 1970, sept jours après le débarquement portugais, Tierno Mamadou Bah fut kidnappé. Il sera jugé dans un simulacre de procès populaire et condamné à perpétuité. Il mourra l’année d’après dans d’atroces conditions.

Le fonctionnaire et le militant de l’indépendance.

Tierno Mamadou Bah est né à Labé en 1900 du grand Waliyou du Fouta-Djallon, Tierno Aliou Bhoubha Ndiyan et de Neenan Hadiatou. Il porte le nom de son grand-père paternel.

Il fit des études coraniques auprès de son père tout en fréquentant l’école française.  Il obtint le certificat d'études primaires en 1915. En 1923 il sort du Cours Normal de Conakry. L’année d’après, il est engagé dans l'administration coloniale. Il sert successivement à Dabola, Mali, Labé et Mamou.

Tierno Mamadou Bah fut membre fondateur de l'Association Gilbert Vieillard (association regroupant les cadres et intellectuels peulhs). Il est un compagnon de Diallo Yacine sur la liste duquel il sera élu Conseiller général de la Guinée française en 1947.  A la mort de Diallo Yacine en 1954, il en devient le légataire universel.

Tierno Mamadou Bah était affilié à la SFIO puis à la Démocratie Socialiste de Guinée, DSG créée par Barry III. Entre 1954 -1958, du fait de ses activités politiques, Tierno Mamadou Bahfut la cible des campagnes des milices du PDG (alors appelé service d’ordre) qui commettaient de nombreux crimes impunément avec la complicité du Gouverneur Général, Bernard Cornut-Gentille (Note 1).   

Notamment, lors d’une visite à Sannou, des agents du RDA de Labé (Mbemba Diakaby, Falilou Diallo, Labico Diallo, Maguette et Samba Cissoko) organisèrent leurs miliciens pour l’intimider et l’empêcher d’entrer dans le village. Ils crevèrent les pneus de son véhicule.

Après la fusion entre le BAG et la Démocratie Socialiste de Guinée (DSG) en PRA, Tierno Mamadou Bah prend une part active dans la campagne pour l’indépendance que prôna le PRA, après le PAI (Note 2). Il organise des meetings à Labé à son domicile avec Barry III pour la campagne pour le NON.

Après l’indépendance, El-Hadj Tierno Mamadou Bah demande à être admis à la retraite. Sous la pression de ses amis il y renonça et se mit au service du nouveau gouvernement. Il servira comme commandant de la circonscription de Labé et de Kankan. Il sera rappelé à Conakry pour servir comme directeur de cabinet de Damantang.

La retraite, l’érudit musulman et l’historien du Fouta-Djallon.  

En 1966, El-Hadj Tierno Mamadou Bah prend la retraite définitivement et s’installe à Labé. Il est imam de la Mosquée. Il consacre sa vie à l’écriture et à la religion.

Il écrivit un guide de prières en français illustré avec des photos pour vulgariser la pratique de la religion.

En collaboration avec son frère, El-Hadj Saikou Baldé - auteur de plusieurs monographies sur la vie du Fouta-Djallon - et qui fut jusqu’en 1969 directeur de l’Institut national de la recherche et de la documentation, INRDG (Note 3), il entreprend l’écriture de l’histoire sur le Fouta-Djallon en deux tomes :

  • L’histoire du Fouta-Djallon - des origines à la pénétration coloniale
  • Histoire du Fouta-Djallon - la pénétration européenne et l'occupation française

Le manuscrit sera terminé le 31 Août 1970, soit 3 mois avant son arrestation.

L’écrit tire parti de manuscrits de leur père, de sources orales et des documents de l’INRDG. Les deux tomes sont une synthèse et une référence inestimable de l’histoire du Fouta-Djallon. Ecrits par des autochtones, érudits et immergés dans les mœurs et traditions du Foutah, ils diffèrent des œuvres des colons qui – quel que soit l’état d’esprit- restent condescendants s’ils ne sont pas simplement racistes.

El-Hadj Saikou Baldé mourut en 1972. De ce fait et de l’atmosphère de terreur du PDG, l’œuvre ne sera publiée qu’en 2002 aux éditions l’Harmattan, avec une préface de Djibril Tamsir Niang.

Sous les attaques du PDG.

Entre 1966 et 1970, malgré son choix délibéré de se consacrer à la religion et à la culture, Tierno Mamadou Bah sera la cible du PDG, de ses provocations, de la paranoïa ravageuse de Sékou Touré et finalement de sa répressive vengeance.

Diané Lansana fut nommé commandant à Labé pour la besogne. Personnage malingre et aussi hargneux que Sékou Touré, il tenait d’interminables conférences à longueur d’années - avec son acolyte Samba Safé (Note 3) - durant lesquelles il lançait des vitupérations à Tierno Mamadou Bah.  Lors d’une de ces conférences, Diané alluma un feu sur une plateau que tenait Samba Safé. Il déclara que Tierno Mamadou Bah est un feu de paille et que la révolution est un feu éternel.

Face à ces menées, El-Hadj Tierno Mamadou Bah restait serein. Il ne céda ni à la peur, ni à la résignation. En 1967, Diané Lansana accentua la provocation. Il saisit des terrains qui appartenaient à El-Hadj Tierno Mamadou Bah dans le quartier de Konkola. Il les distribua gratuitement.

Quand Tierno Mamadou Bah fut averti, il confronta Diané Lansana. Il lui intima d’annuler les saisies. Diané l’insulta. Il reçut une gifle en retour. L’altercation scella le destin de Tierno Mamadou Bah.

L’arrestation  

Le 29 Novembre 1970, une semaine après le débarquement des troupes portugaises à Conakry, Tierno Mamadou Bah, reçut à la mosquée, certains des agents du RDA qui avaient mené des campagnes contre lui durant le temps colonial. Ils l’informèrent d’un ordre du gouvernement décrétant la prière de fin de ramadan pour le lendemain. Tierno Mamadou Bah leur répondit que l’imam ne peut décider de la prière. Elle dépend de l’apparition de la lune et non d’un ordre du gouvernement.

Tierno Mamadou Bah sera arrêté le lendemain, au petit-matin du 30 Novembre. L’arrestation était programmée. La visite de la mosquée n’était qu’une excuse pour dissimuler la préméditation.  Redoutant des révoltes de la population, les agents du parti firent courir le bruit de l’arrestation de l’imam n’était qu’une simple altercation avec les autorités à propos de la fête du Ramadan. Ils ne purent trouver des agents musulmans dans les forces de sécurité pour l’arrestation de l’Imam de la mosquée de Labé et de surcroit fils de Tierno Aliou Bhoubha Ndiyan. Hervé Vincent qui servait à Labé et qui se faisait passer pour un ami de la famille de Tierno Mamadou Bah fut commis à la tâche.  

Tierno Mamadou Bah fut emprisonné au camp El-Hadj Oumar le temps de tâter le pouls des populations. Ensuite, il fut transféré à Pita. Une fois assuré du manque de réactions, Sékou ordonna son transfert à Kankan. Il le coupait ainsi des contacts que les gardes permettaient discrètement avec la famille. Lors du transfert, il prit l’avion à Labé. Il était enchainé et portait le grand-boubou LEPPI avec lequel on l’avait arrêté. Ce sera sa dernière apparition en public.

Il ne fera jamais de déposition. Mais, les campagnes des purges l’accusèrent d’être à la tête d’une « cellule de la cinquième colonne au compte de la CIA » avec El-Hadj Oumar Bah de Pita, Seck Tierno Oumar, Barry Mody Oury, Balde Abdourahmane Kompanya, Bah Bano (son fils aîné) ainsi que de nombreux cadres de la famille de Bhoubha-Ndiyan. Selon les campagnes, ses émoluments étaient de 5000 dollars par mois ! (Note 5).  Pour donner du crédit au mensonge, la propagande du parti inventait des faux détails. Cela faisait aussi croire à l’opinion que le parti dispose d’un réseau d’agents de renseignement à l’extérieur de la Guinée. C’est ainsi qu’ils répandirent le bruit que l’argent reçu de la CIA servait à financer les études d’infirmière de sa fille qui était au Sénégal.

Tragique fin

El-Hadj Cherif Diallo, un des neveux de Tierno Mamadou Bah fut arrêté durant les purges de 1971 et emprisonné aussi à Kankan. Il sera le dernier membre de la famille à voir l’Imam vivant.  A sa sortie de prison, il raconta leur entrevue. Du fait des mauvaises conditions de vie carcérale, Tierno Mamadou Bah avait contracté le choléra. Malgré cela, ses inquiétudes allaient vers le reste de la famille dont il était le patriarche. Quand il vit son neveu, il lui demanda combien d’autres membres de la famille avaient été arrêtés. Il ignorait que son fils ainé (Bah Bano), une de ses filles (Mariama Poréko) et plusieurs de ses neveux avaient été arrêtés.  En dépit de sa santé chancelante, Tierno Mamadou Bah réconforta son neveu. Il lui dit que Dieu leur avait imposé ces épreuves pour les laver de leurs péchés. Il espérait ainsi qu’ils bénéficieront de la clémence divine le jour du jugement de dernier.

Sur instruction de Sékou Touré, Siaka Touré ordonna de l’enterrer vivant. 

Le spectre des fosses communes et des tombes manquantes.  

Dans beaucoup de familles de la Guinée il y a des morts sans sépultures. Les cimetières de la nation attendent leurs tombes. Le tabou des fosses communes et des disparus plane sur les consciences.

« Où est la tombe de mon père ? » La question est posée à toute la nation. Si l’on veut continuer à amuser les consciences par des querelles politiciennes, on peut l’ignorer. Sinon, il faut admettre qu’il y a longtemps qu’elle aurait dû être au centre du débat politique de la Guinée, inlassable et permanente. Elle aurait dû être retournée sous toutes les coutures, abordée sous tous les angles pour restituer la vie et la fin réelles des habitants des cénotaphes anonymes, qu’ils soient illustres ou du commun des citoyens. Comment et pourquoi ils furent arrêtés ? Comment ils furent torturés ? Qui furent les délateurs ? Pourquoi sont-ils morts de morts impensables dans toute société policée ?

Le silence autour de ces questions a donné licence aux criminels et a entériné la gangrène de l’impunité.  Il est futile de chercher à faire l’étiologie de la déchéance guinéenne sans que ne soient portées au grand jour les questions sur les disparus et les fosses communes ; sans qu’elles ne soient étendues à la sphère de la culture ainsi qu’aux complexes ramifications de l’histoire et de la politique ; sans qu’elle n’aillent vers les opaques recoins de notre société pour savoir où la barbarie gratuite s’est greffée ; comment elle a pu secréter un cancer de cruauté, de peur et de larbinisme qui a tétanisé toute une nation et l’a livrée impuissante aux mains de ses pires progénitures.

Comme source d’inspiration, on a la foi. Dans les cachots du PDG, elle permit à l’imam de réconforter un fils et de faire face à la mort et à l’arbitraire avec sérénité. Si la Guinée doit avoir un futur on doit faire provision de ces exemples et aller à la quête de la vérité qui sera tout sauf plaisante. Mais indispensable, elle reste.

Ourouro Bah

Notes

Note 1 :

Pour cette période, le chiffre minimal de morts du fait des violences du PDG est d’environ de 1 500 et 10,000 blessés –Des détails des attaques sont donnés par Alata :http://www.webguinee.net/bibliotheque/histoire/bernard-charles/role-violence-pouvoir-1954-58.html

http://www.campboiro.org/bibliotheque/alata_jp/prison_afrique/longscoutx.html

Note 2 :

Le PAI (Parti Africain de l’Indépendance) prôna l’indépendance en premier. Il fut suivi par le MSA (Mouvement Socialise Africain) dont la DSG était la section guinéenne.  Les principaux fondateurs du MSA furent Lamine Guèye du Sénégal, Barry III et Djibo Bakary du Niger. La DSG et le BAG fusionneront pour faire face aux violences du PDG/RDA. Si le PDG/RDA fut actif sur le front des revendications syndicales, il n’adhéra officiellement à l’option de l’indépendance, sous la poussée de certains militants, que quelques mois avant le référendum.  C’est après l’indépendance, que le parti réécrira l’histoire pour se donner une coloration anticolonialiste, voire révolutionnaire même si, comme illustré plus haut et comme on le verra au long de cette série, la violence du PDG ne cibla que des guinéens.

Note 3 :

INRDG : anciennement IFAN. L’immeuble au bord de la mer abritait le musée national et la bibliothèque nationale. Aujourd’hui c’est le camp de tortures de sinistre renom nommé Koundara. Cela est d’autant plus choquant pour moi, que c’est là que j’ai pris le virus de la lecture ! Tierno Monémbo dont le père était un ami de Elhaj-Shaikou m’a confié la même chose.

Note 4 :

Samba Safé était Instituteur. Il fut secrétaire fédéral du PDG de Labé et y régna en provocateur et démagogue. Il sera nommé gouverneur à Kankan durant les purges de 1971. Il servira quelques mois et sera arrêté en public. Il fera des aveux suppliant la clémence de Sékou Touré. En pleurs, il déclara qu’il est d’une origine de caste et qu’il doit tout au PDG. Ce fut vain. Il mourra des suites de la torture. 

Note 5 :

L’équivalent de 5000 dollars en 1971 est plus de 30,000 dollars aujourd’hui. A titre de comparaison, le salaire actuel des directeurs de la CIA est d’environ 14,000 dollars par mois.  Ainsi selon la propagande du PDG, la CIA payerait ses agents guinéens de l’époque plus du double du salaire de ses directeurs !

 

 

 

 

 

 

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