Afrique, continent en dérive sur un océan de mensonges, de dénégations !

Actualités de Guinée Conakry. Nouvelle République de Guinée, www.nrui.com L'Afrique était bel et bien partie : berceau de l'Humanité, mère des civilisations, des sciences, etc. Aujourd'hui, honte des peuples noirs, tels des aveugles assis sur des montagnes d'or, tendant une sébile pour une misérable obole. Honte plutôt à ses dirigeants sans foi ni loi !

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Les cent textes de chevet de ma petite Kaaba imaginaire. Voici Le bateau ivre de Rimbaud

Actualités de Guinée Conakry. Nouvelle Répulique de Guinée, www.nrgui.com Ce gamin de 17 ans qui, avec Verlaine son complice, avait proclamé « l'insoutenable légèreté de l'être » ( Milan Kundera), en s'enrôlant avec un brin d'insolence et de gaîté sombre, dans une association de malfaiteurs, qui font aujourd'hui la fortune du "tout-monde" : éditeurs (rares!), la vaste humanité qui se nourrit de ce qui nous délivre de la bête humaine, mais aussi celle dont l'âme est tramée dans le divertissement (Pascal ?). En vrac, parmi la quasi-centaine de poètes et écrivains qui ne se vendaient pas

« Quatre-vingts écrivains maudits se sont hissés à bord de ce livre, tels des naufragés perdus dans une tempête. Ils ont eu faim, ils ont eu froid, ils ont eu peur, ils ont souffert, la plupart sont morts jeunes, leurs livres ont été ignorés pendant des années. Pourtant, quelques-uns figurent parmi les plus grands de la littérature : Samuel Beckett, Fedor Dostoïevski, Francis Scott Fitzgerald, Jean Genet, Franz Kafka, Jack London, Guy de Maupassant, Edgar Poe, Arthur Rimbaud, Virginia Woolf, Stefan Zweig. D’autres sont injustement méconnus – ou mal connus – malgré leur talent : Paul Celan, René Crevel, Isabelle Eberhardt, Olivier Larronde, Violette Leduc, Katherine Mansfield, Klaus Mann, Flannery O’Connor, Rutebeuf, Simone Weil ».

Dans cet extrait, il y a évidemment l’inconsommable auteur des Fleurs du mal, Baudelaire aujourd’hui devenu enfant de chœur, même pour nos mômes qui se rincent les yeux à regarder des pubs de chocolat en cônes que lèchent des nanas lascives.. Ne parlons pas des Nègres maudits depuis le Déluge, The Last poets disparus au seuil des années 70, tontons des rappeurs ; ou Leroy Jones, Baldwin, Davis Diop, et même les pères de la Négritude, Senghor Césaire, Damas, bof, combien de Cahier d’un retour au pays natal se sont vendus, à côté du Petit Prince de Saint Exupéry, L’Etranger de Camus, classés parmi.. les trois fictions les plus vendues au monde ? Comme Verlaine, Rimbaud, quand les usuriers de l’Idée leur ont jeté à la face leur nègreries, ils l’on revendiqué leur Négritude. (Sartre, Orphée noir ?).

Avec Rimbaud, le bateau était ivre, aujourd’hui, il fait eau de toutes parts, mais tant qu’il y aura des poètes maudits, l’espoir est à l’horizon, qui est « comme la mer, il se révèle en se retirant » (Hölderlin).

Shalom, Was-Salam.

Saïdou Nour Bokoum

www.nrgui.com

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Med Hondo, figure du cinéma africain, est mort

Actualités de Guinée Conakry. Nouvelle Répulique de Guinée, www.nrgui.com Auteur de plusieurs films, le réalisateur français d’origine mauritanienne était célèbre dans le monde du doublage et auprès du grand public comme la voix française d’acteurs afro-américains.

Med Hondo est décédé à l’âge de 82 ans à Paris.

Med Hondo est décédé à l’âge de 82 ans à Paris. CAPTURE D'ECRAN / YOUTUBE
Beaucoup reconnaissaient sa voix, celle qui incarnait Eddie Murphy sur les écrans français. Med Hondo, le réalisateur français d’origine mauritanienne, est mort samedi 2 février à 82 ans à Paris, a annoncé à l’Agence France-presse (AFP) sa famille. Il devrait être enterré au Maroc, a précisé sa sœur Zahra.

Son décès survient alors que vient tout juste de se terminer le Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco), qui l’avait récompensé en 1987.

Né Mohamed Abib Hondo en 1936 en Mauritanie, Med Hondo est connu dans le monde du doublage et auprès du grand public comme la voix française d’acteurs afro-américains comme Eddie Murphy, Morgan Freeman ou Richard Pryor. Parmi ses rôles marquants dans des films d’animation figurent aussi la voix de Rafiki dans le classique de Disney Le roi lion, et l’âne de Shrek dans la saga à succès.

« Quand on double il faut regarder l’acteur dans les yeux », disait-il de sa voix douce masquant un physique à la Orson Welles. Il estimait que le doublage « est un métier d’acteur ».

Un projet de film sur Toussaint Louverture était en cours
Arrivé en France à la fin des années 1950, Med Hondo a exercé de nombreux métiers (docker, cuisinier) avant de se lancer dans le cinéma avec, comme credo, l’anticolonialisme et le goût de la rébellion.

Son premier film Soleil Ô, sorti en 1969, est « une attaque cinglante contre le colonialisme », selon le Festival de Cannes qui l’a présenté il y a deux ans dans sa section réservée aux reprises de classiques. Le film a bénéficié d’un programme de restauration via la World Film Foundation de Martin Scorsese, afin de défendre le cinéma africain.

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Viendront ensuite Les Bicots-nègres, vos voisins (1973), West Indies ou les nègres marrons de la liberté (1979), une comédie musicale sur la traite des esclaves, et Sarraounia, évocation de la reine du même nom, qui sera récompensé au Fespaco en 1987.

Son dernier film Fatima, l’Algérienne de Dakar remonte au début des années 2000. Il travaillait depuis des années à un projet de film sur Toussaint Louverture, grande figure de la révolution haïtienne, a souligné à l’AFP le journaliste Amobé Mévégué qui était un de ses proches. Ce projet était encore à un stade très préliminaire.

Le Monde/AFP

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Racisme anti-noir : « Comment le Maghreb en est-il venu à rejeter son africanité ? »

Des migrants subsahariens se sont grimés pour célébrer la culture et le folklore africains dans le centre de rétention libyen d’Al-Hamra, dans la région de Gharian, près de Tripoli, en février 2018.
Des migrants subsahariens se sont grimés pour célébrer la culture et le folklore africains dans le centre de rétention libyen d’Al-Hamra, dans la région de Gharian, près de Tripoli, en février 2018. MAHMUD TURKIA/AFP
Tribune. Les bouleversements politiques qui ont secoué le Maghreb ces dernières années ont fait ressurgir d’innombrables problèmes tenus jusque-là sous le poids du silence et du déni. L’une de ces questions refoulées concerne la situation des Noirs au cœur de cette partie spécifique de l’espace africain. Durant des décennies, le sujet a été biffé de l’histoire commune. Qu’ils en soient natifs ou non, les Noirs au Maghreb font l’objet d’une déconsidération doublée de discrimination. Contrairement au reste de la population, ils sont les seuls à être perçus comme l’incarnation d’un groupe exogène, repérable à des caractéristiques ethniques et socioculturelles présumées distinctes. Le plus surprenant, c’est que cette assertion prend le contre-pied d’une autre opinion commune, selon laquelle l’Afrique du Nord serait le réceptacle d’un peuplement disparate et bigarré, une terre de migrations et de métissage.

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Ce schéma dualiste a été à l’origine d’un système de hiérarchisation et de catégorisation paradoxale. Il en est résulté une vision qui tend à faire du Maghrébin à peau noire l’archétype de l’altérité : un Noir qui vit et se conduit donc par essence comme un Noir ! Ce cliché s’est incrusté dans les mentalités, provoquant une dissociation névrotique des identités, scindées en deux types d’affiliation politique et ethnosociologique : l’une africaine, l’autre arabe et musulmane. Aujourd’hui, les quatre pays du Maghreb proclament solennellement l’arabe comme langue nationale et officielle et l’islam comme religion d’Etat.

Stocks idéologiques
Il y a confusion entre ces deux catégories, qui relèvent pourtant de deux sphères différentes, l’une religieuse, l’autre ethnolinguistique. Rappelons que la majeure partie des musulmans n’est pas arabophone. D’ailleurs, malgré le mythe de la sacralité de la langue arabe, ni l’Iran ni la Turquie, pourtant très proches du berceau de l’arabité, n’ont à aucun moment de leur histoire revendiqué une commune filiation avec les Arabes. Il en est de même du Sénégal, ou de l’Indonésie, qui compte le plus grand nombre de musulmans au monde.

Comment les Etats maghrébins en sont-ils venus à revendiquer avec zèle et empressement cette parenté putative avec l’arabité et à rejeter avec force leur africanité ?

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L’islam s’est imposé cinq ou six siècles après la conquête de l’Afrique du Nord, non sans mépris envers les Berbères. Aux yeux des premiers conquérants arabes, les Berbères étaient un peuple vil, fruste et sauvage : « Des bêtes en liberté », selon l’historien du XIVe siècle Ibn Idhari. L’on établit même à leur encontre des hadith – paroles attribuées à Mahomet, le prophète de l’islam –, forgés de toutes pièces pour les rabaisser et justifier leur humiliation.

D’après l’auteur du Mu’djam al-Buldan, Yakut, le Prophète aurait dit : « Il n’existe, nulle part au monde, des êtres aussi répugnants que les Berbères. Quand même je n’aurais rien à distribuer comme aumône, si ce n’est la poignée de mon fouet, je serais plus enclin à la donner plutôt que d’affranchir un esclave berbère. » A leur tour, certains oulémas [théologiens de l’islam] d’origine berbère vont réagir en inventant des hadith pour se réhabiliter aux yeux des Arabes. Abu Al-Arab et Al-Maliki rapportent des traditions attribuées au Prophète lui-même, louant les mérites et la piété exemplaire des Berbères.

Quels sens donner à l’abandon de l’identité afro-berbère qui a longtemps cristallisé l’affirmation même de leur singularité face au reste des Arabes et des Africains ?

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La littérature arabe classique offre un réservoir inépuisable d’informations éclairantes sur la rhétorique de l’altérité à travers l’Histoire. Ces corpus permettent de reconstituer la manière dont a été pensé, imaginé et perçu le rapport à l’Afrique et aux minorités noires. Ces stocks idéologiques, réactualisés selon les problématiques politiques et sociétales du moment, ont traversé le temps et continuent de façonner les esprits.

Complexe obsessionnel
Un des exemples les plus éclatants du prisme de l’arabité et de la négation de soi est celui raconté par l’historien kairouanais du XIe siècle, Abu Bakr Al-Maliki. Dans Jardins des âmes (Riyad Al-Nufus), il dresse une série de biographies consacrées aux saints et aux grands lettrés de Tunisie. L’un des personnages, Al-Buhlul b Rashid Al-Ra’ini, un juriste et saint homme, vénéré pour sa piété et sa dévotion, était épouvanté d’appartenir à la multitude chamitique, déchue et flétrie. En effet, selon une vieille tradition musulmane, Cham, l’un des trois fils de Noé, était à l’origine un homme blanc, doté d’un beau visage et d’une allure fort agréable. Mais Dieu changea sa couleur à la suite de la malédiction prononcée par son père. Une partie de sa descendance s’établit en Inde, en Afrique et au Maghreb. C’est cette dernière lignée qui serait à l’origine des coptes d’Egypte et des Berbères. Inquiet pour le salut de son âme, Al-Buhlul vivait dans la hantise constante et effrayante de la disgrâce du Seigneur, jusqu’au jour où il apprit qu’il n’était pas de souche berbère : « Alors, pour remercier Dieu, il organisa un somptueux festin auquel il convia tous ses amis et proches. »

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D’autres récits confirment ce complexe obsessionnel qui témoigne d’une dépersonnalisation morale et culturelle aiguë chez beaucoup de savants et mystiques maghrébins. Ces exemples montrent le caractère prégnant dans la culture arabe d’une négrophobie doctrinale, agrémentée d’une haine de soi. Encore, faut-il le rappeler, en dehors de la mouvance kharidjite, branche issue du premier schisme de l’islam, la noirceur de peau a toujours constitué, selon la plupart des exégètes musulmans, un défaut inacceptable et ce au même titre que tous les autres vices rédhibitoires pour accéder au pouvoir suprême.

Ibn Khaldun, l’auteur de la Mukkadima souligne dans ses écrits l’extravagance des inventions sans fondement de certains généalogistes qui font descendre de la péninsule Arabique les ancêtres des Berbères, manière de « blanchir » leur origine.

Rappelons aussi le sort réservé à Ibrahim Ibn Al-Mahdi. Ce calife éphémère fut destitué en 819, car sa mère était une concubine royale d’origine afro-iranienne et qu’il était lui-même de teint très foncé. Quand à l’esclave nubien Kafur, prince d’Egypte, grand bâtisseur et protecteur des savants et des écrivains, il fut violemment vilipendé, haï et calomnié durant les vingt-deux ans de son règne. L’un des textes les plus ignobles, composé par l’un de ses détracteurs, Al-Mutanabbi, figure toujours en bonne place dans les manuels scolaires arabes. La quasi-totalité des collégiens sont tenus encore aujourd’hui de réciter par chœur les vers affreusement satiriques de ce poète, considérés comme le plus beau chef-d’œuvre de la prosodie arabe.

Anthropologie médiévale désuète
Ce sont d’ailleurs ces réservoirs sempiternels de représentations stéréotypées qui continuent à nourrir les choix des modèles et des dispositifs éducatifs actuels. Il suffit de jeter un coup d’œil sur le contenu des ouvrages du collège ou du lycée pour se rendre compte des dommages irréparables causés par la référence quasi constante à ces vieux topos, hérités d’une anthropologie médiévale, imaginaire et désuète.

Ces éléments ici réunis n’expliquent en rien l’exacerbation symptomatique actuelle des discriminations dans les pays du Maghreb. Mais ce détour permet d’expliquer la source des préjugés et la mise en place des marqueurs d’une hiérarchie imaginaire des identités biologiques et socioculturelles.

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Pendant plusieurs décennies, les regards ont été uniquement braqués sur la situation désastreuse des descendants d’esclaves noirs en Mauritanie. L’on se rend bien compte aujourd’hui que le problème dépasse largement les marges sahariennes du Maghreb. Les récits scandaleux de vente aux enchères de jeunes Subsahariens en Libye et les témoignages incessants d’agressions violentes et parfois meurtrières contre des Noirs montrent l’étendue des ravages qui affectent toutes les sphères de la vie sociale, que ce soit en Libye, au Maroc, en Algérie ou en Tunisie. Terre de paradoxes, ce dernier pays tente pourtant de faire figure d’exception. Berceau des « printemps arabes », il avait été en outre le premier Etat de la région à abolir, en principe, l’esclavage en 1846.

Evidemment, l’un des traits marquants de l’histoire des pays arabes, est celui d’une extrême durabilité des formes de servitude et d’esclavage. Etrangement, les esclaves noirs ont été les derniers à obtenir leur émancipation, et ce bien après celle des esclaves mamelouks, européens et circassiens. Ce processus lent et toujours inachevé explique, en partie, l’émergence tardive de la question des inégalités sociales et raciales. Par ailleurs, l’extension des violences racistes montre à quel point les préjugés, que l’on croyait appartenir à un temps révolu, continuent de proliférer. Manifestement, le problème est encore d’actualité. Aujourd’hui comme hier, la persistance des inégalités sociales et raciales fait obstacle à l’accès aux libertés publiques et citoyennes.

Salah Trabelsi est maître de conférences en histoire et civilisation à l’université Lumière Lyon II, et directeur adjoint du Groupe de recherches et d’études sur la Méditerranée et le Moyen-Orient (Gremmo). Il est coauteur de Résistances et mémoires des esclavages, éd. Karthala, 2014.

Chaque dimanche, le rendez-vous des idées du « Monde Afrique »
Le Monde Afrique vous propose un nouveau rendez-vous, tous les dimanches, consacré au débat d’idées sur le continent et dans ses diasporas. Un regard singulier qui prendra la forme d’un entretien, d’un portrait, d’une tribune ou d’une analyse : c’est « le rendez-vous des idées ».

Salah Trabelsi

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Nul n'est prophète dans son pays.. (vidéo)

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