FRANTZ FANON, AU PRÉSENT

Il y a 50 ans, mourait, à l'âge de 36 ans, Frantz Fanon, penseur anticolonial d’origine martiniquaise, devenu révolutionnaire algérien. Quels usages peut-on faire, aujourd’hui, de ses écrits, qui viennent de paraître en version intégrale ? Eléments de réponse en extraits, vidéo et audio, d’une soirée dédiée à cette question.
Il y a tout juste 50 ans, le 6 décembre 1961, Frantz Fanon meurt des suites d’une leucémie dans un hôpital de la périphérie de Washington. Il a seulement 36 ans, et a consacré les derniers mois de son existence à écrire Les Damnés de la terre.

Son corps est transporté en Tunisie, puis enterré par une petite colonne de l’ALN et du FLN, de l’autre côté de la frontière, en Algérie, dans le pays pour lequel ce penseur et révolutionnaire a lutté toutes ses dernières années. Il ne verra pas, quelques semaines plus tard, en mars 1962, la signature des accords d’Evian et l’indépendance de l’Algérie...

Dix ans avant sa mort, Fanon formulait une «ultime prière», en conclusion de Peau noire, masques blancs, ainsi formulée.

«Le nègre n’est pas. Pas plus que le Blanc.
Tous deux ont à s’écarter des voix inhumaines qui furent celles de leurs ancêtres respectifs afin que naisse une authentique communication. Avant de s’engager dans la voix positive, il y a pour la liberté un effort de désaliénation. Un homme, au début de son existence, est toujours congestionné et noyé dans la contingence. Le malheur de l’homme est d’avoir été enfant.
C’est par un effort de reprise sur soi et de dépouillement, c’est par une tension permanente de leur liberté que les hommes peuvent créer les conditions d’existence idéales d’un monde humain.
Supériorité ? Infériorité ?
Pourquoi tout simplement ne pas essayer de trouver l’autre, de sentir l’autre, de me révéler l’autre ?
Ma liberté ne m’est-elle donc pas donnée pour édifier le monde du 
Toi ?
A la fin de cet ouvrage, nous aimerions que l’on sente comme la dimension ouverte de toute conscience.
Mon ultime prière :
Ô mon corps, fais de moi toujours un homme qui interroge !»

C'est aussi par ces mots que s'est conclue la soirée que Mediapart a consacrée à Frantz Fanon la semaine dernière, en compagnie de Louis-Georges Tin, président du Conseil représentatif des associations noires, de Nicole Lapierre, socio-anthropologue, de Pap N’Diaye, historien, et de François Noudelmann, philosophe. Vous pouvez découvrir ci-dessous la video du message de Mireille Fanon Mendès-France lu en introduction de cette soirée par Rose-Marie Saint-Germès Akar, mais aussi une version audio intégrale en cliquant ici.

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