Guinée : les Etats Unis se démarquent de la France et de l’UE, en demandant la libération des prisonniers

Son Excellence Simon Henshaw, ambassadeur des États-Unis en Guinée

Comme indiqué dans nos précédentes dépêches, les membres de la communauté internationale ont publié dans la soirée d’hier, mardi 05 novembre 2019, un communiqué conjoint sur l’attaque meurtrière contre le cortège funèbre des 11 premières victimes des manifestations contre un troisième mandat du président Alpha Condé à Conakry.

Mais, loin de rassurer et d’apaiser, ce communiqué attribué au Système des Nations Unies, à la Délégation de l’Union européenne et aux Ambassades des Etats-Unis et de France en République de Guinée a déçu et même révolté plusieurs compatriotes. Finalement, l’ambassadeur des Etats-Unis en Guinée, Son Excellence Simon Henshaw a rédigé un autre communiqué pour exprimer la vraie position des Etats-Unis d’Amérique sur les crimes commis actuellement en République de Guinée.

Laconique et peu expressif, le communiqué d’hier appelait par exemple au dialogue sans demander la libération des leaders du FNDC, qui sont pourtant censés conduire une délégation pour ce dialogue au compte des opposants au troisième mandat. Ce communiqué n’est d’ailleurs qu’un semblant d’appel au dialogue, puisque le coordinateur du FNDC, Abdourahmane Sano, et ses collaborateurs sont en prison au moment où on parle de dialogue. Toute démarche sérieuse commencerait par demander d’abord leur libération, avant d’exhorter à un éventuel dialogue...

Dans son communiqué publié ce 06 novembre, Son Excellence Simon Henshaw a demandé au Gouvernement du président Alpha Condé de libérer ces prisonniers, de mener les enquêtes sur l’attaque du cortège funèbre du lundi dernier (qui a occasionné la mort de trois compatriotes) et sur les victimes des premières manifestations à Conakry contre le troisième mandat, le 14 octobre dernier (onze à Conakry et deux à Mamou).

Concernant la marche prévue demain, jeudi, par le Front national pour la défense de la constitution, les Etats-Unis, par la voix de leur ambassadeur exhortent « toutes les parties à éviter toute forme de violence »

Guineematin.com vous propose, ci-dessous, ce communiqué :

L’Ambassadeur Henshaw exhorte à la Paix

En ma qualité d’Ambassadeur des Etats-Unis en Guinée, j’exhorte toutes les parties à éviter toute forme de violence au cours de la marche prévue demain jeudi.

Les forces de sécurité doivent faire preuve de retenue et les marcheurs doivent éviter tout acte de provocation. Les cas de morts enregistrés le 4 novembre étaient tragiques. Nous accueillons bien la promesse du gouvernement à mener des enquêtes sur les cas de morts ; ces enquêtes doivent être diligentées rapidement afin que tous ceux qui y sont impliqués en soient tenus responsables. Il est en outre important que les enquêtes sur les cas de morts enregistrés lors des manifestations du 14 octobre soient aussi conclues.

En définitive, afin de créer les conditions nécessaires au dialogue, les responsables de l’opposition arrêtés, avant et au cours des manifestations du 14 octobre, doivent être libérés.

Communiqué transmis par le service presse de l’ambassade des USA

Déclaration de Niamey en faveur du constitutionnalisme pour la consolidation de la démocratie et le transfert pacifique du pouvoir

NB On peut rêver que cet emblème scelle un jour une telle déclaration de voeux qui ne resteraient pas pieux. (Saïdou Nour Bokoum; www.nrgui.com)

Niamey, Niger, le 4 octobre 2019 Un sommet sur le constitutionnalisme et la limitation des mandats présidentiels s’est tenu à Niamey, au Niger, du 2 au 4 octobre 2019 sousinvitation du NDI et ses partenaires, notamment la Fondation Kofi Annan, OSIWA et le Africa Forum, avec la participation d’anciens Chefs d'État africains, leaders de la société civile et professionnels des médias, afin d’examiner le constitutionnalisme, la consolidation de la démocratie et le transfert pacifique du pouvoir exécutif sur le Continent. Les participants remercient vivement le Gouvernement du Niger pour avoir accueilli ce sommet.

Nous, les participants, saluons les progrès accomplis dans les cadres constitutionnels d’une grande majorité des pays africains au cours des trois dernières décennies, notamment, l’adoption de la limitation des mandats présidentiels qui facilite le renouvellement du leadership politique, dans un Continent en pleine mutation démographique, économique et politique. A cela s’ajoutent les efforts de construction d'un Etat de droit à travers le Continent, avec ses corollaires de justice, d'efforts de réconciliation et de renforcement de la cohésion nationale

Nous relevons cependant que l’on assiste à un recul démocratique suite à des modifications constitutionnelles intempestives, qui ont supprimé le verrou de la limitation des mandats adopté lors du renouveau démocratique des années 1990 qui a marqué la fin de la guerre froide après l'écroulement du Mur de Berlin. Selon le Africa Center for Strategic Studies, sur les 21 pays africains qui ont maintenu les limites de mandats, les chefs d’Etat ne sont au pouvoir que depuis 4 ans, en moyenne. Par contre, le temps moyen au pouvoir pour les 10 dirigeants africains qui ont éludé la limitation de mandats est de 22 ans. Or, la suppression de la limitation du mandat sape la confiance des populations, accroît la concentration du pouvoir entre les mains d'un ou d’une poignée d’individus et réduit de ce fait l'espace politique.

Cette tendance entraîne finalement des risques accrus de tension, de violence politique et même de conflits civils. Nous nous réjouissons que la jeunesse africaine, un groupe démographique important, soit désireuse de participer et de contribuer à son tour à la gouvernance démocratique et au développement du Continent. Cependant, nous regrettons que des chefs d’État ayant duré au pouvoir, limitent des opportunités de participation et de renouvellement du leadership politique, ainsi que de l’alternance démocratique. Nous affirmons et nous nous engageons donc à : Promouvoir et défendre les principes du constitutionnalisme, de l'Etat de droit et du respect de la limitation des mandats Les actions concertées de tous les africains tant au niveau de la base qu’au niveau du sommet, doivent servir à promouvoir le constitutionnalisme et la limitation des mandats.

Aussi, nous nous engageons à unir nos voix pour exiger le respect de la limitation des mandats présidentiels, de la règle constitutionnelle et de l’Etat de droit de manière généralisée partout en Afrique. C’est un facteur de paix, de stabilité et de développement. Individuellement et collectivement, nous nous engageons à promouvoir les principes de constitutionnalisme et d’Etat de droit énoncés dans la Déclaration universelle des droits de l’Homme, la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance (ci-après “la Charte”) et les constitutions de divers pays africains, concernant notamment la limitation des mandats présidentiels et le renouvellement du leadership politique.

Nous soutenons les aspirations à la consolidation de l’ordre constitutionnel et à l’instauration d’une culture de démocratie et de paix, inscrites dans la Charte, visant aussi à établir des normes de changement politique pacifique à l’échelle continentale. La Charte soutient également la tenue d'élections régulières, crédibles et inclusives et le renforcement des institutions politiques. Il est alors évident que les révisions constitutionnelles ou les modifications décidées au seul profit d’un individu ou d’une minorité par le biais de la suppression ou de la modification de la limitation des mandats présidentiels sont contraires aux aspirations démocratiques. Bien que de tels changements puissent cadrer avec la loi, ils ne respectent pas la parole donnée qui doit être sacrée et contrarient de ce fait l'esprit de la constitution originale. Au-delà d’un instrument juridique, les constitutions doivent être considérées comme un engagement moral entre citoyens.Pour cela, des changements constitutionnels substantiels doivent être adoptés par voie référendaire et non pas par vote législatif uniquement. Faciliter des transferts pacifiques du pouvoir

Nous réaffirmons à nouveau, que les chefs d'État africains, les partis politiques, la société civile, les médias et les citoyens en général ont le devoir de faciliter les transferts pacifiques du pouvoir et doivent créer des environnements propices à une transition sans heurts d'un régime et d'une administration à l'autre. Nous pensons que des cadres juridiques efficaces permettant des elections transparentes et crédibles, et prévoyant des mécanismes de résolution pacifique des contentieux électoraux, empêchent les désaccords politiques de dégénérer en violence. Par ailleurs, nous apportons notre soutien aux lois adoptées dans plusieurs pays africains qui facilitent le transfert pacifique du pouvoir exécutif et permettent une collaboration constructive entre les gouvernements successifs.

Nous encourageons les pays à adopter les procédures appropriées permettant aux Présidents en exercice de procéder à un transfert pacifique du pouvoir au prochain gouvernement, avec une redevabilité effective en matière de transfert d'actifs et d'autorité administrative. Nous exhortons les Présidents en exercice à établir des délais rapides pour faciliter le respect de ces procédures. Nous invitons les organisations, notamment l'Union africaine et les communautés économiques régionales, à redoubler d'efforts pour renforcer les normes et les principes de constitutionnalisme, de l’état de droit et du respect de la limitation de la durée du mandat afin d'éviter l'effondrement des institutions, les crises et les conflits nationaux.

Nous recommandons vivement la promotion d’une diplomatie préventive d’anciens chefs d'État, de la société civile, des organisations religieuses et syndicales, des chefs traditionnels, et surtout des médias, quand des Présidents en exercice initient des procédures pour se soustraire à la limitation des mandats. Encourager un consensus national et continental sur le respect des limites du mandat présidentiel Nous appelons tous les africains à réaffirmer leur volonté de soutenir les progrès démocratiques réalisés sur le Continent en souscrivant à cette Déclaration de principes en faveur du constitutionnalisme, de l’Etat de droit et du respect de la durée du mandat présidentiel. Nous appuyons la ratification, la domestication et la mise en œuvre de la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance et de tout instrument conventionnel pertinent renforçant le constitutionnalisme sur le Continent. Cela permettrait le renforcement de l'Etat de droit et l'établissement des institutions dans leur esprit et dans la lettre. Nous encourageons également la création ou le renforcement de mécanismes de dialogue politique et social à l'intérieur des différents pays.

Nous exhortons les anciens dirigeants, à travers leurs bons offices et en collaboration avec la société civile et les médias, à poursuivre leurs efforts pour renforcer la démocratie sur le Continent et, le cas échéant, à servir de médiateurs et de pacificateurs. Ces actions confirmeront aux Présidents en exercice qu’il existe une vie digne et utile après le Palais présidentiel. Nous soutenons l'utilisation de cette déclaration comme outil de plaidoyer pour mettre à la disposition des peuples africains les moyens de tenir leurs dirigeants responsables et de les inciter à s’engager pleinement en faveur de la limitation constitutionnelle du nombre de mandats présidentiels. Fait à Niamey, le 4 octobre 2019

Le Burkina Faso au bord de l’effondrement

Une grande partie du territoire échappe désormais au contrôle de Ouagadougou qui commence à peine à sortir du déni face à la multiplication des attaques des groupes armés et des milices dites « d’autodéfense ».

 

Dans le village de Yagma, près de Ouagadougou, le 17 septembre. Le nombre de déplacés dans le pays atteint désormais près de 300 000 personnes en raison de la violence des groupes djihadistes.
Dans le village de Yagma, près de Ouagadougou, le 17 septembre. Le nombre de déplacés dans le pays atteint désormais près de 300 000 personnes en raison de la violence des groupes djihadistes. ISSOUF SANOGO / AFP
Il a fallu du temps aux autorités du Burkina Faso pour sortir de leur déni alors que les attaques se multipliaient sur le territoire jusqu’à frapper la capitale Ouagadougou. Ce temps est révolu. Il est à l’urgence devant « l’extrême gravité de la situation sécuritaire » qui fait « qu’il n’y a pas un jour, pas une semaine sans de nouvelles victimes », selon les mots du ministre des affaires étrangères Alpha Barry. A tel point que de hauts responsables occidentaux en viennent à redouter un effondrement de l’Etat, à l’image du voisin malien en 2012 sous les assauts alors combinés d’indépendantistes touareg et de groupes djihadistes.

Ouagadougou a en effet perdu la main sur une bonne partie du pays. « Environ un tiers du territoire échappe à son contrôle », affirme un officier de la police burkinabé. Une estimation confirmée par d’autres sources occidentales. Attablé à une terrasse de restaurant de la capitale, le policier trace les zones rouges à grands traits sur une carte du pays. Région par région, d’ouest en est, il isole la moitié de la Boucle du Mouhoun, les deux tiers du Centre-Nord, la totalité du Sahel, et un demi de l’Est. Autant de zones frontalières du Mali, du Niger, du Bénin et du Togo. « Pour compléter le tableau, le Sud-Ouest [proche de la Côte d’Ivoire] est sous la menace des bandits et des coupeurs de route », ajoute le policier.

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« Ils grappillent du terrain comme des fourmis »
Prenons Djibo, grande ville du nord du Burkina distante de seulement 210 kilomètres de Ouagadougou. Sa caserne est la seule à tenir encore dans la province du Soum, jouxtant le Mali. Harcelés, sous-équipés, démoralisés, les militaires burkinabés ont déserté les cinq autres positions qu’ils occupaient dans cette province. Cette débandade entamée il y a quelques mois s’est accélérée depuis l’attaque, fin août, de Koutougou, proche de la frontière malienne, soldée par la mort d’au moins vingt-quatre soldats – les officiers avaient abandonné la place quelques jours plus tôt – et le pillage d’un arsenal important.

L’assaut par des combattants en motos a été revendiqué par le Groupe de défense de l’islam et des musulmans (GSIM) lié à Al-Qaida. Pour les services burkinabés, le groupe Etat islamique au grand Sahara (EIGS) en serait l’auteur. Selon une source occidentale, « sept à neuf groupes armés sont présents dans le nord du pays et travaillent ensemble ».

Le Burkina Faso s’enfonce sournoisement dans une guerre qui ne dit pas encore son nom. Cela se traduit par plus de quatre cents incidents violents répertoriés depuis 2016 et des centaines de morts. Et si, depuis trois mois, tout semble calme dans l’Est, contrairement au premier semestre, c’est, selon une source policière, parce que « les militaires ne patrouillent plus par peur des embuscades ou des engins explosifs. Les routes sont tenues par les groupes armés ». « Ils grappillent du terrain comme des fourmis, méthodiquement », observe Mahamoudou Savadogo, chercheur sur les questions de sécurité. Ils contrôlent les campagnes et noyautent les milieux urbains.

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« La haine et la peur se sont installées »
Longtemps, Ouagadougou a ignoré les ressorts locaux des violences dont les prémices remontent pourtant à 2016 avec la montée en puissance du prédicateur radical Ibrahim Malam Dicko, porteur d’un message quasi révolutionnaire auprès des plus démunis délaissés par le pouvoir central ou subissant le poids social des structures traditionnelles.

En octobre 2018, la présidence de Roch Marc Christian Kaboré servait encore un « scénario complotiste » au ministre français des affaires étrangères : la main vengeresse de l’ancien président Blaise Compaoré (1987-2014), chassé par la rue, serait derrière toutes ces attaques. Puis on a accusé la France, soupçonnée de vouloir s’accaparer on ne sait quelles richesses nationales. « Ils ont perdu du temps », ponctue un diplomate.

« Certains émirs ou idéologues sont étrangers mais le terrorisme, chez nous, est devenu endogène à cause de la mauvaise gouvernance, de l’injustice, des spoliations... », énumère Mahamoudou Savadogo. « C’est une insurrection armée locale mais les autorités préfèrent l’auto-victimisation et dire que tout cela serait importé du Mali », ajoute le chercheur.

« Jamais la défense n’a reçu autant d’argent, mais on ne sait pas où ça va au nom du secret militaire », dénonce Luc Marius Ibriga, chef de l’autorité supérieure de lutte contre la corruption

Rencontré à Ouagadougou, l’influent chef d’un village frontalier du Mali raconte comment la situation s’est dégradée à partir de 2016 ; comment l’armée a usé d’une force disproportionnée pour tenter d’annihiler le mouvement du prédicateur Dicko. « Des jeunes ont fui au Mali et rejoint le Mujao [Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest], d’où ils sont revenus quelques mois plus tard pour se venger. Aujourd’hui, ils sont de plus en plus nombreux à aller vers les groupes armés. Ils n’ont plus d’autres choix parce que les FDS [l’armée] tuent, pillent, ciblent des villages ou des familles entières parce que l’un des leurs a rejoint les djihadistes. La haine et la peur se sont installées », déplore-t-il. Ainsi, son village, comme tant d’autres dans la région, se vide. A l’échelle du pays, le nombre de déplacés est passé de 87 000 personnes au mois de février à 289 000 en septembre. Environ 2 000 écoles ont été fermées. On ne compte plus les assassinats de représentants de l’Etat, de chefs traditionnels ou de certains marabouts considérés comme déviants par les djihadistes. Ce cycle est entretenu par les groupes armés djihadistes ou les milices dites d’autodéfense soufflant sur les braises de différends communautaires. Sans parler de l’enjeu du contrôle de voies de trafics en tous genres, partant du golfe de Guinée jusqu’aux rives de la Méditerranée à travers, entre autres, le Burkina.

Le notable nordiste concède aujourd’hui son impuissance : « En tant que chef traditionnel, nous avons perdu de l’importance. » « Résultat, tout le monde tire sur tout le monde. Et tout le monde est responsable : groupes armés, communautés, djihadistes. Une chose est sûre, la réponse militaire n’est pas la solution », observe un haut fonctionnaire en poste dans le Nord.

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Evanescence du pouvoir
Mais aucune autre dynamique ne semble à l’œuvre. Le rapport final de la réunion extraordinaire du conseil de médiation et de sécurité sur le terrorisme de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao), tenue le 12 septembre à Ouagadougou, dressait ainsi un constat alarmant : « Faible implication des leaders communautaires, religieux, des femmes et des jeunes ; sous-équipement des forces de défense et de sécurité ; impact des changements climatiques et prolifération des armes légères ; faible coordination pour lutter contre l’insécurité ; faiblesse des moyens de financement disponibles »...

On pourrait ajouter, dans le cas burkinabé, l’évanescence du pouvoir depuis la dissolution du système semi-autoritaire de Blaise Compaoré. « Il n’a pas de stratégie pour contrer celle des groupes armés qui ciblent les structures étatiques, exacerbent les tensions intercommunautaires et religieuses », tranche un observateur étranger.

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A l’image de son homologue et voisin malien, Ibrahim Boubacar Keïta, le président Kaboré, élu fin 2015, est accusé de passivité. « Notre administration ne fonctionne pas comme un Etat en guerre. Il y a une perte totale du sens de l’Etat au profit de la prédation », constate Luc Marius Ibriga. Rapport après rapport, ce chef de l’autorité supérieure de contrôle de l’Etat et de lutte contre la corruption dénonce, en vain, « une montée des actes de malversation du haut en bas de l’échelle depuis 2016, en toute impunité ». « Jamais la défense n’a reçu autant d’argent, mais on ne sait pas où ça va au nom du secret militaire », ajoute-t-il.

A un an de la présidentielle, le pouvoir devrait pourtant s’inquiéter de ces pratiques qui alimentent le mécontentement d’une part grandissante de la population. « Blaise Compaoré a été chassé à cause de sa mauvaise gouvernance démocratique et de la corruption », rappelle Bassolma Bazie, le secrétaire général de la confédération générale du travail (CGTB). Il laisse entendre que les mêmes causes pourraient produire les mêmes effets. Signe du malaise ambiant, la CGTB, aux côtés d’autres syndicats et des organisations de la société civile, a tenté de protester, le 16 septembre, dans les rues de la capitale. Une marche qui fut presque immédiatement dispersée par la police à coups de gaz lacrymogènes.

Christophe Châtelot

Le Monde

Forum sur la limitation des mandats présidentiels en Afrique à Niamey : Issoufou ne rempilera pas !

Actualités de Guinée Conakry. Nouvelle République de Guinée, www.nrgui.com 

 

Afrique : d'anciens chefs d'État militent contre le troisième mandat

« Non à un troisième mandat sur le continent », le sujet mobilise dans un sommet à Niamey, au Niger, d’anciens chefs d‘État africains parmi lesquels Nicéphore Soglo du Benin, Goodluck Jonathan du Nigeria, le Nigérien Mahamane Ousmane et la Libérienne Ellen Johnson Sirleaf.

Organisée par le National Democratic Institute, la rencontre de trois jours vise à inciter les dirigeants du continent à respecter la Constitution de leur pays et surtout à éviter des modifications pour s‘éterniser au pouvoir.

Une position soutenue par le président du Niger Mahamadou Issoufou qui a déjà fait savoir qu’il ne se représenterait pas pour un troisième mandat en 2021. M. Issoufou a par ailleurs rappelé que 35 pays ont limité les mandats, ce que 12 rechignent encore à faire. La limitation des mandats a également été abolie par six pays et modifiée par deux autres.

Il faut dire que la question du troisième mandat des présidents reste encore un grand problème qui alimente des tensions politiques et sociales en Afrique du fait des modifications des textes par les présidents en exercice pour rester au pouvoir le plus longtemps possible.

Africanews