Je n'ai jamais dit que le UN était deux (Omar Khayyam)

   

La splendeur des dieux sauvés des eaux

Statuette en bronze d'un pharaon, dont la coiffe est ornée d'un uraeus, le serpent protecteur (500-250 av. J.-C.), au moment de sa découverte à Héracléion.

L’exposition à l’Institut du monde arabe (IMA) de Paris des deux cent soixante pièces repêchées dans la baie d’Aboukir, au large du delta du Nil, trésors de l’antique Egypte, est un événement. Ces vestiges proviennent d’Héracléion, connue aussi sous le nom de Thônis, et de Canope, deux villes portuaires prospères, englouties depuis des millénaires sous plusieurs mètres de sédiments marins. Ces cités, gardiennes de la porte de l’Egypte, avaient disparu, happées par la Méditerranée, sans qu’on sache pourquoi ni précisément où.

Sauvées des eaux, ces œuvres, des statues monumentales et des portraits en granit rose, en granodiorite noire (la roche dans laquelle fut gravée la pierre de Rosette) ou en bois de sycomore, des coupes, des bijoux, des ex-voto, ciselés dans le bronze, l’or, l’argent, témoignent de leur splendeur. Le butin provient des fouilles sous-marines de Franck Goddio, président de l’Institut européen d’archéologie sous-marine (IEASM), qui a travaillé avec une équipe de soixante spécialistes (plongeurs, ingénieurs, cameramans, archéologues, dessinateurs, restaurateurs…) pour localiser, explorer les cités perdues, en exhumer les vestiges et les restaurer.

Ces vestiges proviennent d’Héracléion, connue aussi sous le nom de Thônis, et de Canope

Un premier raz-de-marée aurait touché Héracléion entre 450 et 350 av. J.-C. Liée à un séisme, la destruction du temple dédié à Amon, le Zeus du panthéon égyptien, remonterait, elle, à la fin du IIe siècle avant notre ère. La ville, à moitié sous l’eau, fut abandonnée durant cinq siècles. Au VIIIe siècle, un tsunami, la « gifle de Poséidon » – selon l’expression d’Homère pour un phénomène comparable qui submergea le sud-ouest de la Sardaigne, vers 1200 av. J.-C. –, sera sans appel. « Le delta du Nil s’est enfoncé, faisant disparaître Héracléion, Canope et le portus magnus d’Alexandrie », rapporte Franck Goddio, qui a dirigé les fouilles à 6 kilomètres au large d’Aboukir et est commissaire de l’exposition de l’IMA.

«  A la bouche du Nil  »

L’histoire même de la découverte, telle que la raconte ce passionné d’Histoire ancienne et d’archéologie, donne la mesure de la difficulté de l’entreprise. L’existence de ces cités était connue par les textes des historiens antiques Hérodote et Diodore de Sicile, mais c’est la stèle trilingue – en hiéroglyphe, démotique et grec – du décret de Canope, datée de 238 av. J.-C., traduite en 1881 par Gaston Maspero, qui l’intrigue. Y sont mentionnés Héracléion et le grand temple Amon de Gereb, d’où part la procession rituelle de la figure du dieu Osiris se rendant à Canope.

Le géographe Strabon les situait, vers 25 av. J.-C., à la « bouche du Nil ». Les localiser devient une obsession pour Franck Goddio. « Je n’étais pas le premier à vouloir les chercher, avoue-t-il. Le prince Omar Toussoun [1872-1944], homme de savoir, possédant une villa en baie d’Aboukir, avait lancé une mission avec un vieux pêcheur, sans succès. »

Divinités osiriennes posées sur les fonds sous-marins de la baie d’Aboukir. Statuettes en bronze découvertes sur le site de Thônis-Héracléion, Egypte, VIe – IIe s. av. J.-C. (Mise en scène).

Le chercheur est aidé par un appareil révolutionnaire, le manomètre à résonance magnétique nucléaire, hypersensible  : « On le tracta derrière un bateau en traçant des lignes droites tous les dix mètres pour couvrir une zone de cent cinquante mètres carrés. » L’opération commence en 1996. Trois ans plus tard, Héracléion est repérée, avec son grand temple, invisible sous les fonds marins. « Vous plongez, dit-il, vous voyez du sable ! On commence par des fouilles très ponctuelles. »

Un mur de trois mètres de large en grands blocs de calcaire est dégagé sur 103 mètres. La tête en marbre blanc grec, celle d’un Osiris-Sérapis, garant de la continuité dynastique, dieu syncrétique né d’un songe du pharaon Ptolémée Sôter, le général d’Alexandre le Grand, est exhumée. «  La première semaine de fouilles, on a découvert une pyramide de granit rose, la chapelle monolithe du dieu Amon de Gereb. C’est le grand Jean Yoyotte [mort en 2009] qui a lu les hiéroglyphes. On était dans la ville d’Héracléion », se rappelle avec émotion le plongeur averti.

«  Un rêve d’enfant  »

L’aventure s’emballe. Sur la stèle intacte en granodiorite noire de Nectanébo 1er, datant de 378 av. J.-C., le pharaon ordonne qu’elle soit érigée à Thônis-Héracléion – noms égyptien et grec. L’éminent égyptologue Jean Yoyotte, présent sur place, la décrypte. Cinquante ans auparavant, il avait écrit que Thônis et Héracléion étaient une même ville. « Il était là, devant la preuve de son exceptionnelle érudition. C’était le plus grand depuis Champollion », insiste Franck Goddio.

Divinités osiriennes posées sur les fonds sous-marins de la baie d’Aboukir. Statuettes en bronze découvertes sur le site de Thônis-Héracléion, Egypte, VIe – IIe s. av. J.-C. (Mise en scène).

A l’IMA, les objets exposés disent l’importance du culte rendu à Osiris. Seul dieu vénéré dans toute l’Egypte, affirme Hérodote. La procession nautique que la figure divine doit accomplir une fois l’an est rythmée, dans les vitrines, par des pièces inédites. Comme quelques-unes des 350 mini-barques votives en plomb qui flèchent le parcours de la barque d’Osiris, le long d’un canal sacré souterrain, large de soixante mètres, d’Héracléion à Canope.

Témoigne aussi le fameux Osiris végétant, statuette momifiée faite de grains d’orge et de limon marin, grande comme un nouveau-né, moulée dans une coupe d’or et séchée au soleil. Renouvelée chaque année, elle symbolise la renaissance du dieu assurant la stabilité du cosmos. Un culte des mystères chanté par Plutarque  : « Osiris est le Nil qui s’unit à la Terre-Isis, et Seth, la mer dans laquelle le Nil se jette, disparaît et se disperse. »

Une exposition remarquablement mise en scène. « Un rêve d’enfant » pour Jack Lang, président de l’IMA, qui ne cache pas son plaisir d’accueillir tous ces trésors prêtés par l’Egypte.

Lire aussi : Où se trouve le tombeau de Néfertiti ?

Osiris, mystères engloutis d’Egypte. Institut du monde arabe, 1, rue des Fossés-Saint-Bernard, Paris 5e. Tous les jours, sauf le lundi, de 10 heures à 19 heures, le vendredi jusqu’à 21  h  30, le week-end jusqu’à 20 heures. Jusqu’au 31 janvier 2016. www.imarabe.org



La Mecque : entre la cité de Dieu et la cité des hommes

Selon la tradition musulmane, La Mecque est une cité choisie par Dieu comme « bénédiction et direction pour les mondes ». En cela, elle est la « mère des cités » et le « nombril de la terre ». Mais elle est aussi une création des hommes, qui ont fait d’elle, au fil des siècles, ce qu’elle est aujourd’hui. Restait à en écrire l’histoire. C’est à quoi s’est attaqué Ziauddin Sardar, intellectuel britannique, et musulman d’origine pakistanaise, dans son Histoire de la Mecque, de la naissance d’Abraham au XXIe siècle, publiée aux éditions Payot. Après La Vie quotidienne à la Mecque de Mahomet à nos jours de Slimane Zeghidour (Hachette, 1989), il s’agit du premier ouvrage d’une pareille ambition, dont la parution en français coïncide avec la période du pèlerinage (hadj) de 2015, prévue pour la seconde moitié de septembre.

Pour ériger ce « clinquant architectural », il aura fallu détruire quelque 400 édifices, soit 95% de l’héritage millénaire de la ville.

Le projet était d’autant plus méritoire que La Mecque est, depuis plus de 80 ans, la chasse gardée de la dynastie saoudiennne qui en a fait l’instrument de sa légitimité politique et religieuse, et a choisi, écrit l’auteur, d’agir comme si cette ville « n’avait ni préhistoire ni histoire avant Mahomet, ni histoire après lui ». En 1973, cette volonté d’effacer toute trace du passé a conduit l’Etat saoudien à raser au bulldozer des quartiers entiers qui abritaient des sites historiques, anéantissant du coup un irremplaçable patrimoine culturel. Et ce n’était pas fini : en 2005, la mosquée Bilâl, probablement édifiée à l’époque du prophète Mahomet, est démolie sous un prétexte purement sécuritaire : elle jouxtait le palais du roi Fahd ; en 2010, la maison supposée de Khadija, première épouse du prophète, se voit recycler en un bloc sanitaire, au sein d’un luxueux complexe résidentiel, Makkah Clock Royal Tower, avec vue plongeante sur la mosquée sacrée et la Kaaba (bâtiment cubique recouvert de soie noire et abritant la fameuse pierre noire). D’après Sardar, pour ériger « ce clinquant architectural » démesuré, il aura fallu détruire quelque 400 édifices, soit 95% de l’héritage millénaire de la ville.

 

Les rues et maisons traditionnelles des vieux quartiers de La Mecque au milieudu XXe siècle. (Collection de l’auteur)

Comment retracer quand même l’histoire de La Mecque ? L’auteur a tenté de relever le défi. En 1975, il est nommé à Djeddah, au Centre de recherches sur le hadj. Là, cinq années durant, étant sur le terrain, il acquiert une connaissance intime de La Mecque, de ses quartiers traditionnels et de ses structures sociales ; participe à des projets de développement durable pour la ville, restés sans suite ; et s’attache à conserver, ne fût-ce que par l’image, des sites voués à disparaître, en les photographiant et les filmant.

Il a également le privilège d’effectuer le hadj cinq années de suite : y prendre part, a fortiori cinq fois, est un privilège qu’il mesure bien. Quoiqu’étant le plus grand rassemblement humain au monde, le pèlerinage n’est accessible qu’à une minorité (en 2012, sur plus d’1,5 milliard de musulmans, 3 millions de pèlerins ont été recensés par les Saoudiens).

En effet, si le hadj est le cinquième pilier de l’islam, il n’est obligatoire de l’accomplir, au moins une fois dans sa vie, qu’à condition d’en avoir la capacité financière et physique.

 

Vue aérienne de la grande mosquée pendant le ramadan, en juillet 2015.

C’est parce que rares sont les croyants qui ont réalisé ce rêve que la Mecque est devenue, aux yeux de tout musulman, une cité idéale qui transcende le temps. D’où la construction progressive, par la tradition et la conscience collective musulmanes, d’une ville sainte quasi mythique.

Sardar, bien que lui-même passionnément épris de cette ville, entreprend de démythifier une telle représentation : « Ce livre n’est donc pas consacré à La Mecque telle qu’elle a été idéalisée, même s’il s’intéresse aux mécanismes ayant conduit à cette idéalisation. Son propos est d’évoquer cette Mecque périphérique et négligée, ce lieu où des vies ont été vécues, où des héros mais aussi des gredins ont prospéré, ou des atrocités ont été commises, et où cupidité et intolérance étaient la norme. »

Entreprise audacieuse à l’égard de ses coréligionnaires, dont il affirme que s’ils en savent peu sur cette histoire, c’est en raison d’une mémoire sélective et biaisée, quand elle n’en vient pas à tout excuser. Entreprise réussie jugeront en tout cas les non-musulmans, car – grâce à un talent de conteur aussi enjoué qu’érudit – l’auteur leur permet de pénétrer dans ce qui est, pour eux, la cité interdite.

Il ne fait pas bon être noir dans la ville sainte

Chemin faisant, le lecteur découvrira des pans entiers de l’histoire de l’islam, où abondent sectes rivales, règlements de compte fratricides, attentats meurtriers jusque dans le sanctuaire. Mais les périodes fastes ne manquent pas, durant lesquelles les pèlerins de toutes provenances, souvent chargés de marchandises précieuses, apportaient leurs savoirs et leurs courants de pensée divers, contribuant à faire de La Mecque un lieu d’échanges sur tous les plans, plaisirs sensuels compris.

Cependant, à partir de la fin du IXe siècle, cette Mecque cosmopolite devient peu à peu un bastion du hanbalisme, l’école juridique la plus rigoriste de l’islam sunnite, source originelle dont se réclament toujours la doctrine wahhabite intransigeante prônée par l’Arabie saoudite actuelle.

A cet enfermement dans un mode de pensée unique s’est ajoutée l’instauration par le pouvoir en place d’une hiérarchie raciale, pour ne pas dire raciste, au sein des musulmans, en fonction de leur origine ethnique ou nationale. A en croire Sardar, les plus mal lotis seraient les Africains. De nos jours encore, « il ne fait pas bon être noir dans la ville sainte ». Paradoxe surprenant s’agissant de ce lieu censé symboliser l’unité fraternelle de la Oumma et l’égalité de chacun de ses membres devant Dieu.

 

Contrôles de sécurité entre Jeddah et La Mecque, dont l'entrée est interdite aux non-musulmans.

Ne parlons pas des juifs et des chrétiens : ils en sont carrément exclus, en dépit de leur filiation abrahamique revendiquée aussi par le Coran. La tradition islamique n’assure-t-elle pas qu’Abraham et son fils Ismaël ont construit la Kaaba, et que l’islam est la religion d’Abraham restaurée dans sa vérité ?

Cette interdiction faite aux « gens du Livre » suscitera une curiosité mêlée de fascination chez nombre d’aventuriers occidentaux, parfois bons connaisseurs de l’islam et de la langue arabe, convertis pour la circonstance ou se faisant passer pour musulmans. Le plus célèbre est Sir Richard Francis Burton auteur d’un Voyage à La Mecque (1853), réédité ces jours-ci dans la Petite Bibliothèque Payot.

Les spécialistes du domaine reprocheront peut-être à Sardar son traitement trop rapide de certains points de l’histoire de l’islam. Mais son but n’est pas de refaire cette histoire-là. Saluons plutôt l’art avec lequel il donne vie – pour un large public – à ce cœur de la spiritualité musulmane, qui pourtant n’a jamais constitué, même du vivant du prophète, une capitale politique et culturelle, comme le seront tour à tour Damas, Bagdad, Le Caire, Cordoue, Fès, Constantinople... Ce qui n’empêchera pas La Mecque d’être l’objet d’enjeux de pouvoir locaux et de rivalités avec l’autorité centrale de l’empire musulman.

La cité comptait un nouveau Dieu : l’argent

La Mecque d’aujourd’hui est la quasi propriété privée de la monarchie saoudienne originaire du Najd (région centre de l’Arabie). A partir des années 1970, celle-ci livrera la « mère des cités » à des spéculateurs immobiliers et à des entrepreneurs avides, dont le fameux clan Ben Laden. Au grand dam de certaines des plus anciennes familles mecquoises qui, fières d’appartenir au Hedjaz (région de La Mecque), y ont vu une sorte d’usurpation. Gratte-ciel, échangeurs d’autoroutes, éclairages tapageurs sortent de terre.

La mosquée sacrée elle-même est atteinte par ce gigantisme : « La cité comptait un nouveau Dieu : l’argent. La manne pétrolière semblait consumer La Mecque », déplore Sardar en comparant ce développement débridé à celui de Houston et de Las Vegas. En 1979, la mosquée sacrée sera occupée, durant deux semaines sanglantes, par des centaines de rebelles décidés à en finir avec « le culte de l’argent, la corruption et la déviance religieuse de la famille royale ». La Mecque connaîtra d’autres crises tout aussi déchirantes, dues notamment à l’hostilité entre l’Arabie saoudite sunnite et l’Iran chiite. Et rien n’exclut que Daech la prenne pour cible un jour.

Ce qui amène l’auteur à conclure que les événements qui s’y produisent sont un concentré de la condition des musulmans du monde entier et des difficultés qui sont les leurs : « Quand la ville sainte, cœur de l’islam, est souillée, polluée, culturellement aride et envahie par la corruption, le reste du monde islamique ne s’en sort guère mieux ». Sombre diagnostic.

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Le livre de Ziauddin Sardar, l’un des libres penseurs musulmans contemporains les plus connus, sort en français début septembre.

Ruth Grosrichard est professeur agrégée de langue arabe et de civilisation arabo-islamique à Sciences Po Paris et contributrice régulière pour « Le Monde Afrique ».

Histoire de La Mecque, de Ziauddin Sardar (496 pages). Traduit de l’anglais par Tilman Chazal et Prune Le Bourdon-Brécourt, Editions Payot, 24 euros. En librairie dès le 2 septembre 2015



Papa Koly Kourouma se fâche : ‘’On n’a pas pitié aujourd’hui de nos imams’’

papa-KolyDepuis plus d’un an, la Guinée peine à éradiquer l’épidémie à virus Ebola. Le ministre conseiller à la présidence estime que  ‘’c’est le comportement individuel des uns et des autres qui fait que nous sommes avec cette épidémie‘’.

‘’C’est pathétique ce que nous vivons avec Ebola dans un pays laïque certes, mais à 97 % musulman. Cela fait 2 ans qu’une épidémie s’abat sur notre pays qui fait de vous des indésirables et qui construit un mur opaque entre vous et le lieu saint ou il y a la bénédiction, d’où vient ce malheur ?‘’, s’interroge-t-il.

Et d’ajouter : ‘’C’est notre comportement à nous tous. Ce n’est pas le professeur Alpha Condé ni le gouvernement seul. C’est le comportement individuel des uns et des autres qui fait que nous sommes avec cette épidémie, personne ne dit la vérité‘’, insiste l’ancien ministre de l’Energie.

Selon Papa Koly Kourouma, ‘’notre grande mosquée est dans un état pathétique. Or, tous les musulmans construisent en longueur de journée‘’. Pour lui,  ‘’si chacun acceptait de donner au moins 100 francs ou 100 mille francs guinées, vous pensez que nous ne pouvons pas faire notre mosquée. Mais on est en train d’attendre le budget du gouvernement pour pouvoir dilapider et l’amener ailleurs ‘’.

Pour le président du GRUP, ‘’on n’a pas pitié aujourd’hui de nos imams. Quand un imam devient un commerçant, il est obligé d’aller chercher à manger au lieu que ce soit les fidèles qui s’occupent de son bien-être. Si à 14 ou à 16 heures, il est au marché au moment où on fait l’appel à la prière, il ne sera pas là. A quel moment vous voulez que la mosquée fonctionne, que l’imam soit là pour prêcher ?‘’ s’interroge-t-il à nouveau.

‘’On doit avoir pitié de nos imams. Il faut les mettre dans les conditions de fonctionnement d’un véritable imam. Mais aujourd’hui on n’a pas pitié des imams‘’, fustige-t-il. ‘’Au temps de feu Lansana Conté, les imams étaient heureux et faisaient des bénédictions mais tout cela manque au pays aujourd’hui‘’, rappelle-t-il.

Le ministre Kourouma conclut en ces termes : ‘’Regardez ce que nous devenons. C’est de guerre en guerre. C’est la haine des uns contre les autres. Quand une maladie interdit aux musulmans de se saluer, à l’imam de faire la toilette funèbre de son fidèle, qu’est ce qui reste de la religion si ce n’est pas une malédiction divine qui s’abat sur le pays‘’.

Djiwo Barry, pour VisionGuinee.Info

Religion et politique : Alpha Condé pourra-t-il aller à la Mecque avant l’élection ?

 

Alpha Condé KaabaC’est notre confrère Mediaguinee.com qui a révélé l’information ! Le président Alpha Condé chercherait à rallier la Mecque les jours à venir, si les autorités saoudiennes lui en donnent l’autorisation. Comme on le sait, les Guinéens sont interdits du royaume depuis l’apparition de la maladie à virus Ebola qui continue encore d’endeuiller des familles dans notre pays. 

Mais, selon certains compatriotes, le président-candidat, Alpha Condé, en précampagne depuis plusieurs mois, souhaite coûte que coûte faire TOUS les lieux saints de la Guinée et d’ailleurs pour demander à Dieu de lui accorder un mandat de plus à la tête de notre pays. Et, en tant que chef d’Etat, le président guinéen pourrait bien accéder à la sainte Kaaba pour exprimer ses souhaits, si les autorités du royaume lui accordent le visa d’entrée. Comme on le sait, l’OMS a confirmé l’efficacité du vaccin VSV-ZEBOV contre Ebola déjà testé sur plus de quatre mille guinéens. Ce qui peut faire espérer le visa saoudien au chef de l’Etat guinéen…

Enfin, s’il a accès à ces riches princes du royaume, le professeur Alpha Condé pourrait bien espérer du soutien financier en mettant avant la pauvreté dans laquelle baigne la Guinée qu’il dirige depuis 2010 ; un pays sérieusement malmené par Ebola ces deux dernières années.

Durant ses quarante années de combat politique dans l’opposition, le professeur Alpha Condé ne s’était pas rendu à la Mecque, préférant Paris, Dakar, Luanda et autres.

Mais, aujourd’hui à la tête de la Guinée, Alpha Condé est informé qu’au-delà même d’une conviction religieuse, une bénédiction acquise dans une mosquée très respectée à Dalein, Labé, Zaawiya… à plus forte raison la sainte Kaaba rassure tous les fidèles que le bénéficiaire pourrait bien acquérir la chose demandée…

Enfin, si ce voyage se réalise, le chef de l’Etat sera le premier guinéen vivant sur le territoire national à avoir réalisé son rêve d’aller à la Mecque depuis plus de deux ans. Espérons qu’une telle entrée d’Alpha Condé au royaume d’Arabie permette aux milliers de fidèles musulmans de faire leur pèlerinage aux lieux saints de l’Islam…

A suivre !

Nouhou Baldé