En attendant la quatrième république bidouillée pour Alpha Condé, les clercs, en transes, rivalisent dans l’amnésie et la trahison

Actualités de Guinée Conakry. Nouvelle République de Guinée, www.nrgui.com

Selon le ministre d’Etat secrétaire général à la présidence de la République, Nabi Youssouf Bangoura, Alpha Condé surprend par ses connaissances au point de faire trembler parfois ses collaborateurs.

 

« Alpha Condé vient d’honorer Bah Ibrahima Kaba et Koumandian Keïta « deux hommes (qui) résument la Guinée de l’après-deuxième guerre mondiale où par le savoir et le courage, les Guinéens s’ouvraient au monde et cherchaient à construire leur liberté en toute humanité avec le reste du monde » 

Bah Ibrahima Kaba qui est le premier Guinéen titulaire d’une licence en physique. Il vit sa retraite à Labé’’

 

Koumandian Keita qui est le premier patron du syndicat des enseignants de Guinée et qui a été l’un des successeurs du président Sékou Touré à la tête de la Confédération nationale des travailleurs de Guinée (CNTG) »

La récompense ? Voici :

« Il a attribué des noms à deux écoles récemment. Ça parait innocent. La première, il l’a baptisée au Professeur Bah Ibrahima Kaba qui est le premier guinéen titulaire d’une licence en physique. Il vit sa retraite à Labé’’.

‘’La deuxième porte le nom de Koumandian Keita ».

Pour le Pr Bah Irbahima Kaa, toujours vivant, je ne vois rien qui puisse faire trembler Kiridi et ses collègues, collaborateurs d’Alpha, à moins qu’ils aient eu le privilège d’avoir lu en catimini ceci, qui complète ces maigres informations sur le récipiendaire, lisez.

« Il est né à Labé en Guinée en 1931. Il a fait ses études primaires à Labé et ses études universitaires à Nancy en France. Bah Ibrahima Caba fut membre du Syndicat des Enseignants de la République guinée. Il fut incarcéré au camp de concentration de Camp Boiro.

Professeur de Physique, Ibrahima Kaba Bah était directeur de l'école normale de Kindia (Guinée) lorsque éclata la révolte des étudiants contre le chef de l'État Sekou Touré, en 1961. Le dictateur fit alors fermer l'école et entama une longue politique de représailles, basée sur la thèse de l'existence d'un "complot des enseignants".

Ibrahima Kaba Bah fut arrêté et transféré au camp de concentration de Camp Boiro alors appelé Camp de Camayenne. Il fut condamné, avec les autres dirigeants syndicalistes guinéens comme Keïta Koumandian, en 1961 à la suite d'un simulacre de procès, à six ans de prison. Ces condamnations entrainèrent une révolte générale des élèves et étudiants guinéens qui fut réprimée dans le sang.

Libéré en 1966, Ibahima Kaba Bah fut affecté à l'Institut Polytechnique de Kankan. Arrêté brièvement lors de la grande purge de 1971, il rejoindra Labé en 1972 à la suite de la mort de son oncle Baldé Chaïkou, le patriarche de la famille des N'Duyèbhé de Labé. En 1974, à la suite d'un rapport secret de Aboubacar Somparé, Bah Ibrahima Caba est affecté à l'Institut Polytechnique Gamal Abdel Nasser de Conakry où il enseigna avant d'occuper le poste de premier Directeur du Bureau Guinéen des Droits d'Auteurs »

Quant au second récipiendaire, il eût mérité mieux et plus, puisque il n’a pas survécu à "l’attention" que la première république lui avait accordée.

 

Extraits

« À Monsieur le Président de la République de Guinée
Responsable Suprême de la Révolution

Monsieur le Président de la République,

J'ai l'honneur d'attirer votre bienveillante attention sur les faits relatifs à ma détention et à ses suites. 
En octobre 1967, au lendemain de ma mise en liberté, je vous ai rendu compte à Foulaya du mauvais traitement que j'ai subi en prison pendant 5 ans, 10 mois et 15 jours. 
Ma détention a été marquée par des exactions, des tortures, des mesures d'exception qui s'inscrivent toutes en marge de notre Constitution nationale, du Code pénal guinéen et des Statuts du PDG, en un mot de la légalité républicaine. 
En dehors de l'incarcération dans un espace vital limité par les quatre murs d'une cellule, j'ai connu un assortiment de mesures relevant de la police appliquée aux criminels. 
Début décembre, quelques semaines après ma condamnation, M. Fodéba Keita, alors ministre de la Défense nationale et de la Sécurité, m'a fait savoir par « phonie», dans ma cellule, qu'il est le chef de la police secrète et de la magie en Guinée. Il devait commencer aussitôt ce qu'il a appelé une « démentalisation » pour substituer à mon état d'esprit une mentalité nouvelle de sa création. Les moyens mis en œuvre pour atteindre ce but ont été, dans l'ordre :

  • des injures grossières
  • des propos pornographiques
  • des émotions chocs par l'inouïe, la violence, la soudaineté d'une déclaration, d'une nouvelle parfois fausse
  • des brûlures du corps, de tout le corps au courant
  • des décharges électriques dans le gland de l'organe sexuel
  • des développements extensifs suivis de réductions à sa plus simple expression de la verge
  • des flagellations au fuseau magnétique des développements glandulaires.

Pour mener à bien cette « démentalisation », j'ai été transféré au Camp Almamy Samory où M. Fodéba Kéita « mage » et «grand sorcier» était assisté de MM :

  • Moriba Makassouba, directeur de son Cabinet
  • Sikhè Camara, Procureur général
  • Sékou Diaby, Inspecteur de police.

Un travail d'équipe qui va durer quatre mois — décembre 1961 à fin avril 1962 — appela tour à tour chacune de ces personnalités à prendre la parole, à me brûler et à faire dresser les cheveux par la violence et l'impudicité des propos tenus.

C'est l'époque de mes brûlures les plus violentes et de l'affaissement de mes organes sexuels, le gland notamment, théâtre de décharges électriques et de torsions de nerfs. En même temps, je suis soumis, malgré moi, à une série d'injections intramusculaires et d'administration de sérum par des infirmiers militaires. Le docteur Fodé Sylla a eu à me faire quelques visites beaucoup plus de contact que de médecine. Au moment de mon transfert au camp Almamy Samory, je ne me plaignais d'aucune affection. Ce traitement était une initiative de M. Fodéba Kéita, initiative que mon statut de détenu ne m'a pas permis de refuser ; il n'a été ordonné par aucun médecin.

J'ai su par la suite qu'il s'agissait : d'intoxiquer mon sang de me retirer du sperme et d'alcooliser mon alimentation. Dans cet état d'affaissement physique et de prostration morale, je dus, sous les injonctions réitérées de ma « garde d'honneur », faire après chaque repas des génuflexions et répéter : « Le président Sékou Touré est l'homme le plus beau du monde ». 
M. Fodéba Kéita a mis cette situation à profit pour me demander de me confesser, de lui avouer les vols que j'ai pu commettre, de lui donner la liste nominative des femmes que j'ai aimées, etc. 


Malgré une amélioration sensible de mon régime alimentaire, j'étais d'une faiblesse telle que je ne pouvais pas me laver moi-même. En 4 mois, j'ai été lavé deux ou trois fois par un gendarme, l'adjudant Koura, actuellement en service à Conakry. 
Je me trouvais dans une vie absolument nouvelle, différente de tout ce que j'avais connu jusque-là, une vie d'assujettissement brutal et de dégradation humaine. C'était là un premier aspect de la « démentalisation ». 


A mon grand étonnement, j'ai vu arriver dans ma. cellule MM. Camara Bengaly,ministre de l'Information, membre du BPN et Roger Accar, ministre de la Santé et des Populations. Ils ne m'ont pas révélé l'objet de leur visite, d'ailleurs brève. 
Fin avril, je suis ramené à la prison du Bloc de Camayenne où je resterai jusqu'en décembre 1962.

 
MM. Sikhè Camara et Diaby ne participent plus à ma surveillance secrète qu'assurent désormais MM. Fodéba Kéita et Moriba Makassouba — deux hommes qui font autorité en matière de police secrète — qui m'ont suivi tout le long de ma détention et qui me font subir aujourd'hui encore le sort de prisonnier laissé libre.


s Vers fin décembre 1962, je suis conduit à l'hôpital municipal de Conakry avec le diagnostic de « misère physiologique », conséquence directe de mes brûlures et de mes nombreuses crises alimentaires. 
A l'aide de leurs appareils, MM. Fodéba Kéita et Moriba Makassouba ont fait de cet hôpital où un gendarme et un garde républicain partagent ma salle, une prison dominée par leurs activités secrètes

Lire ici la suite des horreurs

Donc, mon cher Kiridi Bangoura, vous avez quel âge ? Qu’Alpha, qui a une mémoire d’éléphant bâptise deux petites écoles ces deux éléphants de la mémoire –courte – guinéenne et voilà que le peuple reconnaissant doive trembler !

Nous devons trembler devant telle parcimonie, telle manque de hauteur.

Soit. A quelque chose malheur est bon. Que les vrais assoiffés d’histoire lisent cette succession d’horreurs. Parce que je suis d’une génération, une promotion qui a eu l’avant-goût du Camp Boiro, c’était à Sonfonia, quand les élèves ont demandé des comptes à Fodéba, venu au lycée Donka nous annoncer le complot des Ibrahima Bah Kaba, Djibril Tamsir Niane, etc. Alpha était à Paris depuis 10 ans, comme nous l’apprend François Satan dans le futur bestseller co-écrit avec suivez mon regard.

Was-Salam

Saïdou Nour Bokoum

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