Guinée/Grève des enseignants : impasse au bout du tunnel, jusqu’à l’année blanche ?

Pour en savoir plus, nos confrères de la Radio Espace ont interrogé ce matin Aboubacar Soumah, le secrétaire général du SLECG.

« Le gouvernement a déclenché une guerre médiatique contre nous pour déstabiliser le mouvement. Malgré cette attitude irresponsable du pouvoir, les enseignants sont déterminés. C’est le même engagement. Nous n’avons pas baissé les bras. La lutte continue ! La grève continue ! Ceux qui disent que nous sommes fatigués, se trompent. Nous sommes déterminés plus que jamais. »

Mais cela ne se voit pas sur le terrain ! Beaucoup d’enseignants ont repris le chemin des salles de classes! On vient d’apprendre qu’à N’Zérékoré par exemple, les enseignants essoufflés n’en peuvent plus. Ils auraient repris les cours!  

« Appelez à N’Zérékoré et demandez, si les enseignants sont dans les classes. Descendez et faites le tour des écoles à Kaloum, dans les communes de la capitale et vous verrez si les enseignants sont essoufflés! C’est faux ! Les écoles sont toujours vides. Pas d’élèves, pas d’enseignants ! Allez faire les statistiques pour connaitre le nombre d’enseignants présents dans les salles de classes ! C’est une guerre médiatique contre nous. »

Soumah a-t-il vraiment la bonne lecture du terrain ? Quelle stratégie compte-t-il envisager pour faire plier le gouvernement ?

« Nous sommes au courant de tout ce qui se passe. Nous suivons la grève de près. Vous pensez que nos appels n’ont pas été entendus ? Détrompez-vous ! La grève est suivie à 100% à travers le pays. Faites les statistiques et vous verrez ! Nous n’avons aucune méthode. Nous restons à la maison… »

Et les enseignants arrêtés et mis en prison ? Où en êtes-vous avec le dossier ?

« C’est grave ! C’est en Guinée seulement qu’on peut ces genres de chose. Un enseignant revendique, il demande son droit, on l’arrête et on le fout en prison. La grève est autorisée par la loi! Dans quel pays sommes-nous ? Pourquoi arrêtez quelqu’un qui revendique ? Ce n’est pas normal »

Où en êtes-vous avec la Banque centrale ?

« C’est une insulte. Comment les syndicats non représentatifs peuvent-ils participer à une telle rencontre ? Nous ne sommes pas prêts à suspendre la grève. Elle continue. On peut entamer les négociations tout en poursuivant la grève. »

Et maintenant ? Que va-t-il se passer ?

« En tout cas, nous continuons la grève. Et si la situation perdure, nous fonçons tout droit vers l’année blanche. Nous avons déjà fait deux mois et demi. Si d’ici fin décembre, rien n’est fait, ce sera l’année blanche. Et ce sera dommage pour le pays. Les institutions internationales feront le constat et elles prendront la décision qui s’impose. Celle de l’année blanche… »

Espace, source guineenews

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