Grèves des enseignants, manifestations d’élèves et assassinats de citoyens innocents - Communiqué de Pottal-Fii-Bhantal Fouta-Djallon.

Actalités de Guinée Conakry, 01/02/17. Nouvelle République de Guinée, www.nrgui.com. Suite au mot d’ordre de grève des enseignants pour l’amélioration de leurs conditions de travail, au lieu d’une négociation de bonne foi avec les syndicats, les ministres en charge de l’éducation décidèrent de fermer les écoles. Cette démarche malencontreuse du gouvernement qui consiste à masquer les problèmes au lieu de les régler provoqua des manifestations spontanées des élèves qui appuyaient les revendications des enseignants tout en exigeant des négociations pour une reprise des cours.

Les manifestations furent l’occasion pour les forces de sécurités guinéennes de se livrer à la répression sauvage habituelle, assurées qu’elles sont d’une impunité totale ou d’enquêtes qui ne sont jamais suivies d’effets.

Le bilan de cette campagne est macabre. Au dernier compte, il y a eu huit morts par balles:

  1. Sayon Camara - 45 ans - en état de grossesse et mère de 7 enfants.
  2. Moussa Doumbouya - 21 ans - laveur des véhicules
  3. Mamadou Diouma Diallo - 35 ans commerçant- marié et père de 10 enfants
  4. Youssouf Camara - 29 ans footballeur Marié et père de 2 enfants
  5. Mouctar Diallo - 17 ans élève
  6. Mamadou Bah - 19 ans – commerçant
  7. Ibrahima Sory Diallo - élève
  8. Mamadou Barry - élève

En outre, des militants de la société civile ont été interpellés pour avoir organisé une manifestation au Ministère de l’enseignement Pré-universitaire pour demander la réouverture des écoles. Le régime guinéen a poussé la hargne au point d’arrêter le musicien Elie Kamano qui a exprimé le désir de se joindre aux revendications des élèves. Toute honte bue, le garde-de-sceaux, Mr. Sacko a décidé d’être l’agent justificateur de cette atteinte au droit fondamental d’un citoyen.

Les témoignages concordants montrent que les victimes vaquaient à leurs occupations, quand elles furent confrontées ou poursuivies par les forces de sécurités. Elles n’étaient en rien impliquées dans des actes de vandalisme. Un des témoins indique que c’est le colonel Bafoé qui a donné l’ordre de tirer sur le jeune adolescent Mouctar Diallo.

L’usage d’armes de combat contre des citoyens désarmés par des bérets rouges de triste renom, rappelle en toutes circonstances les massacres de Septembre 2009. Il faut bien se rendre à l’évidence que la réforme des forces de sécurité guinéennes, tant vantée par le gouvernement guinéen n’a été qu’un leurre.

Les populations guinéennes viennent de vivre un autre épisode tragique de la violence d’état et de la gangrène que sont des forces de sécurité inféodées à des pouvoirs corrompus. Le président Alpha Condé continue à montrer son vrai visage. Il s’est fait complice d’officiers accusés de crimes contre l’humanité. Son assentiment est derrière tous ces massacres de citoyens innocents. Suite à ce nouvel épisode, le président Alpha Condé a procédé au limogeage de quelques ministres sans aucune explication et sans un ordre pour des enquêtes sur les tueries. Comme à l’accoutumée, l’objectif qu’il vise est d’obscurcir la nécessité d’enquêtes judiciaires et de punitions des coupables. C’est par ces manipulations grossières de la justice que Mr. Alpha Condé inaugure sa présidence de de l’Union Africaine. De son mandat, il est peu probable que l’image d’une Afrique meurtrie par les violations des droits de l’homme sorte grandie.

Pottal-Fii-Bhantal Fouta-Djallon condamne sans appel ces derniers massacres. Notre organisation en appelle à la société civile, aux autorités religieuses et aux partis politiques pour faire de ces assassinats un moment de réveil citoyen afin d’endiguer l’impunité dans notre pays. Cette impunité n’est pas une fatalité à laquelle nous devons nous plier. Avec abnégation nous pouvons l’éradiquer.

Pottal-Fii-Bhantal Fouta-Djallon demande à tous les députés épris de justice d’exiger des explications publiques des ministres de la justice, des forces de sécurités, de la défense et de l’enseignement sur cette récente tragédie. Une commission d’enquêtes parlementaire étendue à un collectif composé des militants de la société civile et des familles des victimes doit être mise en place pour que les responsables de ces tueries répondent de leurs crimes. Les témoignages incriminant le colonel Bafoé doivent être pris au sérieux et mis au centre des enquêtes. Du fait qu’il a été maintes fois cité dans des actes de violations des droits l’homme, le colonel Bafoé doit être immédiatement radié des forces de sécurité et mis en détention préventive.

Pottal-Fii-Bhantal assure de son entière disponibilité toutes les familles des victimes pour engager des démarches judiciaires en Guinée et auprès des instances de la CEDEAO et de l’Union Africaine.

Nous prions pour le repos des âmes des victimes innocentes et réitérons notre engagement pour éradiquer l’impunité dans notre pays.

La Commission Centrale de Pottal-Fii-Bhantal Fouta-Djallon.

Pottal-Fii-Bhantal Fouta-Djallon 3396 Third Avenue 1st Floor BRONX, NY 11456

Ampliations:

  1. Mme Fatou Bensouda, Procureur de la CPI
  2. Représentants des Membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU
  3. Conseil de Sécurité et de paix et de l'Union africaine
  4. Commissaire Droits de l'Homme de l'ONU
  5. Commission des Nations Unies contre la violence sur les femmes
  6. Représentant de l'Union européenne en Guinée, Ambassade de France, Ambassade des États-Unis, Ambassade d'Angleterre, Ambassade de Chine et de l'ambassade de Russie en Guinée
  7. Représentant de l'Union européenne à l'ONU
  8. Système de justice mondiale du département d'État américain
  9. Commission du droit de l'Assemblée nationale de la Guinée
  10. Assemblée nationale du Sénégal
  11. Ministre de la Justice et Ministre des droits de l’homme de la Guinée
  12. Mamady Kaba – président de l’institution Nationale Indépendante des Droits de l'Homme  de la Guinée
  13. Ambassades de la Guinée auprès des Nations Unies et les États-Unis
  14. FIDH
  15. OGDH
  16. Association Guinéenne des Victimes: AVIPA, AFADIS, AGORA
  17. HUMAN RIGHT WATCH
  18. HUMAN RIGHT FIRST
  19. INTERNATIONAL CRISIS GROUP

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