Afropolitain : trois femmes engagées qui font bouger l’art et la culture

Actualités de uinée Conakry. Nouvelle Répulique de uinée, www.nrui.com Le festival Afropolitain bat son plein. Entre les différentes animations et les spectacles, nous avons aussi des conférences axées sur des thèmes importants. C’était le cas de celle sur la place des femmes dans l’art et la culture. Avec trois intervenantes : Paul-Marie Assandre, Shayden (Cherylle Gueye) et Ashley Gnahoua.

Découvrons-les.

D’où vient leur désir d’entreprendre ?

Les frustrations. Elles sont toutes unanimes sur ce point. La sous-représentation des femmes et le manque d’opportunités dans le domaine de l’art et la culture pour les femmes les ont poussé à se remettre en question et à se demander ce qu’elles pouvaient faire afin de changer la donne.

Shayden a décidé de mettre sur pied un festival : le Lili Women Festival, qui est à 100% dédié aux femmes. Le but est simple : offrir une scène aux femmes, les rassembler afin qu’elles puissent avoir une vision commune et aussi montrer leurs talents au monde, sans forcément rentrer dans une case.

Paule-Marie Assandre dit du « body acceptance » que c’est son histoire personnelle « qui lui a donné envie d’aller vers d’autres femmes et de partager avec elles ses succès et ses déboires à travers la danse. » C’est un concept qui permet aux femmes de se dévoiler, s’accepter, partager et d’exprimer ce qu’elles n’arrivent pas forcement à faire comprendre à leurs proches, en dansant. Toutes les femmes partout ressentent les mêmes émotions et peines, elles refoulent d’autres. Mais avec la danse, elles peuvent se montrer telles qu’elles sont et exprimer réellement ce qu’elles ressentent.

Il est important de faire ce pourquoi on a été crée. « Deviens ton talent » est parti d’un article de blog. Ashley s’est trouvée et son talent à elle c’est de pousser les autres à réaliser qu’ils sont eux-mêmes un talent, à avoir conscience de leur vocation et à l’accomplir. Laisser le choix à tout le monde de choisir entre plusieurs possibilités, telle est sa mission.

Quels sont les obstacles ?
Le premier obstacle pour Ashley a été elle-même. Comment avoir confiance en soi, comment se surpasser, toucher le maximum de personnes et les transformer. Mais à un moment, elle s’est dépassée et l’a juste fait en commençant quelque part.

L’âge. Leur jeunesse aussi pose problème. Avoir 27 ans pour Shayden est souvent un désavantage dans cet univers. D’un côté les aînés qui pensent tout connaître et sont réticents au changement. De l’autre, la jeunesse, avec cette fougue et cette envie de tout changer. Mais ce choc générationnel est surmontable avec beaucoup de discussions et d’ouverture d’esprit des deux côtés.

Le sexisme. Il fallait que ce mot sorte. La différence faite entre les filles et les garçons dès le bas âge refait surface quand il est l’heure pour les premières de choisir une carrière. « On ne s’attend pas à ce que les femmes aient autant de force ou qu’elles choisissent une carrière moins lisse et moins glamour. »

La société ne fait pas assez confiance aux femmes pour embrasser une carrière dite « masculine ». Entre manque de soutien et découragements, les femmes doivent tirer leurs forces ailleurs. Le pire survient lorsque tous leurs efforts sont réduits à leur physique. Là encore, c’est une triste réalité.

Mais ce qu’on retiendra surtout, c’est que le désir de fonder une famille leur apparaît comme l’un des plus grands obstacles à surmonter afin de pouvoir mener à bien leurs différents projets. Entre les voyages, les demandes du boulot, l’âge qui avance et l’envie de tout gérer, une peur s’installe. Mais comme l’a dit Paul Marie Assandre : « Cela peut s’avérer difficile, mais ça ne doit pas nous limiter. »

Des solutions pour les femmes ?
Pour régler cette épineuse question de parité et de genre, convenons avec nos intervenantes que « les femmes ont fait un bond et doivent arrêter de se plaindre de la pénibilité de la question du genre et faire les choses bien ». Je rajouterai même qu’il faut que nous fassions les choses de manière excellente. Alors femmes, retroussons nos manches et devenons incontournables, peu importe le secteur d’activités que nous aurions choisi.

La place des femmes dans l’art et la culture. On peut se demander pourquoi en 2019, un tel sujet devrait-il encore être évoqué après la lutte acharnée de nombreuses pionnières. Mais Vanessa Kanga, initiatrice du festival Afropolitain a très bien résumé la situation :

« La place des femmes n’est pas évidente, ça reste encore sur le papier. C’est ce que les femmes ressentent en tout cas. Alors, il y’a un besoin constant de rappeler que cette place existe et qu’elle est déjà bel et bien occupée, par des femmes ! »

Nos intervenantes ont conclu en disant qu’il fallait beaucoup de foi, de responsabilité et d’espérance aux femmes afin de briller et de conserver cette place qu’elles occupent.

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