Kobélé et le spectre du 22 Novembre 1970-Partie III – Déconstruire les substrats de l’ethno-fascisme du PDG.

 À tous les égards, le PDG que Kobélé défend instaura un régime fasciste en Guinée. Plus précisément ce fut un état ethno-fasciste. Par nature l’ethno-fascisme est un danger mortel contre toute forme de démocratie, de liberté d’opinion ou de parole. Il est de ce fait irrecevable dans une république digne de ce nom. Un débat honnête de guinéens ne peut traiter cette idéologie que comme une gangrène à extirper, si dans notre nation doivent émerger des valeurs démocratiques. Kobélé a décidé de faire de la complaisance envers le PDG un thème de ses pseudo-recherches d’historien. La lecture de ses indigestes composés ne laisse aucun doute sur sa légèreté intellectuelle. Sa maladive admiration des pratiques criminelles de l’ethno-fascisme du PDG est une gangrène résiduelle des dégâts dont notre pays a été le théâtre. Tous les moyens doivent être mis en œuvre pour l’éradiquer. Ci-après, une rapide déconstruction d’un échantillon des substrats idéologiques du PDG avec lesquels ses adeptes continuent à entretenir leurs fabrications fallacieuses et leurs idées dangereuses.

Les substrats de la propagande du PDG - «Plus le mensonge est grand, mieux c'est.» (Goebbels)

Les régimes fascistes ont en commun la hantise de masquer leurs faillites. Pour Sékou Touré la méthode pour ce faire fut les complots fictifs et l’agitation du spectre de l’ennemi extérieur et intérieur. Goebbels (ministre de la propagande d'Hitler) avait dit : «Si vous dites le même mensonge assez de fois, les gens le croiront; et plus le mensonge est grand, mieux c'est. ». Le règne de Sékou Touré fut une application pratique, simple et efficace de cet enseignement. Les mensonges de Sékou Touré étaient suffisamment amples pour désarçonner la raison et largement diffus pour créer une psychose impossible à analyser. Ils se cristallisèrent autour d’une alliance de forces obscures et puissantes contre la brave république de Guinée. Dans son récit sur les évènements de Novembre 1970, Kobélé charpente sa construction sur ce mensonge qui fonctionne sur deux substrats: la convoitise des richesses minières du pays et le désir des occidentaux de punir la Guinée pour son vote en Septembre 1958. Comme les propagandes nazies, ces substrats furent distillés avec constance, sous des formes variées et des canaux divers – à l’école, à la permanence du parti, dans les réjouissances populaires, les folklores et dans les prières etc. Démultipliés à dessein, ils finirent par s’imposer comme une évidence. Comme tout faux postulat, ils cherchent à se positionner au-dessus de toute tentative d’analyse et à échapper à l’obligation de preuves.

Le mythe du choix de l’indépendance- une rapide déconstruction

Avec le recul on sait que la décolonisation de l’Afrique était un fait acquis. Au sortir de la guerre, la France n’avait pas les moyens de maintenir un empire colonial. Deux ans après le référendum de 1958, elle imposera l’indépendance à ses colonies africaines – à l’exception de l’Algérie du fait de ses réserves pétrolières. Raymond Cartier, journaliste influent de l’époque popularisa la théorie du retrait de la France de l’administration directe des colonies. En dépit de cela, les tenants du PDG font une fixation de dernier recours sur le référendum guinéen.

Les nombreux témoignages de volontaires lors du scrutin expliquent le score fantaisiste de 91% pour l’indépendance. Le score fut le fait de massives fraudes électorales orchestrées par les élèves, étudiants et syndicalistes. Le résultat ne dut rien à un quelconque combat anticolonial de Sékou Touré et du PDG-RDA. L’hagiographie officielle s’emploiera à noyer le fait que Sékou Touré n’embrassa l’idée de l’indépendance que quelques semaines avant le référendum pour ne pas se faire déborder par les activistes de gauche dont ceux du PAI. Elle occulte volontairement l’histoire de la violence politique que le PDG instaura entre 1954 et 1958 pour contrôler les institutions que les colons mettaient en place en vue de la décolonisation. En outre, les violences du PDG ciblèrent exclusivement des adversaires politiques guinéens. Jamais ses milices ne levèrent la main sur un colon. Bien au contraire, Sékou Touré entretenait des relations intimes avec de nombreux colons français dont le gouverneur des colonies Cornut-Gentilly à Dakar. Ceci explique qu’il ne fut l’objet d’aucune condamnation par les autorités, malgré des preuves documentées par les inspecteurs coloniaux. Plus prosaïquement, cinquante-huit ans plus tard, le référendum de septembre 1958 a comme résultat une tragique faillite humaine et économique dont on ne voit pas la fin.

Le mythe des richesses naturelles - une rapide déconstruction

C’est par abus de langage qu’on appelle les gisements miniers guinéens des richesses. Les richesses sont des créations humaines et non des dons de la nature. Toute richesse est le produit d’un minimum de traitement technologique – même rudimentaire. En outre, contrairement au pétrole et autre minerais précieux, les gisements miniers guinéens n’ont pas de valeur stratégique. N’empêche, le PDG créa une insidieuse mythologie des «richesses naturelles guinéennes ». Cette mythologie relève plus de la manipulation de l'imaginaire collectif. Elle enveloppe la nation dans des espérances de lendemains mirobolants. Par ricochet, elle permet de masquer la faillite économique du PDG due à la destruction du capital humain par la conjonction de la corruption et de la répression: sévères restrictions de la créativité des citoyens, démantèlement du système éducatif, fuite massive des talents et sabotage de l’esprit d’entreprise.

L’exploitation des gisements miniers en Guinée a consisté principalement à l’extraction de la terre brute à ciel ouvert. C’est une forme d’économie primitive et débilitante. Son impact sur l’environnement est dévastateur. Enclavée et fragmentée, sans valeur-ajoutée et sans aucun effet d’entrainement sur le reste de l’économie, l’exploitation minière n’est pour la Guinée qu’un facteur de déséquilibres et de distorsions économiques. Son résultat net est une mono-économie fragile d’extraction. Fria, Kamsar, Débélé, Simandou résonnent ne sont que des épisodes d’une saga d’échecs, de corruption, d’intermédiations douteuses, de fonds opaques, d’argent facile, de jouissances futiles pour prédateurs et de destitution économique crasseuse pour les guinéens.

L’aveuglement idéologique sur les ressources minières entretenu par le PDG en particulier, éclate lamentablement aujourd’hui. Pendant que les gouvernants serinaient au monde le slogan de scandale géologique, les industries utilisatrices travaillaient à la recherche de sources alternatives et à des technologies plus productives. L’un après l’autre, les sociétés minières internationales se ruent vers la porte de sortie. Le gouvernement est réduit à les brader au corrupteur le plus offrant. Malgré tout, les adeptes du PDG continuent encore à faire des ressources minières guinéennes un enjeu de psychose politique. Ils se proclament garants et protecteurs des gisements contre des prétendus prédateurs extérieurs. Tout adversaire politique est marqué du sceau infamant de bradeur des ressources nationales.  

Coalition contre-nature : des armes bulgares pour une coalition de l’OTAN et du Portugal colonialiste

En dépit des faits historiques et du désastre qu’est notre pays - le conditionnement  du PDG survit dans l’esprit de beaucoup de guinéens. Ils sont nombreux qui encore véhiculent sa propagande sur les envies irrépressibles sur les ressources naturelles de la Guinée et le mythe d’une Guinée championne de la décolonisation en Afrique.

Au lendemain de l’attaque du 22 Novembre 1970, le gouvernement guinéen déploya cette mythologie avec ampleur, sous la forme d’une monumentale escroquerie : la Guinée révolutionnaire avait été victorieuse contre une coalition dirigée par l’OTAN avec des gouvernements africains et des guinéens dont les uns étaient des anciens militaires de l’armée française ; sans parler du supposé vaste réseau intérieur de complicités, au plus hauts échelons de l’état et du parti.

Nonobstant le prétendu soutien de l’OTAN, Kobélé affirme que les attaquants obtinrent des armes et des habillements auprès de sociétés bulgares. Le mensonge pourrait passer inaperçu. En 1970, la Bulgarie faisait partie du bloc soviétique. L’Union Soviétique était le principal soutien du PAIGC. Pour rappel, le 22 Novembre 1970, Cabral était en visite officielle en Bulgarie qui, durant les années 60 et 70 - avec l’accord explicite des soviets - était le conduit de soutien militaire aux mouvements anticolonialistes en Afrique. L’économie des pays du bloc soviétique était totalement étatisée. La manufacture des armes et leur distribution étaient des domaines exclusifs de l’état. Même dans des pays où la fabrication d’armes est faite par des sociétés privées ou la vente d’armes à main libre, leur exportation est soumise à de sévères contrôles de l’état. Cela n’empêche pas Kobélé de soutenir que la Bulgarie, pays satellite de l’Union Soviétique ait vendu armes et habillements à des groupes soutenus par le gouvernement fasciste du Portugal de l’époque. Le corollaire de son assertion est aussi absurde: en pleine guerre froide, l’OTAN - la plus grande coalition militaire de l’histoire – aurait accepté que des troupes qu’il soutient se fournissent en armes et en uniformes auprès d’un pays membre du Pacte de Varsovie. Kobélé se sous-estime en parlant de complot international contre le PDG. C’est plutôt d’une conspiration planétaire qu’il devrait parler. Épatant, Mr. l’historien!

Ourouro Bah

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